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Brèves

L’actualité en bref

Depuis le passage de la tempête Nils, le pays traverse un épisode de crue généralisée à l’origine de nombreux dégâts et inondations. Une partie du Sud-Ouest et de la Bretagne est toujours la tête sous l’eau. C’est le moment qu’a choisi le Secours catholique pour sortir un rapport intitulé La crise climatique vue par les personnes qui la vivent, qui regroupe les témoignages de plus de 150 victimes d’événements climatiques extrêmes. Il montre comment les dérèglements du climat – inondations, canicules, sécheresses, tempêtes – touchent d’abord et le plus durement celles et ceux qui disposent le moins de moyens pour s’en protéger, s’adapter ou reconstruire. En outre ces événements posent aussi la question du bétonnage à outrance des sols, alors que la loi ZAN (zéro artificialisation nette), supposée les limiter, est remise en question par le gouvernement lui-même. Quant à l’appel du Secours catholique aux gouvernants pour qu’ils prennent conscience de la situation et changent de politique, il s’apparente à un vœu pieux.

Après l’agression au couteau d’une enseignante par un collégien de 14 ans, Macron a annoncé commander une étude sur les effets des jeux vidéo sur les jeunes. « Peut-être qu’il faudra interdire », prévient-il. Il faudrait nous mettre à l’abri des images violentes. Des avatars qui tirent sur des cibles virtuelles, même pour du faux « ça conditionne les jeunes », selon le président. Que dire alors des classes défense au collège, de la journée défense et citoyenneté au lycée, et du service militaire qui fait son retour ? Des militaires en chair et en os qui font en permanence l’apologie des armes les plus meurtrières, ça ne serait pas du conditionnement ? Quant aux comportements violents, ils sont avant tout à mettre en rapport avec la misère, la violence et l’exclusion sociale… tout mettre sur le dos des jeux vidéos c’est un peu « cheaté ».

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, effectue une visite de deux jours à Alger pour tenter de réchauffer les relations entre les deux pays, au plus bas depuis l’été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Mais au delà des déclarations convenues sur la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic, le déplacement du premier flic de France n’a en fait qu’un seul objectif : convaincre les autorités algériennes d’accepter le retour de leurs ressortissants visés par des obligations de quitter le territoire français. Et de permettre ainsi à Macron et à son gouvernement d’afficher leur fermeté dans la lutte contre l’immigration, clandestine ou non, et de ne pas laisser le terrain de la surenchère xénophobe à la seule extrême droite.

La centrale d’achat européenne Eurelec, filiale du groupe de la grande distribution Leclerc, a été condamnée à une amende de plus de 33,5 millions d’euros par la Direction de la répression des fraudes (DGCCRF). Cette dernière l’accuse de « soixante-dix manquements à son obligation de signature des conventions » avec ses fournisseurs de l’Hexagone. En clair, Eurelec faisait traîner les négociations pour obtenir de meilleurs prix face à des fournisseurs, notamment des agriculteurs, souvent pris à la gorge. Mais il n’est pas sûr que cette condamnation incite Eurelec à changer de méthodes. En 2024, elle s’était déjà vu infliger une amende record de 38 millions d’euros pour des motifs similaires, quatre ans après une précédente amende de 6,34 millions d’euros. Et elle continue son business comme si de rien n’était.

Nouvelle mesure contre les migrants. Le Parlement européen a adopté deux textes visant à durcir la politique migratoire du continent. Parmi les mesures décidées, la création d’une liste de pays prétendument « sûrs » a été introduite, limitant les possibilités d’asile pour les ressortissants d’Égypte, du Maroc et de Tunisie. Ces derniers pourront être expulsés plus facilement vers leur pays d’origine. En outre, en attendant l’examen de leurs dossiers, leur détention sera généralisée, y compris pour les familles avec enfants. Près de 70 ONG ont exprimé leur indignation face à ce projet de réforme, le comparant à la politique répressive de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) aux États-Unis. À noter que dans les pays « sûrs » sus-mentionnés, les régimes du président Sissi, du roi Mohammed VI et du président Saïed sont plus connus pour le nombre de prisonniers qui croupissent en prison que pour leur respect des droits humains.

