Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le gouvernement veut créer une « allocation de solidarité unifiée » fusionnant le Revenu de solidarité active (RSA), l’Aide personnalisée au logement (APL) et la prime d’activité. Présentée comme un outil de simplification et d’« incitation au travail », la réforme est dénoncée par les associations de solidarité et les acteurs du logement. En effet, selon l’étude d’impact, parmi les 10 % des ménages les plus pauvres 21 % perdraient environ 40 euros par mois avec cette nouvelle allocation. Au début de son premier quinquennat Macron avait déjà tenté de faire passer la pilule sous le nom d’un « revenu universel d’activité » qui avait été finalement abandonné. Il revient aujourd’hui à la charge avec le même objectif : faire payer les plus pauvres.

Au cours des années le trust alimentaire Nestlé Waters avait multiplié les décharges sauvages de bouteilles en plastique et en verre, autour de ses usines d’embouteillage des Vosges, notamment près de Vittel et de Contrexéville, décharges qui représentent aujourd’hui l’équivalent de 470 000 mètres cubes de déchets. Ces dépôts illégaux ont entraîné des écoulements de déchets plastiques et d’autres matières polluantes dans les cours d’eau locaux, suscitant l’indignation des associations environnementales et des autorités régionales. Finalement le parquet a requis la condamnation de Nestlé pour avoir « exploité et géré illégalement » des décharges sauvages de déchets, à une amende de 750 000 euros et à la remise en état des sites concernés. Mais, curieusement, il n’a pas retenu la qualification de pollution et son réquisitoire a été en demi-teinte. Tous les observateurs ont noté la timidité du représentant du ministère public dans cette affaire qui n’aurait sans doute jamais abouti devant les tribunaux sans l’obstination des associations de défense de l’environnement. Car cela fait des années que l’État ferme les yeux sur les pratiques de Nestlé notamment sur les traitements qu’elle fait subir à ses eaux qui n’ont de « naturelles » que le nom.

L’hécatombe continue et s’amplifie. Vingt-deux personnes, parties de Libye et dont l’embarcation se trouvait au large de la Crête, sont mortes après six jours d’errance en mer. Vingt-six autres, dont une femme et un mineur, ont pu être secourues. Ils étaient originaires du Bangladesh, du Tchad et du Sud Soudan. Près de 660 migrants ont déjà perdu la vie en tentant de rejoindre l’Union européenne au cours des deux premiers mois de 2026. À Bruxelles, un porte-parole de la Commission européenne a déclaré qu’il fallait « redoubler d’efforts dans la lutte contre les passeurs de migrants qui sont responsables de ces tragédies » sans dire un seul mot de la responsabilité des pays membres qui en durcissant sans cesse les conditions d’entrée sur leurs territoires obligent non seulement les migrants à risquer leur vie mais alimentent par là même le trafic des passeurs. Plus que jamais il faut se battre pour l’ouverture des frontières.

Depuis le balcon du palais princier de Monaco, principauté où le catholicisme est religion d’État mais qui surtout connue pour son luxe opulent, ses milliardaires, ses casinos, son immobilier aux prix vertigineux et sa législation fiscale avantageuse pour les plus riches, Léon XIV a dénoncé sans rire le creusement « des abîmes entre pauvres et riches, entre privilégiés et rejetés »… avant d’aller s’empiffrer avec le prince Albert II, la princesse Charlène et quelques riches invités de marque. Hier Jésus chassait les marchands du Temple, aujourd’hui son lointain successeur gueuletonne avec eux. Amen !

Alors que les combats au sol entre Israël et le Hezbollah se poursuivent dans plusieurs localités frontalières, l’armée israélienne s’est acharnée dans la nuit de vendredi à samedi sur des secouristes dans le sud du pays, en tuant au moins sept d’entre et faisant des dizaines de blessés dans leurs rangs. Dans le même temps, à Jezzine, un drone israélien a visé une voiture de la presse assassinant les journalistes Ali Choeib d’al-Manar et Fatima Ftouni, le frère de cette dernière, un vidéaste, et une quatrième personne. En fait l’armée sioniste répète au Liban ce qu’elle a déjà fait en Cisjordanie et à Gaza : cibler les journalistes et les humanitaires en affirmant, après coup, qu’il s’agissait de « terroristes » sans apporter la moindre preuve à ces affirmations. La barbarie à l’état pur…

Les infirmières de l’association « Asalée » (Action de santé libérale en équipe) étaient mobilisées jeudi 26 mars pour dénoncer le fait qu’elles n’étaient pas payées depuis plusieurs mois. En marge du Salon infirmier à la porte de Versailles, à Paris, plusieurs centaines d’entre elles ont manifesté avec le soutien de médecins et de familles. Elles sont un peu plus de 2 000 dans tout le pays spécialisées dans l’éducation et l’accompagnement thérapeutiques des patients atteints de maladies chroniques (diabète, risques cardio-vasculaires, addictions etc.), travaillant en binôme avec les médecins. Elles rendent des services inestimables, notamment dans les déserts médicaux. Mais le principal financeur de leur association, la Caisse nationale de l’assurance-maladie, n’a pas versé ses subventions depuis décembre, estimant le dispositif trop coûteux. Ce qui risque d’entraîner la disparition de l’Asalée et de laisser dans les choux des milliers de malades.

La plateforme de livraisons de repas Foodora a été condamnée à 200 000 euros d’amende pour travail dissimulé alors qu’elle avait employé entre 2015 et 2018 des milliers de livreurs, déclarés officiellement comme « auto-entrepreneurs » alors qu’il s’agissait de salariés. Le procès était prévu sur une dizaine de jours mais les dirigeants de Foodora ont négocié un accord amiable avec le parquet pour qu’il n’y ait pas de procès public. Ce qui fait que les salariés lésés n’ont pas pu se faire entendre. Soulignons que les 200 000 euros d’amende infligés à la plateforme reste en deçà du maximum, 375 000 euros, qui avait été obtenu pour des faits semblables contre Deliveroo, et que cette somme représente environ 30 euros par livreur exploité. Une misère.

Saadia Mosbah, 66 ans, dirige l’association M’nemty (Mon rêve), qui milite pour les droits des migrants subsahariens et contre le racisme dans le pays. Elle a été condamnée à huit ans de prison et à une amende de 30 000 euros sous des prétextes complètement bidon de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite. C’est la dernière en date des victimes du président Kaïs Saïed qui depuis la dissolution du parlement en 2021 poursuit ses opposants politiques mais aussi les organisations de la société civile qui militent pour le respect des droits humains. En outre il a développé toute une propagande raciste et démagogique contre les migrants. Et ceux et celles qui s’opposent à lui finissent en prison.

En vue des Jeux olympiques de 2028, qui se tiendront à Los Angeles, en Californie, et malgré les avis scientifiques, le Comité international olympique (CIO) a rétabli les tests génétiques censés établir la « féminité » de certaines athlètes. Un bond en arrière de près de 30 ans visant à bannir les athlètes transgenres. Cette décision, qui aura des répercussions sur les droits fondamentaux de toutes les sportives, a été prise sous la pression directe de Donald Trump qui avait déjà adopté une mesure similaire contre les sportives des États-Unis. Une discrimination d’autant moins justifiée qu’il n’existe pas « de données scientifiques de qualité acceptable concernant un éventuel avantage de performance sportive » chez ces athlètes, rappelait début mars le British Journal of Sports Medicine fustigeant un « anachronisme néfaste », déjà en vigueur dans plusieurs fédérations internationales. Ce qui n’a pas empêché le CIO de se coucher devant la Maison-Blanche.