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Brèves

L’actualité en bref

La cour administrative d’appel de Bordeaux a examiné le projet de construction de neuf retenues d’eau en Poitou-Charentes porté par de gros agriculteurs de la région. Ces mégabassines stockent l’eau et la redistribuent ensuite à un petit nombre de privilégiés. La ressource hydraulique est ainsi confisquée pour le plus grand nombre. Le Groupe interdisciplinaire d’experts sur le changement climatique (Giec) des Pays de la Loire a souligné à ce propos que ces retenues ne résolvent pas le problème de la pénurie d’eau et peuvent même l’accentuer. De plus, elles mettent en danger des espèces protégées, notamment des oiseaux. Malgré tout l’agrobusiness continue ses initiatives destructrices avec le plein soutien du ministère de l’Agriculture.

Alors que les associations de défense de l’environnement et nombre d’élus locaux continuent de se battre contre le projet de l’autoroute A69, qui doit relier Toulouse à Castres, le gouvernement vient de mettre la main au porte-monnaie pour dédommager à hauteur de 100 millions d’euros le futur concessionnaire, Atosca, des inconvénients liés aux différentes décisions de justice qui avaient arrêté la poursuite des travaux entre février et juin 2025. Avec ce nouveau chèque, la facture s’élève désormais pour le contribuable à 252 millions d’euros, contre 23 millions annoncés au départ, soit plus de dix fois plus. Non seulement les concessions d’autoroutes accordées aux entreprises privées par l’État sont de véritables mines d’or pour ces dernières mais, de plus, la puissance publique crache au bassinet pour les aider lorsqu’elles rencontrent des difficultés en justice. C’est fromage et dessert…

Le 4 mars se déroulait la Journée mondiale contre l’obésité, organisée chaque année avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé. L’obésité touche aujourd’hui plus d’un milliard de personnes et est en hausse dans toutes les régions du globe. Elle provoque près de quatre millions de décès directs chaque année. Les pays pauvres sont les plus touchés mais les plus riches ne sont pas épargnés, du fait notamment de la mal-bouffe qui touche toutes les couches de la société. Depuis 1990, l’obésité a quadruplé chez les enfants et les adolescents dans le monde et, en France, dix millions de personnes sont obèses, soit 18 % de la population adulte. Cette maladie chronique est due à de multiples facteurs comme l’alimentation, le mode de vie, la génétique, la neurobiologie mais aussi la détérioration de l’environnement. Pour la combattre, il faudrait proposer à tous et toutes une alimentation variée et équilibrée, un environnement sain, des conditions de vie et de travail décentes, des structures médicales suffisantes, etc. Autant de choses que le capitalisme est incapable d’offrir aux huit milliards d’êtres humains de la planète.

Le discours de Macron prononcé à la base navale de l’Île Longue, en Bretagne, sur le renforcement de l’arsenal nucléaire a été bien accueilli par l’ensemble des partis parlementaires, à droite et à l’extrême droite bien sûr, mais aussi à gauche. De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, en passant par Bruno Retailleau, de nombreux responsables politiques ont accordé des bons points au chef de l’État. Le Rassemblement national et les Républicains se sont réjouis que le décision finale d’utiliser l’arme nucléaire ne sera pas partagée avec les autres pays européens. De son côté, le leader de la France insoumise a salué de « bonnes décisions » se contentant de demander « une analyse minutieuse sur tous les plans » de la « dissuasion avancée » alors que le Parti socialiste souhaite que le Parlement puisse débattre de la question. Aussi bien la droite que la gauche donnent quitus au chef de l’État pour poursuivre à tout-va sa politique de réarmement. Ils s’alignent derrière le locataire de l’Élysée dans une union sacrée dont les classes laborieuses seront, encore une fois, les grandes perdantes.

