Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le procès de François Thierry, ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, s’est ouvert devant le tribunal correctionnel et se poursuivra jusqu’au 31 mars. Avec 17 autres prévenus, l’ancien « grand flic », comme le baptisait la presse à époque de sa gloire, est jugé pour « complicité de trafic de drogue » et « destruction de preuves ». Il est accusé notamment d’avoir aidé son principal indic, Sofiane Hambli, à importer en France… 15 tonnes de cannabis en 2015. Une paille. Thierry joue la bonne foi et jure qu’il n’a pas touché un centime de ce trafic. Bref il a trafiqué à l’insu de son plein gré. Il n’y a plus qu’à le croire. Encore un exemple des liaisons dangereuses entre flics et truands.

Patrice Adam, le président de l’Association française de droit du travail et de la sécurité sociale, explique dans Le Parisien que, lors des entretiens d’embauche, certains recruteurs se livrent à des pratiques totalement illégales comme demander à une candidate de vider le contenu de son sac à main. Une pratique qui vient des États-Unis et qui est supposée permettre au recruteur de déterminer si la candidate est soigneuse et organisée. Mais demander de vider littéralement son sac devant soi, ou même de jeter un œil à son contenu, peut donner des informations confidentielles telle que sa situation familiale, son état de santé ou ses finances. Cela représente une atteinte à la vie privée, protégée par le Code civil, le droit européen et le Code du travail. De plus cela constitue une discrimination sexuelle puisque cet accessoire est majoritairement porté par des femmes. Ce qui n’empêche pas un nombre croissant de DRH et d’agences de recrutement de l’utiliser.

Éric Woerth, ancien ministre de l’Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement dans le gouvernement de Sébastien Lecornu vient de démissionner de son mandat de député. En effet, il brigue la présidence du Pari mutuel urbain (PMU), la structure qui détient le monopole des paris hippiques. Quel rapport avec les activités passées de Woerth ou ses compétences ? Aucun. Mais en cette période de fin règne, Macron place ses copains à des postes lucratifs. Comme ses prédécesseurs d’ailleurs…

Si le mois de mars rime avec le retour du printemps, il se conjugue aussi avec l’application de mesures qui ont des conséquences directes sur nos finances. Depuis le début du mois, le prix du gaz est en hausse de près de 4 %, une taxe de deux euros par article est appliquée aux petits colis en provenance de pays situés hors de l’Union européenne, le forfait journalier hospitalier est passé de 20 à 23 euros, le coût de la carte grise a augmenté dans plusieurs régions (Nouvelle-Aquitaine, Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur, La Réunion…) et certains foyers ont vu leurs allocations familiales diminuer. En effet la majoration des aides liée à l’âge de l’enfant est désormais versée à partir de 18 ans, contre 14 ans auparavant. Autant de mauvais coups contre les classes populaires. Dans ces conditions plus que jamais s’imposent une augmentation de 400 euros nets pour tous et toutes et pas de salaires, pensions ou allocations inférieurs à 2000 euros.

Ambiance martiale à l’Île Longue le 2 mars pour l’allocution d’Emmanuel Macron : « Pour être libre, il faut être craint. » Étrange vision de la liberté offerte par le président, qui explique calmement qu’il va « augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal ». Rappelant au passage qu’il « n’hésiterait jamais » à appuyer sur le bouton, Macron annonce le lancement en 2036 d’un sous-marin, l’Invincible, à la puissance nucléaire de 1000 fois celle d’Hiroshima. Hiroshima : 150 000 morts, 70 000 personnes vaporisées en quelques secondes, de quoi donner un aperçu du bilan effroyable que pourrait causer l’arsenal de l’État pour la « sécurité ». Dans un « monde dangereux et instable » de l’aveu de Macron, voilà donc la vision de la « liberté » qu’offre l’impérialisme français.

En France en 2026, malgré les lois sur l’égalité salariale, les femmes gagnent toujours 21,8 % de moins que les hommes. Le droit à l’avortement est désormais dans la Constitution, mais les baisses de moyens dans la santé le font reculer. Voter des lois de principe sans se donner les moyens de les appliquer, voilà ce que la bourgeoisie a à offrir de mieux pour l’émancipation des femmes ! Et si les violences sexuelles sont enfin dénoncées, comme lors du procès Pelicot qui s’est clos l’année dernière, les féminicides sont toujours aussi nombreux. Alors que, dans le monde, les gouvernements et l’extrême droite sont à l’offensive, dimanche 8 mars, prenons la rue contre les violences sexistes, pour les droits des femmes et surtout pour l’égalité réelle. Notre émancipation ne pourra venir que de nous-mêmes !

Le logement est la première manifestation des inégalités : il représente un peu plus d’un dixième du revenu pour les 20 % les plus riches, contre presque un quart du revenu pour les 20 % plus pauvres. Et cela pour habiter loin du travail, dans des passoires thermiques, voire des taudis : d’après la Fondation pour le logement, la France compte 4,1 millions de mal logés. Un chiffre en augmentation car les loyers augmentent, mais pas les salaires… Malgré cela, la légalité bourgeoise continue de permettre voire de favoriser les expulsions et les coupures d’énergie, au mépris de nos vies !

En France, près de 3 millions de foyers attendent pour accéder à un logement social. Démolie par les coupes budgétaires de l’État, la construction de logements sociaux a reculé de 124 000 en 2016 à 85 000 en 2024. Le gouvernement n’a en effet jamais aussi peu investi : 1,5 % du PIB, contre 2,2 % en 2010. Dans le même temps, la France compte près de 3 millions de logements vides. Mais de les réquisitionner, il n’est pas question pour l’État toujours du côté des propriétaires, ou plutôt des plus riches d’entre eux, qui possèdent plusieurs dizaines de logements, voire des immeubles entiers !

Les clins d’œil à l’extrême droite sont de plus en plus lourds. Sans surprise, du côté des Républicains, de Retailleau défendant la thèse raciste du grand remplacement, à la candidate LR à Marseille, Martine Vassal, reprenant à son compte la devise pétainiste « Travail, Famille, Patrie »… et jusqu’à Aurore Bergé ex-ministre macroniste, traitant la France insoumise d’« anti-France », un terme qui remonte aux ligues fascistes des années 1930. Dans certaines villes, comme à Nantes, des listes ratissent des macronistes jusqu’à des soutiens de Zemmour. À Nîmes, Bourg-en-Bresse, Colmar et même Paris, ce sont des élus LR qui s’allient avec le RN ou Reconquête.