Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Alors que le nombre d’enfants sans-abri atteint de nouveaux records, l’Unicef France, la fondation Abbé-Pierre, d’autres associations, ainsi qu’une cinquantaine de parlementaires et de maires de métropole constatent dans une tribune : « Aujourd’hui 2 822 enfants dorment dans la rue ou tous autres lieux les privant de conditions de vie dignes et sécurisantes », soit 42 % de plus en un mois seulement, dont 686 enfants de moins de trois ans. Des chiffres que l’Unicef estime sous-estimés. Les signataires appellent donc les pouvoirs publics à « prendre des mesures d’ampleur pour mettre fin à cette situation insoutenable et contraire aux droits de l’enfant » et atteindre l’objectif « zéro enfant à la rue », censé être une priorité du gouvernement qui ne fait pas grand-chose dans ce domaine, sauf des déclarations sans lendemain. Déjà, en septembre 2018, Emmanuel Macron avait affirmé vouloir « éradiquer la pauvreté extrême en une génération » et le 18 septembre dernier dans son « Pacte de solidarité » la Première ministre faisait de la prévention de la pauvreté et de la lutte contre les inégalités « une priorité »… parmi beaucoup d’autres. Fin 2022, 2,4 millions de ménages étaient en demande d’un logement social, soit une hausse de 7 % par rapport à 2021. À titre de comparaison, ce chiffre s’élevait à 2 millions en 2016. Face à une situation qui ne cesse de s’aggraver, une des solutions d’urgence serait de réquisitionner tous les logements vacants ou inhabités et de les attribuer à des mal-logés ou à des personnes à la rue. Le slogan « Un toit, c’est un droit » commencerait alors à prendre du sens.

Les garde-côtes grecs ont repêché trois corps après le naufrage d’un bateau de migrants au large de l’île de Symi, située près des côtes occidentales turques. Huit personnes ont été retrouvées vivantes lors des opérations de secours qui ont été effectuées à l’aide de navires et d’un hélicoptère. Deux autres sont portées disparues et au moins une des personnes décédées est une femme. Des milliers de migrants, pour la plupart originaires de Syrie, d’Afghanistan et du Pakistan, sont entrés en Grèce ces dernières années depuis les frontières maritimes et terrestres avec la Turquie. Les autorités grecques sont accusées par des médias et des ONG de défense des droits humains d’avoir procédé à des refoulements illégaux de migrants vers les eaux turques afin de limiter le nombre d’arrivées sur le sol grec. Contre les migrants l’Europe se barricade et ils en payent chaque jour le prix.

Entre 200 et 500 personnes ont trouvé la mort mardi soir dans une frappe israélienne sur l’enceinte de l’hôpital baptiste Ahli-Arab, dans le centre de ville de Gaza. Selon le ministère palestinien de la Santé il y aurait encore, outre les blessés, de nombreuses victimes sous les décombres. L’Organisation mondiale de la santé a déjà recensé « 111 infrastructures médicales ciblées par Israël, 12 cadres soignants tués et 60 ambulances visées ». Les puissances occidentales n’ont pas eu de mots assez durs pour condamner le terrorisme du Hamas, par contre elles semblent s’accommoder sans trop de mal du terrorisme d’État d’Israël. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a accusé le Djihad islamique d’être responsable de cette explosion sans convaincre grand monde, y compris ses alliés traditionnels. D’ailleurs mardi soir, Hananya Naftali, ancien membre de l’équipe de communication de Netanyahou, parlait encore d’une frappe israélienne qu’il justifiait par la nécessité de tuer des terroristes réfugiés dans l’hôpital. Il a finalement effacé son tweet, qu’il a remplacé par la version officielle israélienne. Certains médias français, telle la chaîne LCI, tentent d’accréditer cette version israélienne à l’aide de photos et de films impossibles à interpréter pour leurs spectateurs. Biden, en visite à Tel Aviv, a lui aussi déclaré qu’il croyait à cette thèse et qu’il apportait tout son soutien à l’État d’Israèl. Mais cet abominable massacre a soulevé la colère dans de nombreux pays. Manifestons nous aussi par tous les moyens possibles pour arrêter les assassins !

Ce n’est pas une vidéo bidonnée publiée sur un site favorable au Hamas. Elle a été postée sur le compte X officiel de l’armée israélienne accompagnée d’un commentaire en hébreu. Elle montre des soldats israéliens tirant sur quatre hommes désarmés et qui avaient les mains levées en signe de reddition, l’un deux arborant un drapeau blanc. Les Forces de défense israéliennes ont affirmé qu’il s’agissait d’une opération visant à « éliminer… quatre terroristes armés » menée par les hommes du 17e bataillon. L’incident s’est produit près de la plage de Zikim, en territoire israélien, à 2,5 kilomètres au nord de la bande de Gaza. Une copie de la vidéo diffusée par un journaliste israélien a été vue plus de 700 000 fois. Contactée par la rédaction des Observateurs de France 24, l’armée israélienne a répondu « ne pas avoir de commentaire à faire ».

