Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Dernière trouvaille du président des Républicains, Éric Ciotti : moins d’argent pour les personnes sans emploi au profit des automobilistes. Il prône une baisse de 15 centimes des taxes sur le litre qui serait notamment compensée par la réduction de la durée et du montant des allocations-chômage. Après le consensus trouvé cette semaine à l’Assemblée nationale entre Les Républicains et le camp présidentiel pour imposer 15 heures hebdomadaires d’activité obligatoires pour les bénéficiaires du RSA, Éric Ciotti et son parti ont désormais dans le viseur les indemnités pour les chômeurs. Deux mesures distinctes pour une seule philosophie : faire payer les pauvres !

La sprinteuse afghane Kimia Yousofi a expliqué sa présence aux Jeux asiatiques d’Hangzhou, en Chine, par la volonté de « représenter les filles afghanes », interdites de sport dans leur pays par les talibans. Yousofi, qui s’est installée en Australie en août 2022, est l’une des 14 athlètes afghanes inscrites à ces compétitions. Toutes vivent à l’étranger et ont pu se rendre aux Jeux asiatiques avec l’aide de fédérations sportives étrangères. L’athlète de 27 ans portait le drapeau de la délégation afghane aux Jeux olympiques de Tokyo, à l’été 2021. Mais depuis le retour au pouvoir des talibans, une semaine après la fin des Jeux de Tokyo, la pratique féminine du sport est proscrite. La présence de la sprinteuse dépasse donc les seuls enjeux sportifs. « Je suis ici pour représenter les filles afghanes qui n’ont pas accès à l’éducation et au sport », a-t-elle expliqué, se disant résolue continuer son combat.

Le gouvernement est, on le sait, tout à fait favorable à prolonger encore pendant dix ans l’utilisation de l’herbicide glyphosate qualifié pourtant de « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer. Pour appuyer sa position, il reprend à son compte une vieille antienne des gros céréaliers de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et des trusts de l’agrobusiness en affirmant « qu’il n’y a pas actuellement d’alternative ». À voir. On ignore généralement que jusqu’à l’an dernier le plus gros utilisateur de glyphosate du pays était la SNCF qui l’utilisait pour désherber des dizaines de milliers de kilomètres de voies ferrées. Mais, après des années de recherche, elle a mis au point un produit de substitution efficace, certes plus cher que le glyphosate, mais beaucoup moins dangereux. Cependant, ni le ministre des Transports, ni celui de la Transition écologique se sont précipités pour en faire la publicité. Sans doute par pudeur…

Le Conseil d’État, la plus haute juridiction de l’ordre administratif, examine une action de groupe menée par six ONG contre les contrôles d’identité discriminatoires, dits « au faciès », effectués par la police et la gendarmerie. Dans leur requête, les six associations soutiennent que cette pratique est « généralisée, inscrite profondément dans l’action policière au point que la discrimination qu’elle constitue est systémique ». Elles demandent au Conseil d’État « de constater le grave manquement de l’État consistant à laisser perdurer la pratique » et « d’enjoindre aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour y remédier ». Demandes qui ont bien peu de chances d’être jamais satisfaites sur le terrain ! Cette action de groupe s’appuie notamment sur les travaux menés par l’ancien Défenseur des droits, Jacques Toubon, qui, dans une enquête qu’il avait réalisée en 2016, concluait que les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes avaient une probabilité vingt fois plus élevée que l’ensemble de la population d’être contrôlés par la police. Édifiant. Et rappelons que Toubon n’est pas un affreux gauchiste mangeur de flics mais l’ancien ministre de la Justice du très droitier gouvernement d’Alain Juppé (1995-1997).

