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Brèves

L’actualité en bref

Après ceux de Fréjus (Var) et de d’Évreux (Eure), c’est au tour du Centre hospitalier de la Côte basque, à Bayonne, de faire appel à la générosité publique pour l’aider à boucler ses fins de mois. Il ambitionne de lever 1,5 million d’euros auprès des habitants en leur demandant d’investir une partie de leur épargne dans un « fond de placement au bénéfice d’un service public de santé ». Chacun peut contribuer à partir d’un euro jusqu’à 100 000 euros. Les sommes seront remboursées au bout d’un an, assorties d’un taux d’intérêt fixe de 3,1 %. Le tout avec la bénédiction de l’Autorité des marchés financiers. Mais le simple fait qu’un établissement public puisse lancer une telle initiative pour aider à se financer montre, une fois encore, la grande misère des services publics et leur sous-financement.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme vient de condamner une série d’actions répressives israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Dans un communiqué accompagnant un nouveau rapport le Haut-Commissariat écrit notamment : « L’intensification des attaques, la destruction méthodique de quartiers entiers, […] le refus d’apporter une aide humanitaire […] conjugués aux transferts forcés qui semblent viser à un déplacement permanent, suscitent des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique à Gaza et en Cisjordanie. » Dans la bande de Gaza, ce rapport détaille « les massacres et les mutilations infligées en nombre sans précédent à des civils par les forces israéliennes ». Il dénonce « la propagation de la famine et la destruction des infrastructures civiles restantes, imposant aux Palestiniens des conditions de vie de plus en plus incompatibles avec leur maintien dans ce territoire ». Il établit notamment la mort d’au moins 463 Palestiniens, dont 157 enfants, des suites de la famine, y voyant « une conséquence directe des actions entreprises par le gouvernement israélien ». Et de conclure que de tels actes « peuvent constituer des crimes contre l’humanité », voire « un génocide ». En Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, le rapport souligne « l’usage systématique et illégal de la force par les forces de sécurité israéliennes, la détention arbitraire généralisée, la torture et autres mauvais traitements infligés aux Palestiniens détenus, ainsi que la démolition illégale et massive de maisons palestiniennes ». Et pendant ce temps les grandes puissances laissent faire quand elles ne justifient pas ces pratiques, comme c’est le cas notamment des membres du fameux Conseil de la paix mis sur pied par Trump et qui vient de tenir sa première réunion.

Sept militants basques, qui avaient profité d’une manifestation populaire transfrontalière en mars 2023 pour faire entrer en douce dans l’Hexagone 36 migrants, ont été acquittés par le tribunal. Loin de faire profil bas, ils avaient publiquement revendiqué leur action pour protester « contre les politiques migratoires mortifères ». Ils avaient reçu le soutien de nombreuses organisations et associations et plus de 1 000 personnes s’étaient auto-accusées en signe de solidarité. C’est le préfet des Pyrénées-Atlantiques qui avait saisi le parquet en demandant des poursuites. Et cet acquittement est une petite victoire pour celles et ceux qui affirment, haut et fort, que la solidarité avec les migrants n’est ni un crime, ni un délit.

L’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (Ofalp) a recensé pour la première fois en 2024 les attaques menées contre des journalistes. Elles sont au nombre de 91. Plus de 40 % de ces attaques étaient imputables à des acteurs publics ou représentants de l’État, notamment les forces de l’ordre et des élus, affiliés principalement au Rassemblement national et aux Républicains. Ces atteintes se répartissaient comme suit : 26 cas de menaces, intimidations, injures, diffamation ou harcèlement, 15 cas de poursuites judiciaires abusives, 14 cas de harcèlement en ligne, 11 cas de restrictions d’accès à un lieu ou un événement. L’Ofalp, fondé en 2023 par une vingtaine de journalistes et représentants d’organisations professionnelles, souligne que son rapport n’est pas exhaustif, car il repose principalement sur des cas déjà rendus publics. Son travail est présenté comme complémentaire à celui de Reporters sans frontières (RSF).