L’Union européenne, l’Autorité palestinienne, l’Égypte, le Qatar et la Jordanie ont dénoncé l’adoption par le gouvernement israélien de nouvelles mesures foncières renforçant son contrôle sur la Cisjordanie occupée. L’État hébreu a en effet approuvé des dispositions visant à faciliter l’achat de terres par les colons israéliens. Cette dernière décision en date fait craindre une annexion du territoire palestinien par les sionistes qui n’ont jamais caché leur volonté d’en arriver là. Mais ces condamnations sont purement platoniques. L’Union européenne, premier partenaire commercial d’Israël, n’a jamais pris aucune mesure concrète pour contrer la politique d’occupation des territoires palestiniens. De leur côté, les pays arabes concernés protestent mais continuent d’entretenir des relations diplomatiques avec Jérusalem. Quant à l’Autorité palestinienne, malgré toutes les humiliations qu’elle a subies de la part de l’occupant, elle n’a jamais cessé la coopération sécuritaire avec lui. Une belle bande d’hypocrites.

Fin janvier et début février des avions agricoles israéliens ont pulvérisé des substances chimiques sur des terres agricoles dans le gouvernorat de Quneitra, en Syrie. Selon des agriculteurs locaux, leurs cultures ont jauni en quelques jours. Les autorités locales estiment qu’environ 400 hectares de céréales et 4 000 hectares de pâturages sont affectés, privant le bétail de zones de pâture et menaçant les moyens de subsistance des agriculteurs. Au Liban, des méthodes similaires ont été utilisées dans une zone frontalière régulièrement marquée par des opérations militaires israéliennes contre l’organisation chiite Hezbollah. Des signalements comparables ont aussi eu lieu en Cisjordanie. Dans la région de Masafer Yatta, au sud d’Hébron, des colons ont pulvérisé des substances chimiques début février. Cette pratique a été justifiée par la chaîne de télévision israélienne i24News qui a expliqué que l’armée procédait à des pulvérisations d’herbicides « dans les zones proches de la frontière syrienne et libanaise, afin de détruire la végétation sous laquelle pourraient se cacher des terroristes ». Bref, encore une fois, la lutte contre le terrorisme est utilisée comme prétexte pour détruire les cultures de milliers de paysans syriens, libanais et palestiniens et les faire fuir de chez eux.

Depuis la mort de Quentin D, militant lyonnais d’extrême droite, Macron et Darmanin mettent en cause la France insoumise et l’extrême gauche. Darmanin affirme que « c’est l’ultragauche qui a tué », alors que l’enquête débute tout juste. Ils se gardent bien de faire la liste des victimes avérées de l’extrême droite, soit au moins 11 morts et 19 blessés graves depuis la présidentielle de 2022 et l’assassinat du rugbyman Aramburu par un militant d’extrême droite, jusqu’à Hichem Miraoui, assassiné par son voisin le 31 mai dernier. L’indignation à géométrie variable du pouvoir macroniste n’a qu’une seule signification : laisser faire l’extrême droite.

Alors que le tribunal administratif de Paris avait annulé la révocation de Majdouline B, infirmière de la Pitié-Salpêtrière pour « port du calot », l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) lui a infligé huit mois de mise à pied pour le même motif. Une sanction inadmissible, qui la prive de salaire pendant huit mois. Un rassemblement a eu lieu le 13 février devant l’hôpital Tenon, en soutien à une autre infirmière confrontée aux mêmes menaces. Alors que l’hôpital souffre du manque de soignants, sous couvert de laïcité, ce sont les femmes vues comme musulmanes qui sont attaquées. Un recours en justice est en préparation contre la suspension de Majdouline et un rassemblement aura lieu pour l’audience le 17 février à 13 heures devant le tribunal administratif de Paris.