Le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, vient de mettre à l’arrêt la grande campagne contre la bronchiolite lancée avec force publicité il y a quinze jours. Dans un premier temps elle devait être accessible en pharmacie à toutes les familles ayant un nourrisson. Puis le dosage de 50 mg du Beyfortus, le médicament préventif pour nourrissons de moins de cinq kilos, a été réservé aux seules maternités. Et aujourd’hui, la direction générale de la Santé annonce que la distribution du dosage de 100 mg du même médicament est « temporairement interrompue » en pharmacie et n’est donc plus accessible aux familles. Elles devront poireauter au moins jusqu’au début novembre. La « réussite exceptionnelle » de cette campagne, vantée par le ministre de la Santé à ses débuts, tourne à la Bérézina faute de stocks.

En annonçant dans le 20 heures de TF1 une « prime exceptionnelle de pouvoir d’achat » pour 500 000 enseignants, le ministre de l’Éducation nationale a obtenu un joli écho médiatique : une dépêche publiée par l’AFP, considérée comme un feu vert par de nombreux médias, pour relayer l’information. Mais cette nouvelle n’en est pas une. Elle n’est, en réalité, que la confirmation d’une autre annonce, faite en juin dernier par le ministre de la Fonction publique, Stanislas Guerini, et qui concerne tous les fonctionnaires touchant un salaire brut mensuel de moins de 3 250 euros par mois, et pas seulement les enseignants. Attal pratique l’art de faire du neuf avec du vieux et du recyclage d’annonces déjà faites par d’autres.

Ces jours-ci va sortir le film… consacré à Bernadette Chirac. À en croire la promotion diffusée sur les chaînes TV, il s’agirait tout simplement de faire de l’épouse de l’ex-président de la République une féministe et une rebelle. Et aussi une femme qui se préoccupait du petit peuple. La preuve : ses fameuses récoltes de pièces jaunes pour ses œuvres qui faisaient pourtant rigoler à l’époque. Pour faire de cette dame patronnesse bourgeoise et réactionnaire une précurseuse de #MeToo, il fallait un sacré culot. Mais, quand il s’agit de se valoriser en transformant en héroïnes et héros des politiciens et politiciennes à son service, la bourgeoisie et ses publicitaires n’ont peur de rien. Le titre du film est Bernadette. Peut-être attendent-ils un miracle ?

Jeudi 28 septembre, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, accompagné d’une délégation d’une vingtaine d’industriels, s’est rendu dans la capitale ukrainienne à l’occasion de la première édition d’un forum de l’armement. Objectif déclaré : monter des usines d’armes françaises en Ukraine. L’intérêt serait à la fois de rapprocher la production de la consommation et de bénéficier d’une main-d’œuvre qualifiée à bas coût. Mais ce n’est pas tout. Selon un article publié par l’organisation RFU (Front ouvrier d’Ukraine) sur son site internet, il ne s’agirait même pas d’investir mais de récupérer des usines existantes sans débourser un euro ! Déjà, 500 industriels s’étaient réunis avec Macron et Zelensky (en vidéo conférence) pour se préparer à attaquer le marché ukrainien après la guerre. Cette fois, c’est tout de suite que ces rapaces veulent faire encore plus de profits sur la sueur et le sang des peuples russes et ukrainiens.

Le 22 septembre dernier, en présence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et du Premier ministre, Justin Trudeau, le Parlement canadien avait applaudi debout Yaroslav Hunka, un vétéran ukrainien de 98 ans présenté comme un « héros » de la Seconde Guerre mondiale. Cet hommage avait été organisé par le président de la Chambre, Anthony Rota, qui avait déniché Hunka parmi les électeurs de sa circonscription. Mais, quelques jours plus tard, on s’est aperçu que le vétéran en question avait en fait combattu pendant la dernière guerre… dans les rangs d’une unité allemande de la SS. Rota a présenté sa démission et Trudeau ses excuses à Zelensky. Une gaffe qui a fait les choux-gras de la presse russe et qui montre que pour s’affirmer pro-ukrainien à tout prix certains ne sont pas trop regardants sur les moyens.