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Brèves

L’actualité en bref

Les forces militaires du nouveau pouvoir syrien dirigées par l’ex-djihadiste Ahmed al-Charaa, reconverti en démocrate pro occidental, ont entrepris de liquider l’enclave kurde du Rojava qui comprenait des régions peuplées majoritairement de Kurdes comme celle de Kobané et d’autres peuplées majoritairement d’Arabes comme celle de Rakka. Les FDS kurdes avaient conquis ces dernières à la faveur de la guerre contre Daech avec le soutien de l’armée américaine. C’est ce soutien qui avait permis la constitution du Rojava comme entité indépendante. Cette situation inquiétait le président turc Erdoğan qui voyait d’un mauvais œil la présence d’un embryon d’État kurde à ses frontières, alors que la Turquie compte 15 millions de Kurdes, soit 20 % de la population. Dès que le feu vert lui a été donné par les États-Unis, al-Charaa a entrepris de chasser les Kurdes avec la complicité d’Erdoğan. Les Kurdes du Rojava, se retrouvent pris en étau entre les armées syriennes et turques.

Une fois de plus, les nationalistes kurdes sont donc abandonnés par les puissances impérialistes et régionales qui les ont utilisés comme supplétifs contre leurs ennemis du moment. De tels retournements d’alliances n’ont quasiment jamais cessé depuis un siècle et les Kurdes en ont toujours été les victimes. C’est le prix d’une politique étroitement nationaliste de leurs dirigeants qui a consisté à compter sur les grandes puissances et toutes sortes de compromis régionaux, y compris avec des dictateurs comme Bachar el-Assad et avec Israël, pour tenter de se tailler une petite place au Moyen-Orient plutôt que de s’adresser aux travailleurs et aux peuples de la région.

Après avoir traité Alex Pretti, l’infirmier assassiné par les nervis de ICE, de « terroriste intérieur » et repris les mensonges des criminels qui prétendaient, comme tous les flics tueurs du monde, avoir agi en légitime défense, Trump a dû reculer. Il vient de retirer une partie des effectifs de l’ICE de Minneapolis et de rappeler Gregory Bovino, l’homme qui cultive le style nazi avec son crâne rasé et son long manteau. Les vidéos du meurtre visionnées par des millions de personnes et la préservation de la scène de crime, grâce à la population et à la police locale, rendaient difficile le maintien du mensonge. La colère continuait à monter et les manifestants à déferler dans les rues de Minneapolis et des grandes villes des États-Unis. Il est clair qu’une milice de trois mille hommes, même surarmés, ne peut pas faire durablement régner la terreur dans une ville de 400 000 habitants et une agglomération de plus de trois millions et demi de personnes. C’est donc un premier recul de Trump. Mais l’homme qu’il a envoyé à la place de Bovino, Tom Homan, dit « le tsar des frontières », ne vaut pas mieux. Les manifestants ne sont pas dupes. Vive la lutte des travailleurs des États-Unis !

Les forces armées syriennes assiègent actuellement la grande ville kurde de Kobané où un convoi de l’ONU est arrivé pour fournir une aide aux déplacés présents sur place. Cette opération fait partie de l’offensive lancée depuis des semaines par le président par intérim Ahmed al-Charaa, ancien djihadiste qui a renversé Bachar el-Assad, avec le feu vert des États-Unis et l’appui, sur le terrain, de milices liées à la Turquie. Ces forces se sont d’abord attaquées aux quartiers kurdes de certaines villes avant de s’en prendre directement à la région autonome du Rojava, dans le nord-est du pays. Tout comme la Turquie, l’Irak et l’Iran auparavant, la Syrie veut museler les Kurdes au nom de « l’unité » du pays et nier leurs droits à l’autodétermination. Solidarité avec le peuple kurde !

Arno Klarsfeld – un avocat surtout connu pour être le fils de Serge et Beate Klarsfeld qui passèrent une partie de leur vie à démasquer et traquer des anciens nazis – vient de préconiser sur la chaine de télévision d’extrême droite CNews d’organiser des rafles contre les migrants visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), en prenant exemple sur les États-Unis de Donald Trump et les actions de la police de l’immigration (ICE). De plus, il justifie les meurtres et autres exactions de l’ICE au nom du « bien de l’État ». Ces propos écœurants n’ont provoqué aucune réaction chez les autres participants à l’émission, ce qui n’est pas surprenant lorsqu’on connait les gens qui sont invités sur la chaine Bolloré. Mais ils sont révélateurs du climat délétère qui s’est instauré depuis des années à l’égard des étrangers en général et des migrants en particulier. Climat qui n’est plus l’apanage de l’extrême droite mais est aussi entretenu par toutes les nuances du centre et de la droite. Et qu’il faut résolument combattre.

