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L’actualité en bref

Alors que l’île de Lampedusa, porte d’entrée pour nombre de migrants en provenance du continent africain, fait face à un afflux record avec l’accueil de 11 000 personnes en quelques jours, saturant les capacités d’accueil, Marion Maréchal, future tête de liste aux élections européennes du parti d’extrême droite Reconquête d’Éric Zemmour, s’est rendue sur place. Non pour apporter son soutien aux migrants, mais pour dénoncer la « submersion migratoire » qui menacerait « le peuple européen » et affirmer sa solidarité avec son alliée, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, « abandonnée » par l’Union européenne. Une façon de marteler son message nauséabond face à des malheureux qui ont traversé la Méditerranée au péril de leur vie. Du côté du Rassemblement national, et faute de pouvoir envoyer des élus sur place en raison de la rentrée parlementaire du parti d’extrême droite à Avignon, Jordan Bardella a demandé à Macron de s’assurer « qu’aucun des migrants débarqués sur l’île ne puisse rejoindre la France ». Quant au président des Républicains, Éric Ciotti, pour ne pas être en reste, il a réclamé au chef de l’État « d’engager des moyens civils et militaires sans précédents pour protéger nos frontières ». Face à ces charognards il faut se battre pour l’ouverture des frontières et réclamer le libre droit d’installation pour toutes et tous.

Acte 1 – Dans un courrier envoyé par les directions générales des Affaires culturelles (Drac) aux établissements culturels subventionnés par l’État, il leur est explicitement demandé de « suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute coopération avec les pays suivants : Mali, Niger, Burkina Faso… sur instruction du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères » et de mettre un terme immédiatement aux projets de coopération avec les artistes originaires de ces pays d’Afrique qui ont le tort d’avoir mis en place des régimes hostiles à Paris. Ce qui signifie que de nombreux théâtres et festivals vont devoir chambouler leur agenda et leur programmation au plus vite.

Acte 2 – Cette décision provoque un tollé dans les milieux culturels et dans un communiqué le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles réagit avec stupeur face à ce « message au ton comminatoire ». Il demande en outre « la tenue d’une réunion immédiate avec le Secrétariat général du ministère de la Culture pour que les arguments des professionnels soient écoutés et que la solidarité de la France à l’égard des artistes soit affirmée avec force ».

Acte 3 – Rétropédalage de la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, qui affirme avoir été mal comprise (comme d’habitude, pourrait-on dire). La ministre se défend de tout « boycott » à l’égard des artistes originaires du Sahel et affirme que ceux déjà en France pourront continuer de travailler. Une nouvelle directive en ce sens devrait être envoyée aux établissements et associations culturels.

Il n’empêche que dans cette cacophonie gouvernementale, la volonté de faire payer aux artistes africains les déboires de l’impérialisme français au Sahel, une vengeance à la fois odieuse et minable, semble un peu trop évidente.

Les législateurs viennent de proposer une nouvelle loi qui interdirait les vêtements portant « préjudice à l’esprit du peuple chinois » et heurtant « le sentiment national », en se gardant de définir les contours d’une telle mesure. Toute personne prise en flagrant délit d’arborer de tels vêtements pourrait se retrouver derrière les barreaux pour deux semaines ou avoir à payer l’équivalent de plusieurs centaines d’euros d’amende. Le texte est soumis à une consultation publique jusqu’au 30 septembre. De quoi susciter une rare levée de boucliers d’une partie de la population. La mode du hanfu – large robe de soie qui met en avant le costume féminin traditionnel – est soutenue par les autorités mais apparait désuète à une large partie de l’opinion, notamment chez les jeunes. Le texte a « attiré plus de 70 000 commentaires en environ une semaine », souligne le quotidien hongkongais South China Morning Post, la plupart d’entre eux étant négatifs. Il faut dire qu’il y a belle lurette que les Chinois, notamment dans les villes, ont adopté des vêtements occidentaux et que les jeunes se promènent en jeans. Beaucoup craignent à l’avenir que les costumes importés et qu’ils portent au travail ou dans la rue déplaisent à un policier particulièrement zélé. En août 2022, une femme qui se rendait à une soirée costumée s’était fait arrêter pour trouble à l’ordre public parce qu’elle portait un kimono. Certains l’avaient alors accusée de faire l’apologie de l’ancienne puissance colonisatrice japonaise par son choix vestimentaire. Pas moins. Une législation ubuesque en préparation digne du président Xi Jinping.

La première étude exhaustive sur l’étendue des abus sexuels commis au sein de l’Église catholique a permis de trouver plus d’un millier de victimes depuis 1950. Mais ce n’est sans doute que « la pointe de l’iceberg » a expliqué la professeure Marietta Meier, de l’université de Zurich, chargée de cette enquête par les autorités ecclésiastiques. Les résultats montrent que 74 % des victimes étaient des mineurs. En proclamant, d’après l’Évangile selon Luc, « Laissez venir à moi les petits enfants », Jésus n’imaginait sans doute pas les dégâts qu’en s’inspirant de sa formule les bons pères feraient dans la jeunesse, et pas seulement en Suisse.

