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Brèves

L’actualité en bref

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a porté le coup de grâce à un projet législatif, déjà bloqué par les euro-députés, visant à réduire l’usage des pesticides en agriculture. Élément-clé du « Pacte vert », ce texte proposé mi-2022 par Bruxelles prévoyait des objectifs contraignants pour réduire de moitié d’ici 2030 l’utilisation et les risques des produits phytosanitaires chimiques dans l’UE par rapport aux années 2015-2017. Si cette décision satisfait les gros agriculteurs et l’agrobusiness, représentés notamment en France par la direction de la FNSEA, elle n’aura par contre aucun effet sur l’amélioration des conditions de vie des paysans travailleurs. Car ce qui les étrangle ce ne sont pas les mesures de protection de la nature, mais les banques et le grand capital.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a estimé à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, que : d’une part, les violences des colons israéliens en Cisjordanie devaient cesser, d’autre part, qu’il était grave que des propos violents à l’égard des Palestiniens soient tenus par des responsables politiques israéliens, et enfin qu’il était favorable à un cessez-le-feu à Gaza et à une solution à deux États. Sans dire, à aucun moment, comment Paris comptait s’y prendre pour parvenir à ces résultats. Bref, des déclarations sans lendemain et sans portée réelle que Netanyahou a poliment écoutées mais qui ne changeront rien à sa politique raciste et meurtrière. Comme dit-on en hébreu : « Cause toujours, tu m’intéresses… » ?

Tony Estanguet, le président du comité d’organisation des JO de Paris, avait clamé haut et fort lors de sa nomination que les JO 2024 seraient « exemplaires ». C’est mal barré. Il est visé par une enquête sur sa rémunération qui s’établit à 270 000 euros par an. Des sommes bien supérieures à celles pouvant être perçues dans une association loi 1901. Cette nouvelle enquête est la quatrième portée par le parquet national financier. En effet, trois autres sont déjà en cours contre l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Elles visent notamment des soupçons de favoritisme et de détournements de fonds publics lors de l’attribution des marchés. Elles concernent une vingtaine de contrats et plusieurs dizaines de millions d’euros. Sans compter celles qui concernent l’emploi de travailleurs sans-papiers sur les chantiers olympiques. Bref, avant même d’avoir commencé les prochains JO battent les records de malversation.

Dans une interview au quotidien régional Ouest France, Anne Higaldo a convié les préfets, les sportifs et… Emmanuel Macron à se joindre à elle début juillet pour piquer une tête dans la Seine. Tout ça histoire de montrer que le fleuve ne sera plus pollué et désormais propice à la baignade. Rappelons que Chirac avait déjà fait la même promesse il y a trente ans… sans jamais la tenir, car il tenait à sa santé. Elle promet « un beau plongeon plein de symboles » juste en bas de l’Hôtel de Ville, au pont Marie. La maire de Paris, qui n’a guère la cote auprès de ses administrés, ne sait plus quoi inventer pour faire parler d’elle. Pathétique !

Les manifestations se poursuivent à Dakar alors que les députés ont commencé à examiner, dans un climat explosif, une proposition de loi sur le report de l’élection présidentielle, prévue le 25 février, annoncé par le chef de l’État, Macky Sall. Ce débat a lieu au lendemain de heurts entre des opposants scandant « Macky Sall dictateur » et les forces de l’ordre. C’est la première fois depuis 1963 qu’une présidentielle au suffrage universel direct est reportée au Sénégal, un pays qui jusqu’ici n’a jamais connu de coup d’État, une rareté sur le continent africain. Sall, élu président à deux reprises, en 2012 et 2019, et qui ne peut plus se représenter, avait désigné le Premier ministre Amadou Ba, comme candidat officiel pour lui succéder. Mais ce dernier rencontre une forte opposition, non seulement dans la rue mais aussi dans son propre camp. D’où la peur d’une défaite électorale qui a conduit Sall à annuler le scrutin. En promettant de le reporter dans six mois… ou aux calendes grecques.