Il y a quelques semaines, Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics, avait vertement contredit son ancien collègue de l’Économie, Éric Lombard, qui avait affirmé que de nombreux millionnaires ne payaient aucun impôt sur le revenu (IR). Selon elle, ce n’était pas vrai. Elle vient de se voir démentir par des documents rendus publics par le Sénat qui montrent qu’un nombre considérable de très riches ne sont pas imposés. En 2024, 18 525 foyers fiscaux dont le patrimoine était supérieur à 1,3 million d’euros n’avaient pas payé d’IR. Dans les 0,1 % des foyers « disposant des plus importants patrimoines immobiliers », la proportion des foyers ne payant pas d’IR était de 10,2 %, tandis que ce chiffre passait à 14,9 % pour les 0,01 % des foyers les plus riches. La ministre ne pouvait ignorer ces données, elle a donc sciemment menti.

Nouveau chapitre dans la tentative du gouvernement d’utiliser la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque pour restreindre les libertés publiques. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, a envoyé une circulaire aux préfets et aux recteurs pour leur demander d’interdire dans les universités ce qu’il considère être des « meetings politiques » quand des risques de trouble à l’ordre public sont avérés. Il faut rappeler que des élus et des responsables politiques se rendent régulièrement dans les facultés à l’invitation d’étudiants pour répondre à leurs questions. Cette pratique est très courante, notamment à l’approche d’échéances électorales. Mais en fait le ministre vise surtout les élus et responsables de la France insoumise et ne s’en cache même pas. Rappelons qu’en 2024, Sciences Po Paris avait décidé d’interdire la venue de Rima Hassan (déjà), alors en pleine campagne pour les élections européennes. Cette décision avait été contestée devant le tribunal administratif qui avait ordonné à Science Po de laisser cette conférence se tenir. Au même moment, l’université de Lille avait voulu empêcher Jean-Luc Mélenchon de venir s’adresser aux étudiants. Par contre ces tentatives d’interdiction ne semblent jamais s’appliquer aux courants politiques qui soutiennent Macron et la politique génocidaire de Netanyahou. Un hasard ?

Le collectif Agir pour la Palestine et l’ONG Waves of Freedom France (vagues de la liberté) organisent un rassemblement aujourd’hui 18 février à partir de 17 h 30, place du Châtelet, afin d’exprimer publiquement leur soutien à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens, occupés depuis 1967. Cette dernière fait l’objet d’une campagne internationale de calomnies réclamant sa démission lancée par le gouvernement israélien et reprise ici par les organisations sionistes et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. À travers cette campagne, ce sont les soutiens au peuple palestinien qui sont visés. Les organisateurs rappellent qu’« au-delà du soutien à Mme Albanese, ce rassemblement est aussi un acte de solidarité avec le peuple palestinien, aujourd’hui confronté à des souffrances humanitaires d’une ampleur dramatique. »

C’est devant le tribunal judiciaire que se poursuit le procès d’entreprises accusées d’avoir employé des travailleurs sans papiers sur plusieurs chantiers entre 2018 et 2022, y compris celui du village des athlètes des Jeux olympiques 2025, situé entre Saint-Denis et Saint-Ouen. L’entreprise chargée du chantier olympique, GCC, sous-traitait la construction de l’ouvrage à une autre entreprise, RBC qui elle-même avait ses propres sous-traitants : Batidem, YTB, Sari ou encore LMF. Et tout ce petit monde employait sans les déclarer des dizaines d’ouvriers sans papiers, souvent d’origine malienne, qui subissaient le travail non déclaré, les heures supplémentaires non payées, les violences et les pressions de toutes sortes. Ils étaient devenus de véritables forçats de la sous-traitance aux mains de patrons sans scrupules.

Après avoir renoncé à son appel en cassation. François Fillon, ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle de 2017, a été définitivement condamné pour détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs de son épouse, Pénélope. Sa peine de quatre ans de prison avec sursis, 375 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité est donc définitive. Un exemple parmi d’autres de la corruption qui gangrène l’ensemble de la classe politique, de Fillon à Dati et de Lang à Le Pen.