Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

29 nouveaux départements s’apprêtent à expérimenter le RSA (revenu de solidarité active) sous conditions, rejoignant ainsi les 18 départements déjà concernés depuis décembre 2022. Au total, dans 47 départements, son versement sera conditionné à 15 heures de travail hebdomadaire. La mesure devrait être étendue à l’ensemble du pays en 2025. Au-delà des déclarations mensongères du gouvernement selon lesquelles « cet accompagnement social et professionnel renforcé » permettrait de faire baisser le chômage, dans la pratique les bénéficiaires de cette prestation voient se multiplier les contrôles et les tracasseries administratives. Car c’est un domaine, comme beaucoup d’autres, où les pouvoirs publics espèrent surtout faire des économies sur le dos des allocataires.

La ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, avait affirmé mi-février, avec force publicité, sa volonté de couper les subventions aux associations féministes ayant eu des « propos ambigus » sur l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre dernier. Elle ajoutait que le gouvernement allait passer « au crible » les déclarations liées à cette attaque, affirmant son refus de voir l’État soutenir financièrement « des associations qui ne sauraient pas caractériser ce qui s’est passé ». Finalement elle a dû admettre que son enquête n’avait rien donné et que l’examen par l’administration n’a pas permis de découvrir des propos jugés ambigus « parmi les associations qui sont financées par l’État ». Mais en fait, dans cette affaire, le Hamas est l’arbre qui cache la forêt. La démarche de fond d’Aurore Bergé est d’intimider les associations qui sont solidaires du peuple palestinien en les menaçant de les priver de subventions à la moindre déclaration qu’elle jugera ambiguë. Mais, dans le même temps, elle n’a pas un mot pour dénoncer le martyre que subissent les femmes de Gaza.

Le magazine sur l’environnement de France 5, Vert de rage, a consacré un de ses sujets à l’école malade de l’amiante. Ce reportage a mis en lumière les dysfonctionnements dont sont responsables l’Éducation nationale et de nombreuses collectivités territoriales, près de 30 ans après interdiction de l’amiante, un matériau hautement cancérigène utilisé dans la construction des bâtiments. Plus de 85 % des écoles et établissements scolaires ont été bâtis avant le 1er juillet 1997, date de l’interdiction de l’amiante en France, et sont donc fortement susceptibles de contenir de ce poison. Or, sur le plan national, on estime à 30 % le nombre d’écoles qui n’ont pas de dossier technique amiante (DTA) et à 40 % celles dont le DTA n’est pas à jour. Pour les établissements dont le DTA a été réalisé, on constate que 80 % des lycées professionnels, 77 % des lycées généraux, 73 % des collèges et 38 % des écoles contiennent des matériaux amiantés. Selon le Haut Conseil de la santé publique, qui se base sur plusieurs rapports de l’Institut national de veille sanitaire, 100 000 personnes pourraient décéder de l’amiante d’ici à 2025. Parmi elles, combien de morts dans l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la recherche ? Combien de victimes parmi les élèves et les étudiants qui fréquentent ces locaux ? Depuis l’automne dernier, le syndicat Sud-Éducation a lancé une vaste campagne de lutte contre l’amiante dans les locaux de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, notamment en sensibilisant les enseignants et le personnel et en interpellant l’administration à tous les niveaux. Et surtout en demandant la mise en place rapide d’un plan national de désamiantage total des établissements scolaires.

Troisième décès de migrants dans la Manche depuis le début de l’année. Cette fois c’est une fillette de sept ans qui a perdu la vie lorsque l’embarcation à bord de laquelle elle se trouvait a chaviré dans le canal de l’Aa, dans le Nord. 16 personnes, dont 6 enfants, avaient pris place dans le frêle esquif dans l’espoir de gagner l’Angleterre. La politique de fermeture des frontières aux migrants, pratiquée tant par le Royaume-Uni que par l’Union européenne, a encore tué.

Le 8 mars, c’est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. En France, la liberté de recourir à l’avortement vient certes d’être inscrite dans la Constitution. Mais, faute d’un nombre suffisant de centres de santé le pratiquant, il est en fait de plus en plus difficile d’y accéder. Si les violences sexuelles sont enfin dénoncées, dans le milieu du cinéma notamment, les féminicides sont néanmoins toujours aussi nombreux. Les femmes sont toujours moins bien payées, moins considérées, reléguées au rôle de mères pondeuses (le « réarmement démographique » de Macron). Dans le monde, les femmes sont prises pour cible dans les guerres et leurs droits sont attaqués, notamment par des gouvernements d’extrême droite.

Alors, vendredi 8 mars, prenons la rue pour exprimer notre refus de ces violences et discriminations sexistes. Nous avons, toutes et tous, tout à gagner à un monde où chacun sera considéré de la même façon, quel que soit son sexe et son genre !

Le journal Ouest-France a révélé la semaine dernière le cas d’une aide-soignante ayant cumulé 530 CDD en 17 ans ! Son employeur, Santé Atlantique, l’a virée à l’âge de 60 ans, en un clic : il l’a déconnectée de l’application Hublo, le Uber du secteur. Elle a donc décidé de l’attaquer aux prud’hommes pour annuler le licenciement et requalifier son contrat en CDI. Elsan, qui possède Santé Atlantique, a les moyens d’embaucher : c’est le premier groupe français privé dans la santé avec trois milliards de chiffre d’affaires…

Manger des corn-flakes au dîner : c’est la brillante idée du PDG de Kellogg’s pour faire face à l’inflation sur les produits alimentaires. Au grand jeu du mépris social, grands patrons et politiciens rivalisent d’inventivité. Comme Macron qui déclarait la semaine dernière que « les smicards préfèrent téléphones et abonnements VOD plutôt qu’une alimentation saine ». Il y en a qui méritent une bonne avoinée…

Début février, deux journées de grève nationale ont dénoncé le tri social à l’école (réforme Attal du « choc des savoirs ») et la baisse continue des moyens. Lundi 26 février, au retour des vacances d’hiver, les enseignants de Seine-Saint-Denis et de quelques autres établissements de région parisienne se sont lancés dans un mouvement de grève. Ils entraînent bien des parents avec eux. La casse de l’école publique sévit partout et le 93 n’a pas le monopole des coupes budgétaires. Ce mouvement pourrait bien montrer la voie alors que d’autres font leur rentrée.

Depuis mardi 27 février, la production est à l’arrêt complet grâce aux 80 % de grévistes qui se relayent nuit et jour sur le piquet devant l’usine. Ils et elles exigent la sauvegarde pérenne des 400 emplois restants. Le groupe tente de leur imposer soit des suppressions de postes étalées sur 2024, soit deux repreneurs bidons, dont un fonds de redressement connu pour dégrader les conditions de travail. Les grévistes de Bosch montrent la voie à tous ceux dont l’emploi est menacé par la loi du profit.