Un tribunal pékinois a condamné l’écrivain et universitaire australien d’origine chinoise, Yang Jun, à la peine de mort avec sursis. Emprisonné depuis 2019 pour des accusations d’espionnage qu’il conteste, il avait affirmé en mai 2021 avoir été torturé dans un lieu tenu secret pendant sa détention, craignant que des aveux forcés ne soient utilisés contre lui. Il avait été jugé à huis clos en 2021 dans un procès pour lequel aucun verdict n’avait jamais été rendu public jusqu’à aujourd’hui. En fait il est probable que le malheureux va servir de monnaie d’échange dans les tractations laborieuses entre Canberra et Pékin qui se déroulent depuis des mois.

À l’appel de la maire, Anne Hidalgo, les Parisiens étaient appelés à se prononcer pour ou contre le triplement des tarifs de stationnement des SUV, ces voitures hautes, lourdes, encombrantes et surtout polluantes. La participation a été plutôt maigre puisqu’un peu plus de 78 000 des 1,3 million d’électeurs (soit 5,68 %), ont participé à cette votation. Pour le dire autrement, plus de 94 % des électeurs concernés se sont abstenus. La vox populi a du mal à se faire entendre. Cela était déjà le cas lors de la votation précédente concernant le bannissement des trottinettes électriques (plus de 92 % d’abstention). Mais, de plus, cette fois la question était biaisée, car la mesure ne concerne pas tous les SUV. En effet, seront épargnés par cette hausse (qui verra l’heure de stationnement facturée entre 12 et 18 euros selon les arrondissements de la capitale) « les résidents parisiens, les professionnels sédentaires stationnés dans leur zone de stationnement autorisé, les chauffeurs de taxi dans les stations dédiées, les artisans, les professionnels de santé » et les personnes handicapées. Ce qui commence à faire du monde. La prochaine fois qu’Hidalgo organise une votation et qu’elle souhaite une participation massive, qu’elle le fasse sur des sujets qui intéressent vraiment les Parisiens du genre : « Êtes-vous pour ou contre l’augmentation des impôts locaux ? ». Chiche !

Un qui s’en tire plutôt bien de ses démêlées judiciaires est François Bayrou, ex-ministre de la Justice et président du Mouvement démocrate (Modem). Pendant des années, des responsables de son parti avaient détourné l’argent du Parlement européen, supposé rémunéré des assistants parlementaires à Bruxelles, pour salarier des permanents qui travaillaient à Paris. Dans ce dossier, huit autres prévenus, parmi lesquels figuraient cinq ex-euro-députés, ont en revanche été condamnés à des peines allant de 10 à 18 mois de prison avec sursis, des amendes de 10 000 à 50 000 euros et à deux ans d’inéligibilité avec sursis. Quant aux deux formations centristes qu’anime Bayrou, l’Union pour la démocratie française (l’UDF) et le Modem, elles devront respectivement payer 150 000 euros d’amende, dont 100 000 euros ferme, et 350 000 euros, dont 300 000 ferme. Mais Bayrou a juré, la main sur le cœur, que personne ne l’avait jamais informé de ces magouilles. Et les juges ont fait semblant de le croire.

Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, s’est dit sur France 3 « parfaitement d’accord » avec le conditionnement du Revenu de solidarité active (RSA) à 15 heures d’activité. De sa part l’approbation d’une mesure aussi réactionnaire ne peut étonner. Seul petit problème : à deux reprises, à la Chambre, ses députés ont voté contre. Certains avec des arguments bien réacs. Ainsi le député lepéniste de l’Aisne, Jocelyn Dessigny, expliquait son opposition à cette mesure en partant du principe « qu’une mère au foyer est peut-être mieux à la maison à s’occuper des enfants » plutôt qu’à effectuer des travaux d’intérêt général. L’ambiguïté du RN sur la question vient de sa volonté de ratisser large depuis un électorat populaire, plutôt favorable au RSA actuel, à un électorat aisé qui lui y est opposé. D’où le grand écart.