« Les moyens des services publics augmentent depuis vingt ans moins rapidement que les besoins sociaux », alerte un rapport publié par le collectif « Nos services publics », et rédigé par une centaine d’agents du service public, de chercheurs et de citoyens ordinaires. Il passe en revue la situation dans la santé, la justice, l’éducation et les transports. Et le constat est sans appel : tous ces secteurs sont en crise, crise qui profite avant tout au secteur privé qui ne cesse de se développer au niveau des établissements de santé, des établissements scolaires, des transports collectifs, voire de la sécurité. La logique d’un service public ouvert à tous fait place à une logique du profit qui avantage les plus aisés aux dépens des plus modestes.

Fabien Roussel a été interrogé par Franceinfo sur des propos tenus dans le quotidien L’Humanité dans lesquels le député du Nord appelait la population à se rebeller contre l’inflation via des rassemblements devant les préfectures. Et d’ajouter devant les journalistes : « Partout, il faut aller réveiller les services de l’État, les envahir même si nécessaire, que cela remonte jusqu’à Macron et qu’il entende de ses deux oreilles, pas que de l’oreille droite… On se fait plumer comme de la volaille. Les prix de l’alimentation qui augmentent de 20 %, les prix de l’électricité qui augmentent (30 % en deux ans)… Ça va durer combien de temps ? Et on va se laisser plumer sans rien dire ? » « Pour moi, c’est une question de légitime défense », a-t-il poursuivi, avant d’insister : « On se fait attaquer, racketter, voler et on ne devrait rien dire… » Si le constat est juste, la rhétorique très « lutte de classe » du secrétaire national du PCF serait plus convaincante si, au cours de la dernière période, il ne s’était pas placé systématiquement du côté de l’ordre – que ce soit lors du mouvement des Gilets jaunes en 2018 ou, plus récemment, des révoltes de juillet qui ont suivi la mort de Nahel – tout en courant discuter avec Macron lors de la réunion des partis à Saint-Denis à la fin du mois dernier. Sa nouvelle posture d’insurgé risque bien de ne pas résister au premier mouvement social d’envergure.

Environ 7 000 migrants sont arrivés en 24 heures au centre d’accueil de l’île de Lampedusa en Italie qui ne peut en accueillir que 400. La Croix-Rouge est dépassée. Certains migrants vont donc être transférés en Sicile. L’Italie est l’une des principales portes d’entrée des migrants en Europe qui viennent en bateau depuis l’Afrique du Nord. 124 000 personnes sont arrivées depuis janvier, soit près de deux fois plus que l’année dernière à la même période. Face à cette situation dramatique Gérald Darmanin a décidé de réagir sans délai. En envoyant des équipes de secours de l’autre côté des Alpes ? Vous n’y êtes pas. Il vient d’annoncer l’envoi de renforts à la frontière italienne pour empêcher les migrants de passer. C’est à ce genre de décision abjecte que l’on reconnait un grand humaniste.

Emmanuel Macron ne pouvait pas louper ça : la messe du pape à Marseille et un selfie à la télé avec celui-ci. De quoi vous laver de tous vos péchés. À défaut d’abaya, il y côtoiera une palanquée de soutanes, robes longues, manches longues, noires, violettes ou blanches, selon le grade du porteur dans la hiérarchie ecclésiastique. Qu’en diront Darmanin et Gabriel Attal ? Heureusement, la laïcité a toujours été élastique, Dieu merci.

Mais vraiment, quelle déchéance pour un pape et ses fidèles de faire une telle cérémonie au stade vélodrome de Marseille au lieu de monter à pied, comme il se doit pour qui veut obtenir la grâce du ciel, les escaliers jusqu’à « la Bonne Mère », la basilique qui domine depuis 1864 le Vieux-Port de la ville et fait, parait-il, dans ce cas des miracles.

Mais le monde moderne et son commerce ont des contraintes que le ciel ne connait pas. La messe est gratuite, ça va de soi, mais la réservation à 20 euros, voyez la nuance ! Et avec ses 67 394 places, le stade de l’Olympique de Marseille est plus rentable que la petite esplanade haut perchée de Notre-Dame-de-la-Garde.
Reconnaissons tout de même qu’après les sifflets du Stade de France, Macron a une certaine foi pour oser affronter le stade mythique marseillais, même sous protection papale.

Spriritus Sanctus ora pro Macrono !

Ses vacances bourgeoises à la Trinité-sur-Mer, station balnéaire chic de Bretagne, ne l’ont pas fait démordre de ses obsessions. Pour sa rentrée, Marine Le Pen a récité sa leçon raciste apprise sur le bout des doigts. Alors répétons-le : ce ne sont toujours pas les immigrés qui sont responsables de l’inflation, de la misère galopante qui touche même ceux qui travaillent, de la violence sociale… C’est la société capitaliste, dirigée par les patrons pour le profit et dont Le Pen rêve d’être présidente, qu’il faut mettre en cause. Seul fait notable, elle qui a perdu le permis de conduire s’est fait photographier les mains sur le volant d’une Coccinelle. Comme quoi, à tous les niveaux, c’est un danger public !