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Brèves

L’actualité en bref

Sari Bashi, la directrice du Comité public contre la torture en Israël, a dénoncé les arrestations que la puissance occupante poursuit dans la bande de Gaza malgré le cessez-le-feu mais aussi les conditions de détention de tous les détenus. Elle alerte également sur la volonté du régime israélien de mettre en place la peine de mort pour les Palestiniens. Les prisonniers sont soumis à des viols, des violences physiques et morales et des tortures qui entrainent parfois la mort. En outre ils souffrent de conditions de détention déplorables et d’une nourriture insuffisante. Selon les chiffres officiels (sans doute sous-estimés) du Service pénitentiaire israélien près de 11 000 détenus palestiniens sont classés comme « prisonniers de sécurité ». Parmi eux, plus de 3 500 sont catalogués « détenus administratifs », c’est-à-dire qu’ils sont emprisonnés sans procès, ni jugement. Il faut ajouter quatre centres de détention gérés par l’armée, qui se refuse de fournir des données sur le nombre de prisonniers. Des constatations confirmées par une autre ONG israélienne de défense des droits de l’homme, B’Tselem, qui a intitulé son dernier rapport : « Bienvenue en enfer ». On comprend pourquoi.

La Commission nationale consultative des droits de l’homme a publié un avis d’une vingtaine de pages sur la Nouvelle-Calédonie. Le texte tire à boulets rouges sur l’administration néo-coloniale de l’archipel. Il souligne « les inégalités, nettement plus accentuées qu’en France métropolitaine », pointe « un accès inégal aux ressources économiques », dénonce des « discriminations raciales profondément enracinées dans l’histoire coloniale », évoque « un racisme au quotidien latent ou déclaré » et souligne le « déni de l’identité kanak ». Ainsi, lors des évènements de 2024, le parquet de Nouméa avait dénombré 2 528 placements en garde à vue et 502 déferrements devant les tribunaux. Toutes les personnes visées étaient… d’origine kanak. Dans le même temps les milices armées loyalistes n’ont fait l’objet d’aucune poursuite. Le racisme colonial dans toute sa splendeur…

Trente ans après le dernier essai nucléaire tricolore sur l’atoll polynésien de Fantagufa, une nouvelle proposition de loi visant à la reconnaissance des victimes et l’amélioration de leur indemnisation sera examinée à l’Assemblée nationale les jours prochains. Ces essais se sont prolongés pendant plusieurs décennies entraînant de nombreuses victimes parmi les personnes exposées, malades ou décédées. Plus de 10 000 personnes seraient concernées. Une loi datant de 2010 a restreint au maximum les conditions donnant droit à des indemnisations. Le nouveau texte en discussion est le fruit du long combat mené par des élus polynésiens pour obtenir justice pour leur peuple. Une démarche que la puissance coloniale ne semble cependant pas pressée de voir aboutir.

Deux ans après la loi Darmanin (26 janvier 2024) et un an après la circulaire Retailleau (25 janvier 2025), la Cimade, association de solidarité active avec les personnes migrantes, présente un bilan alarmant de la situation créée par ces textes. Elle dénonce notamment les restrictions sur la régularisation des personnes étrangères en ajoutant des conditions draconiennes à un arsenal procédural déjà saturé, un panel de mesures répressives, comme la suppression de la quasi-totalité des protections existantes contre les obligations de quitter le territoire français (OQTF) et une instrumentalisation croissante des questions d’ordre public. Précarisation, stigmatisation et exclusion sont les effets concrets recherchés et constatés de ces textes sur les personnes étrangères. La Cimade appelle donc « à un changement de regard sur les migrations et à des politiques fondées sur l’accueil, la solidarité et le respect des droits fondamentaux de chacun·e, quelle que soit sa nationalité et sa situation administrative. » Mais il est illusoire de compter sur le gouvernement, la droite et l’extrême droite pour changer de regard et de politique sur la question.