Lors d’une intervention sur la chaine conservatrice Fox News, Donald Trump avait déclaré que lors de la guerre d’Afghanistan (2001-2021) les troupes américaines avaient fait l’essentiel du travail et leurs alliés de l’Otan, notamment européens, de la figuration étant « restés un peu en retrait, loin des lignes de front ». Ce qui, de Paris à Londres en passant par Copenhague et d’autres capitales, a provoqué un tollé, chaque pays mettant fièrement en avant le nombre de ses soldats tués ou blessés au combat comme preuve de sa participation active. Une polémique qui a au moins le mérite de rappeler que les troupes de l’Otan semèrent pendant vingt ans la mort et la terreur dans le pays, détruisant l’essentiel de ses richesses et de ses villes afin de tenter de mettre sur pied un régime aux ordres de l’impérialisme. Si quelques milliers de soldats occidentaux y perdirent la vie, entre 50 000 et 100 000 Afghans furent exterminés. Et cette intervention occidentale eut aussi comme conséquence de resserrer les liens entre la population et les talibans qui reprirent le pouvoir en 2021. Alors il n’y a vraiment pas de quoi être fier d’avoir participé à une telle boucherie.

L’association SOS Racisme a dévoilé les conclusions de son dernier « testing » dédié au marché de l’immobilier. Selon ses résultats, 48 % des 198 agences contactées acceptent ou encouragent la discrimination dans la recherche d’un logement. Les agences contactées ont soit décidé de discriminer de façon active, en sélectionnant elles-mêmes les locataires sur la base d’un critère racial, soit sont complices de discrimination à la demande des propriétaires. Selon l’association, cette étude « met en évidence une inquiétante permanence de pratiques discriminatoires pourtant prohibées par le droit pénal ». Il s’agit de la troisième campagne de testing menée par SOS Racisme sur le sujet, après 2019 et 2022. Au cours des années, la situation ne s’est pas améliorée. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, les pouvoirs publics laissent faire et ferment les yeux.

Après Nestlé, Lactalis et Danone, c’est le groupe Vitagermine qui a retiré des lots de Babybio Optima des rayons. Le site rappel.conso.gouv.fr indique que les rappels du groupe Vitagermine ont été réalisés « en raison de nouvelles recommandations des autorités concernant la présence potentielle de céréulide », une toxine dangereuse, voire potentiellement mortelle, pour les nourrissons. Deux enquêtes pénales ont été ouvertes à Bordeaux et Angers après les morts récentes de deux bébés ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé. Il n’y a pas d’âge pour être victime de la mal-bouffe.

La semaine dernière encore, Capgemini affichait sur son site internet son partenariat avec l’ICE, la milice raciste de Trump recrutée pour faire la chasse aux migrants et à tous ceux qui ont l’apparence de migrants : « Capgemini travaille étroitement pour aider à réduire les délais et les coûts dans l’expulsion de tous les étrangers illégaux des États-Unis. » Avec 365 millions de dollars à la clé, les termes du contrat précisent que la rémunération précise sera au nombre de migrants traqués. Mais face à l’ICE et après le meurtre de Renée Good et d’Alex Pretti à Minneapolis, des centaines de milliers de personnes manifestent aux cris de « ICE Out ! ». Notre patron est du côté de l’ICE ; eh bien, nous, les travailleurs, nous sommes du côté des manifestants !

… d’après le bulletin Code rouge (CGI et Capgemini, Bordeaux)

Le 17 janvier dernier, la mathématicienne Gladys West est décédée à l’âge de 95 ans.
Ce nom ne vous dit sans doute rien… Ce sont pourtant ses contributions aux systèmes de positionnement par satellite qui permettent à chacun d’entre nous d’utiliser le GPS.
Née en 1930 dans une famille de métayers de Virginie, elle réussit malgré les lois ségrégationnistes qui avaient cours dans le sud des États-Unis à faire des études de mathématiques à l’université d’État de Virginie (dont la majorité des étudiants étaient Noirs) et devint enseignante, puis programmeuse et cheffe de projet au Centre de guerre navale de surface des États-Unis, division Dahlgren (NSWCDD). Où elle travailla jusqu’à sa retraite en 1998.
Une retraite pour le moins active : elle a continué à étudier et, en 2018, elle achevait un doctorat à Virginia Tech.
2018, c’est aussi la date où ses travaux ont été redécouverts par un collectif de femmes universitaires afro-américaines. Depuis, elle avait été sélectionnée par la BBC comme une des 100 femmes de l’année et été intronisée au Temple de la renommée des forces aériennes des États-Unis. Mais elle avait déjà… 88 ans !
Mais il est vrai qu’elle était femme et noire, deux handicaps majeurs pour bénéficier d’une reconnaissance !