Le chancelier allemand a annoncé qu’il allait se rendre en Israël cette semaine pour montrer sa solidarité avec l’État sioniste. Dans le même temps, le processus d’interdiction par Berlin de Samidoun, réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens, est en bonne voie. L’Allemagne est, avec la France, un des rares pays européens à interdire toute manifestation de soutien au peuple palestinien.

Au onzième jour des bombardements sur Gaza, on recensait 2 837 Palestiniens tués dont 795 enfants 643 femmes, 13 journalistes, et plus d’une quarantaine de victimes parmi le personnel médical. De plus on dénombrait 11 600 blessés, dont 5 750 enfants et 1 264 femmes, par plus de 7 200 raids en dix jours. Un bilan qui s’alourdit à chaque heure. Ajoutons à cela 6 000 maisons détruites, 40 jardins d’enfants, 150 écoles, 55 cliniques et 100 puits d’eau rendus inutilisables. Il y a près d’un million de déplacés, mais les 22 hôpitaux du nord de la bande de Gaza ne peuvent évacuer leurs malades et leurs blessés ! À cela s’ajoute le manque d’eau et d’électricité. Israël a donné l’ordre d’évacuer vers le sud à plus d’un million d’habitants du nord de la bande Gaza, mais les bombarde même quand ils sont en train de fuir. Et évoque maintenant la possibilité d’un nettoyage ethnique en obligeant tous les habitants à quitte la bande de Gaza pour l’Égypte et le désert du Sinaï. Et tout cela se fait avec la complicité des puissances occidentales en commençant par les États-Unis, l’Union européenne et la France.
Pour dire non au blocus de Gaza, au massacre des populations et au nettoyage ethnique, soyons nombreux et nombreuses à manifester jeudi 18 octobre à Paris à 18 heures place de la République !

L’armée israélienne a ordonné à tous les habitants de la ville de Gaza, y compris les malades et les blessés, de quitter les lieux afin de pouvoir mener une intervention militaire terrestre contre le Hamas. C’est « l’équivalent d’une peine de mort », a averti l’Organisation mondiale de la santé, qui « condamne fermement les ordres israéliens réitérés d’évacuer 22 hôpitaux traitant plus de 2 000 patients dans le nord de Gaza ». Elle pointe de fait l’incapacité des structures de santé du sud de la région à absorber de nouveaux patients, mais aussi l’impossible transfert de personnes gravement malades comme les patients en soins intensifs ou sous dialyse, les nouveau-nés en couveuses, les femmes enceintes souffrant de complications… Nebal Farsakh, porte-parole du Croissant-Rouge palestinien, a expliqué l’impossibilité de déplacer des centaines de patients depuis l’hôpital Al-Quds, dans le nord de la région, dans un laps de temps aussi court. Des milliers de soignants ont refusé de bouger pour ne pas les abandonner.

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Darmanin, a fait arrêter à Marseille en vue de son expulsion Mariam Abu Daqqa qui se trouvait en compagnie d’un militant de l’Union juive française pour la paix. Agée de 71 ans, cette Palestinienne, originaire de Gaza et membre du Front populaire pour la libération de la Palestine, était arrivée en France le mois dernier pour une série de conférences sur la situation de son peuple, et plus particulièrement des femmes palestiniennes. Une réalité qu’elle connaît d’autant mieux que 27 personnes de sa famille sont mortes sous les bombardements à Khan Younes, dans le sud de la bande de Gaza, alors que son logement, situé dans la petite ville d’Abassan, a été détruit par l’aviation israélienne. Bien que plusieurs de ses conférences aient été interdites, sous pression notamment des organisations sionistes, elle avait cependant réussi à prendre la parole à l’université de Lyon 2, à Martigues et à Marseille et s’apprêtait à faire de même à Toulouse. Sa tournée devait s’achever le 10 novembre. Encore une fois, sous prétexte de combattre la prétendue « apologie du terrorisme », on tente de réduire au silence toute voix contre l’oppression et la colonisation israélienne. Solidarité avec Mariam Abu Daqqua !

Président du Mouvement démocrate, haut-commissaire au plan, maire de Pau et principal soutien centriste à Emmanuel Macron, François Bayrou comparaît devant le tribunal de Paris avec dix anciens cadres de son mouvement (L’Union pour la démocratie française devenue Mouvement des démocrates), tous soupçonnés d’avoir utilisé des fonds européens pour employer des assistants parlementaires qui auraient travaillé en fait pour le seul parti. Le procès doit durer jusqu’au 15 novembre. À ses côtés se trouvent l’ex-garde des Sceaux, Michel Mercier, cinq anciens euro-députés dont Jean-Luc Bennahmias, trois cadres et un assistant parlementaire. Tout ce beau monde est accusé d’avoir détourné entre 2005 et 2007 environ 350 000 euros d’argent public. Bayrou, un démocrate chrétien bon teint qui fut brièvement (un mois et demi) ministre de la Justice en 2017, affirmait vouloir défendre bec et ongles la morale en politique. C’est raté ! Car son comportement le place plutôt parmi les marchands du Temple que des premiers ascètes chrétiens des déserts d’Égypte.