À l’approche des élections municipales, le journal L’Humanité a publié une enquête qui montre que tant les maires que les candidats de gauche ont progressivement changé d’attitude vis‑à‑vis de la police municipale. Ils y étaient jadis farouchement opposés mais plus maintenant, certaines municipalités allant même jusqu’à préconiser leur armement. Quelques exemples. En 2019, le candidat écologiste (EELV) à la mairie de Paris, David Belliard, déclarait que la police municipale était « inutile et électoraliste ». Cinq ans plus tard, en août 2025, devenu l’adjoint d’Anne Hidalgo, il se félicitait de la création en 2021 d’une police municipale et plaidait pour son renforcement. À Brest, François Cuillandre, candidat de l’union de la gauche (PS, PCF, Les Écologistes, PRG) à la mairie, a abandonné son refus de longue date de créer une police municipale. Il prévoit désormais une équipe de cinquante agents, armés d’armes « non létales » et de caméras piétons. Quant au PCF, tout en exprimant sa « grande vigilance face à plusieurs dérives possibles », il ne se dit « pas opposé par principe » à leur développement « dans un cadre précis ». Et la gauche d’expliquer son changement de pied par le désengagement de l’État et la nécessité de renforcer la sécurité sur le terrain. Mais pas question d’y associer la population. En fait cette gauche, lorsqu’elle est aux commandes – dans les municipalités, à Matignon ou à l’Élysée – s’empresse de s’appuyer les forces de répression classiques pour maintenir l’ordre. En les baptisant bien sûr de « républicaines ».

La municipalité de Tel Aviv a publié sur les réseaux sociaux, sous forme de devinette, un post concernant la création dans la ville du parc Charles Clore. Une photo du parc était accompagnée de cette légende : « Qui sait dans quel but ce parc a été construit et ce qu’il était censé cacher ? » Le post a été supprimé peu après du compte de la municipalité qui a déclaré : « Le post, qui traitait d’écologie, était rédigé de manière maladroite, c’est pourquoi la municipalité a choisi de le retirer. » Ce parc, qui porte le nom d’un homme d’affaires juif britannique, a été construit, dans la seconde moitié du 20e siècle sur les ruines de l’ancien quartier palestinien de Manshiya, dont les habitants ont été chassés et qui a été rasé en 1948, lors de ce que les Palestiniens appellent la Nakba (la catastrophe) au cours de laquelle 530 villages ont été détruits, 750 000 Palestiniens contraints de fuir leurs terres et des communautés entières massacrées par les sionistes. Au moment où l’on célèbre « le jour du Souvenir », en mémoire des millions de victimes du génocide juif perpétré par les nazis, en Israël, on juge préférable d’oublier que la création de cet État a été fondée sur une dépossession violente des Palestiniens, qui se poursuit encore aujourd’hui, perpétrée par ceux qui considèrent qu’il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce pays.

Laurent Naves a été récemment nommé à la direction des affaires publiques du groupe Suez. Qui est donc cet individu ? Rien de moins que l’ancien directeur de cabinet de Pannier-Runacher, Attal et Le Drian. Et ce n’est pas tout, le bruit court que les deux candidats au poste de secrétaire général du CA sont d’anciens préfets proches de Macron, dont l’un avec supplément colonie puisqu’il a été préfet de la Martinique. Macroniste et flic en chef, le CV (ou plutôt le casier) est chargé ! Ces nominations sont à l’image des méthodes de la direction : le bâton plutôt que la carotte.

… d’après le bulletin Suez La Défense

Les grévistes du Biocoop de la place des Fêtes, dans le 20e arrondissement de Paris, ont signé mercredi 28 janvier un accord de fin de conflit après 25 jours de grève. Elles et ils obtiennent la satisfaction de leur revendication principale : la mise à distance de leur cheffe, propriétaire en outre du magasin, qui leur imposait des conditions de travail « oppressantes et toxiques », ainsi qu’ils l’ont dénoncé sur leur compte Instagram @biocooplesfetes_engreve. Leur lutte a aussi imposé une augmentation salariale de 4,5 %, représentant minimum 100 euros brut.

La direction générale des Étrangers en France – qui dépend du ministère de l’Intérieur – a publié les chiffres 2025 de l’immigration. Ils confirment une augmentation des expulsions avec près de 15 500 étrangers en situation irrégulière éloignés de force l’an dernier contre 12 800 en 2024. Le nombre d’interpellations d’étrangers sans-papiers a, lui aussi, fortement augmenté et elles frôlent les 200 000. Elles concernent principalement les Algériens (+52 %), les Tunisiens (+33 %) et les Marocains (+19 %). En ce qui concerne les régularisations, le chiffre a baissé de 10 %, d’une année sur l’autre avec 28 610 personnes régularisées l’an dernier. Ces baisses concernent les étudiants (−82 %), les actifs (−11,5 %) et les regroupements familiaux (−6,4 %). Des milliers de drames humains dus à une politique migratoire scélérate.