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Brèves

L’actualité en bref

Le groupe bancaire Société générale annonce une réorganisation qui va se traduire par la suppression de 1 800 postes en France d’ici à fin 2027. Cette réduction d’effectif n’a rien à voir avec des difficultés quelconques que rencontrerait la banque mais a uniquement pour but de faire monter son action en bourse. En février 2024, la banque avait déjà annoncé la suppression d’environ 900 postes à son siège. Et cela a payé… pour les actionnaires. L’an dernier, son action a fait un bond de 153 % à la Bourse de Paris, la meilleure performance de l’indice CAC 40, et sa capitalisation a franchi le seuil symbolique de 50 milliards d’euros. Encore une fois les salariés sont les grands perdants de l’opération.

Donald Trump a signé à Davos (Suisse) la charte fondatrice de son fameux « Conseil de paix », en présence d’une vingtaine de chefs d’États et de gouvernements ayant accepté l’invitation à rejoindre cet organisme. Un grand absent cependant : le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou qui avait un des premiers à soutenir l’initiative trumpiste. Et pour cause. Son absence fait suite à l’annonce de la Suisse, qui se dit juridiquement tenue de coopérer avec la Cour pénale internationale et de valider le mandat d’arrêt émis à son encontre pour crimes de guerre commis à Gaza. Netanyahou a préféré ne pas prendre de risque et rester chez lui. L’exemple suisse est d’autant plus frappant que d’autres États qui reconnaissent la CPI ont fait savoir au cours des mois qu’ils n’appliqueraient pas ce mandat d’arrêt. Parmi ces derniers la Hongrie, l’Allemagne… et la France qui a laissé à plusieurs reprises Netanyahou survoler son espace aérien en toute impunité. Le respect du droit international par Macron et d’autres est à géométrie variable.

La classe « Optimum », un nouveau service lancé par la SNCF début janvier, entendait offrir à sa clientèle un voyage calme et sans enfants. En effet ces espaces réservés au sein des TGV étaient interdits au moins de 12 ans et proposaient « un voyage de haute qualité ». Sur le site de la SNCF figurait parmi les « avantages à voyager dans l’espace dédié Optimum » le fait que « les enfants ne sont pas acceptés » afin de « garantir un maximum de confort à bord… ». Donc pas question de voyager en famille en classe « Optimum ». Devant le tollé provoqué par cette mesure, et après intervention de Sarah El Haïry, la Haute-commissaire à l’Enfance, la SNCF a modifié son site et précise que si l’« espace calme » est « accessible à partir de 12 ans… les plus petits sont bien sûr les bienvenus dans le reste du train ». Dans les soutes à bagages ou le compartiment des encombrants par exemple…

Vincent  Jeanbrun, le ministre du Logement, a décidé d’appuyer la proposition du sénateur centriste Michel Canévet visant à comptabiliser les cellules des prisons comme des logements sociaux, au même titre que les HLM. Objectif : contourner la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains qui impose aux communes de plus de 3 500 habitants de compter au moins 25 % de logements sociaux. Celles qui s’y refusent, en général les plus riches, doivent acquitter chaque année une pénalité financière. Le projet de loi en question permettrait de gonfler sur le papier le nombre de logements sociaux sans avoir besoin d’en construire. En si bon chemin, on pourrait aussi comptabiliser comme HLM les cellules des commissariats de police, les centres de rétention administrative, les hôpitaux, les internats des établissements scolaires, etc. La liste est infinie. Et tout ça parce que certains maires ne veulent pas loger des familles modestes dans leur pré-carré. Malheur aux pauvres !

La défense civile a annoncé la mort de trois journalistes dans une frappe israélienne. Les trois hommes préparaient l’envoi d’un drone civil destiné à filmer une distribution alimentaire. Les victimes sont Anas Ghneim, Mohammed Salah Qashta et Abdoul Raouf Shaath. Ce dernier, journaliste et reporter d’images indépendant, collaborait régulièrement avec l’Agence France-Presse. De son côté, l’armée sioniste a affirmé avoir ciblé trois « suspects ». L’excuse habituelle. Selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF), les forces israéliennes ont tué au moins 29 journalistes palestiniens dans la bande de Gaza entre décembre 2024 et décembre 2025. D’autre part, Israël interdit aux journalistes étrangers l’entrée du territoire palestinien et abat systématiquement les journalistes palestiniens qui se trouvent sur place. Une façon de tenter d’imposer un black-out sur le drame que vivent depuis des mois les Gazaouis.

Les députés ont entamé l’examen en commission de la proposition de loi sur les « formes renouvelées de l’antisémitisme », portée depuis plus d’un an par la macroniste Caroline Yadan, élue de la 8e circonscription des Français de l’étranger qui comprend notamment… Israël. Indéfectible soutien de l’État sioniste, Yadan présente un projet de loi qui vise à criminaliser le soutien à la résistance palestinienne, assimilé à une apologie du terrorisme, à interdire de qualifier de génocide le massacre des Palestiniens ou de contester l’existence d’Israël sous sa forme actuelle. À terme il pourrait aussi conduire à assimiler antisémitisme et antisionisme. Un texte scélérat qui vise à museler toute critique de l’État d’Israël. Ce qui ne nous empêchera évidemment pas d’affirmer que si l’antisémitisme est un crime qu’il faut combattre, l’antisionisme est un devoir qu’il faut assumer.

Début janvier, Nestlé avait dû rappeler des laits infantiles, vendus sous les marques Guigoz et Nidal, car ils étaient contaminés par une toxine, la céréulide, qui peut provoquer diarrhées, vomissements et fortes fièvres chez les nourrissons. Dans un cas au moins un bébé est décédé. Cette fois c’est au tour de Lactalis, premier acteur mondial des produits laitiers, de faire de même avec ses produits vendus sous la marque Picot. Au total 18 pays sont concernés par ces rappels. L’association de défense des consommateurs Foodwatch a annoncé qu’elle allait porter plainte contre X visant à « faire la lumière » sur ces dossiers, alors que « cela fait près de deux mois que l’information sur la contamination par la toxine céréulide a été partagée au niveau européen… ». Pour des groupes comme Nestlé et Lactalis, le rappel de leurs produits à un coût. C’est pourquoi ils attendent le dernier moment pour y procéder. Au détriment de la santé des tout-petits.

C’est théoriquement cette année que l’Union européenne devait interdire les PFAS, surnommés « polluants éternels », qui sont présents dans les ustensiles de cuisine, les emballages ou encore les cosmétiques. Ils sont utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur, mais sont nocifs pour la santé entraînant notamment l’augmentation du taux de cholestérol et des cancers, ainsi que des effets sur la fertilité et le développement des fœtus. Interrogée sur le calendrier qu’elle comptait mettre en place, la Commission européenne est restée dans le flou. Elle affirme simplement que « le travail avance ». Il n’y a plus qu’à y croire. Car les industriels font feu de tout bois pour retarder cette interdiction d’année en année. Et jusqu’à présent ils y sont parvenus.

Emmanuel Macron a annoncé la signature d’un accord additionnel à celui de Bougival sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, signé l’an dernier. Ce nouvel accord, dit « Élysée-Oudinot », est censé compléter et enrichir le précédent. Mais, au-delà du bla-bla habituel, il évite la question qui fâche : celle d’ouvrir une perspective de souveraineté pleine et entière à la Kanaky et de respecter le droit du peuple kanak à l’autodétermination. Tout comme le précédent, ce nouvel accord sera boycotté à juste raison par les indépendantistes, au premier rang desquels le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).