Un collectif d’anciens élèves du réseau d’enseignement catholique de la Congrégation des Frères des écoles chrétiennes, les Lasalliens, a publié, un mois après son appel de à témoins en février, un compte rendu détaillé des abus survenus depuis les années 1950. Selon ce communiqué, 165 victimes mineures ont été recensées dans 46 établissements de la congrégation, répartis dans toute la France (Rueil‑Malmaison, Bordeaux et Talence, Quimper, Béziers Rouen, etc.). Certains établissements sont qualifiés de « clusters effroyables ». Les faits remontent à la période où les enfants avaient entre 5 et 15 ans au moment des agissements, et incluent des viols, tabassages, tortures, privation de nourriture et de sommeil, actes de barbarie, décrits comme permis par un « climat de terreur institutionnalisé ». Les témoignages de 27 anciens élèves ont permis d’identifier au moins cinq pédocriminels et une dizaine de bourreaux potentiels. Rappelons que la plupart de ces établissements sont sous contrat avec l’État qui ne les contrôle pratiquement pas.

La cour d’appel de Douai a relaxé Jean-Paul Delescaut, secrétaire général de l’union départementale CGT du Nord, qui avait été accusé d’apologie de terrorisme et de provocation à la haine antisémite. On lui reprochait un communiqué syndical du 10 octobre 2023 où il affirmait sa solidarité avec la lutte du peuple palestinien. Saisi par le préfet du département et un mouvement sioniste, l’Organisation juive européenne, il avait été condamné en première instance à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lille. La cour d’appel a remis les pendules à l’heure. Plus que jamais il faut affirmer que le soutien au peuple palestinien n’est ni un délit, ni un crime !

Avec 86 645 détenus au 1er février pour seulement 63 289 places, le pays s’érige au rang d’un des plus grands pénitenciers d’Europe. Le taux de densité carcérale atteint les 136,9 %, obligeant des détenus à vivre dans des conditions d’enfermement indignes et insalubres. Cette surpopulation concerne principalement les maisons d’arrêt (167 % de densité carcérale), où sont enfermés les détenus en attente de jugement et donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines. Elle dépasse les 200 % dans 25 établissements. En conséquence, 6 596 prisonniers sont obligés à dormir sur un matelas au sol, contre 4 490 il y a un an (+47 %). Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises et depuis 2013, la France a été condamnée à neuf reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour ses conditions de détentions. Ce qui n’empêche pas le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, de continuer de prôner le tout sécuritaire et à s’opposer aux libérations anticipées en aggravant encore les choses.

Alors même qu’en compagnie des Israéliens l’aviation et la marine américaines bombardent non stop l’Iran, Melania Trump, l’épouse du locataire de la Maison-Blanche, a eu le culot de présider à l’ONU une séance du Conseil de sécurité consacrée à la protection des « enfants pris dans les conflits ». On pourrait citer, pour illustrer son propos, le bombardement d’une école de jeunes filles à Minab, dans le sud iranien, qui aurait fait 165 décès parmi les écolières ou nombre de bâtiments civils touchés par les frappes dans lesquels sont décédés de nombreux enfants. Ce qui n’a empêché Melania Trump d’affirmer sans rire et toute honte bue : « Les États-Unis se tiennent aux côtés de tous les enfants du monde. » Si c’était vrai, les enfants du monde auraient du souci à se faire.

Une vingtaine de militants de Greenpeace ont voulu dénoncer le commerce d’uranium entre la Russie et la France, en bloquant pendant cinq heures le cargo russe Mikhail Dudin dans le port de Dunkerque, avant d’être interpellés. Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, Greenpeace dénonce la poursuite de contrats liant l’industrie nucléaire française avec la Russie via son géant nucléaire public Rosatom. Ce qui montre que les sanctions européennes contre Moscou sont à géométrie variable et n’empêchent pas des grandes entreprises comme EDF ou Orano (ex-Areva) de continuer de faire de fructueux bénéfices avec le régime de Poutine. Les affaires sont les affaires…