Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le budget de l’ICE, la police américaine de l’immigration, a atteint 85 milliards de dollars en 2025. Si l’ICE était un pays, elle serait la sixième puissance militaire mondiale par l’importance de ses dépenses. Elle prévoit d’investir 40 milliards de dollars dans l’acquisition de nouveaux centres de rétention pour migrants. Une véritable manne pour les entreprises avec lesquelles elle fait affaire. Un business accompagné de violences et de meurtres, aujourd’hui dénoncés par de nombreux Américains.

Après les Antilles, les capitalistes de la banane empoisonnent la population de Côte d’Ivoire. Une entreprise française, la Compagnie fruitière, plus grosse exportatrice de bananes africaines en Europe, utilise par épandage aérien à haute dose deux pesticides qui viennent d’être interdits dans l’Union européenne. Au mépris de la santé des ouvriers agricoles, payés à la tâche, qui continuent la récolte pendant l’épandage, et des populations riveraines. De quoi rappeler le scandale du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique, où toute la population a été contaminée par ce pesticide utilisé contre le charançon de la banane.

Après avoir invité des militaires recruter dans les amphis et dans les restaurants universitaires, l’université de Lorraine apprend aux étudiants à mener une cyberguerre avec l’aide de la base de Défense de Nancy, le tout sous la tutelle du commandement de la cyberdéfense du ministère des Armées. Mobilisant plus de 50 personnes sur trois jours, Cyber Humanum Est forme les étudiants à la cyberdéfense à l’aide d’une ville reconstituée. Une centaine d’étudiants, tout parcours confondu, (sciences et technologies, sciences humaines et sociales, télécom, etc.) ont participé à cette « formation’ », qui s’est bien évidemment terminée par un forum de recrutement. Avec des partenaires comme l’entreprise Thales (première industrie d’armement française), c’est une vision claire de l’enseignement supérieur qui est renvoyée : former la jeunesse à marcher au pas et à obéir aux ordres.

On ignore pour le moment les circonstance précises de la bagarre qui a causé la mort d’un militant identitaire de Lyon. Toute l’extrême droite s’efforce d’instrumentaliser ce décès, notamment contre LFI, mais aussi contre l’extrême gauche, en faisant de ce militant un martyr. Pourtant, les groupes d’extrême droite, en particulier à Lyon, sont depuis des années à l’origine de très nombreux affrontements violents. Déjà, le 21 mai 2022, un communiqué signé par diverses organisations, dont la CGT et la FSU, dénonçait les agressions régulières commises à Lyon par ces groupes contre des militants ouvriers, de gauche et des immigrés. Cette fois, c’est le groupe Nemesis, dont l’égérie Mila arbore un T-shirt nazi, qui était venu faire de la provocation devant une réunion publique de Rima Hassan, bête noire de l’extrême droite en raison de son engagement pro palestinien.

On ne peut se réjouir de la mort d’un jeune homme, mais celle-ci n’est-elle pas la conséquence de la politique de ces groupes dont la haine, le racisme et la violence constituent le fond de commerce ? Serait-il possible de prôner sans arrêt cette haine et cette violence sans prendre le risque d’en subir les conséquences ?

L’avocat franco-israélien Arno Klarsfeld – dont les parents s’illustrèrent jadis comme chasseurs de nazis – a inauguré à Hénin-Beaumont une allée Ilan Halimi, du nom de ce jeune juif enlevé, torturé et tué il y a vingt ans par des voyous antisémites. Il côtoyait à cette occasion dans ce fief RN du Pas-de-Calais, Marine Le Pen, la présidente de ce groupe à l’Assemblée nationale, à laquelle il a exprimé sa « sympathie » et sa « reconnaissance » pour l’évolution de son parti sur la question de l’antisémitisme. À noter que ce n’est ni la première, ni la dernière fois qu’un membre ou proche d’organisations sionistes s’affiche sans vergogne aux côtés de l’extrême droite. Car ce qui rapproche ces gens là est moins la lutte contre l’antisémitisme (soutenue du bout des lèvres par les lepénistes) que la haine commune des Arabes en général, et des Palestiniens en particulier.

La Conférence de Munich sur le sécurité, un forum international consacré aux questions de coopération et de défense auquel participent les principaux pays impérialistes occidentaux, a encore une fois été le révélateur d’affrontements entre nations rivales. Si, l’an dernier, le vice-président américain J.D. Vance, avait tiré à boulets rouges sur ses alliés européens, cette année son secrétaire d’État, Marco Rubio, s’est voulu plus diplomate en préconisant une alliance forte Europe-États-Unis tout en appelant les pays européens… à soutenir la vision de Donald Trump de l’ordre mondial. Mais l’Europe – très divisée par les rivalités inter-capitalistes qui la traversent – ne pèse pas bien lourd sur la scène internationale. Et toutes les gesticulations de Macron n’y changeront rien. 

Le Dieselgate est un scandale impliquant Volkswagen qui a utilisé, entre 2009 et 2015, des dispositifs de contournement pour fausser les tests d’émissions polluantes, révélant des niveaux de pollution bien supérieurs en conditions réelles. Pour cette fraude le constructeur allemand vient d’être renvoyé devant un tribunal « pour tromperie, par personne morale, sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme et de l’animal ». D’autres renvois sont dans les tuyaux notamment ceux des constructeurs automobiles Peugeot-Citroën, Renault et Fiat Chrysler. Tout ce petit monde trouvait plus rentable de truquer les tests plutôt que d’équiper leurs véhicules de système anti-pollution efficaces. Il n’y a pas de petit profit….

Le ministère de la Santé a annoncé le décès d’un nourrisson ayant consommé du lait infantile contaminé par la toxine céréulide. Le troisième. Dans le même temps trois nouvelles plaintes ont été déposées par l’Association pour la santé des enfants auprès des parquets de Paris, Bordeaux et Arcachon. De son côté le parquet de Paris a ouvert cinq enquêtes concernant notamment les laits infantiles distribués par Nestlé, Lactalis, Danone et Babylio. Outre les trois décès une quinzaine d’hospitalisations de nouveaux-nés ont été signalées. Et ce scandale montre encore une fois que les grands groupes de l’agro-industrie font passer leurs profits avant la santé publique.

Depuis des mois la maire (divers droite) de cette commune de la Région parisienne poursuit de sa vindicte une famille de gens du voyage installée sur place. En septembre dernier, elle avait fait installé des plots de béton et des barrières autour d’une parcelle appartenant à cette famille, en bloquant. À deux reprises le tribunal de Cergy-Pontoise a condamnée la commune qui s’est vue infliger une amende de 20 000 euro et a du retirer les obstacles. Mais la mairie continue d’harceler la famille en engageant de nouvelles actions judiciaires contre elle. Quand à la première édile de la ville, elle se défend de tout racisme et justifie son action uniquement pour faire respecter le Plan Local d’Urbanisme et préserver le cadre de vie local. Il n’y a plus qu’à la croire sur parole…