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Brèves

L’actualité en bref

C’est presque un cas d’école. TotalEnergies réalise un chiffre d’affaires annuel supérieur à 210 milliards d’euros l’an dernier et, a engrangé un bénéfice supérieur à 13 milliards d’euros. La multinationale pétrolière est largement en tête des entreprises du CAC40. Ce qui ne l’empêche pas d’annoncer qu’elle ne sera pas tenue de payer cette année l’impôt exceptionnel sur les grosses sociétés, au demeurant bien modeste, mis en place par Lecornu dans son budget 2026. En effet, elle encaisse officiellement l’essentiel de ses bénéfices… hors de France. Une magouille comptable parfaitement légale et cautionnée par les pouvoirs publics. Comme disait déjà L’Internationale : « Nul devoir ne s’impose aux riches…»

Lancée par Caroline Yadan, proche de Netanyahou, et relayée par une partie du centre et de la droite, la campagne pour tenter d’évincer Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, se poursuit. Cette fois c’est le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui est entré dans la danse en déclarant qu’elle devait démissionner. Et toute cette bronca est orchestrée à partir d’une phrase – « Israël est l’ennemi commun de l’humanité » – qu’elle n’a en fait jamais prononcée. Un faux monté de toutes pièces par les gouvernants israéliens et relayé complaisamment par leurs relais sionistes dans l’Hexagone, notamment à la Chambre des députés où siège Caroline Yadan. Et Barrot leur emboîte le pas sans état d’âme, avec le soutien de Macron.

Dans cette petite commune de 15 000 habitants de la région parisienne, une liste d’extrême droite (Rassemblement national et Union des droites pour la République), conduite par un dirigeant local du RN, se présente aux prochaines élections municipales. On trouve parmi ses membres un certain Isaac Barbichat, farouche admirateur de Donald Trump. Mais il se trouve qu’il est également l’un des dirigeants du Consistoire israélite de Paris, une des principales organisations juives de l’Hexagone. Que ce monsieur puisse se retrouver sur la même liste que des membres d’un courant politique porté sur les fonts baptismaux par des anciens collabos, partisans du génocide juif commis par les nazis, montre jusqu’à quelle ignominie peut conduire l’hostilité à l’égard des musulmans en général, et des Arabes en particulier, surtout s’ils sont Palestiniens.

Des parlementaires du parti présidentiel Renaissance demandent à Emmanuel Macron d’œuvrer au départ de la juriste italienne Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, et, à ce titre, porte-voix des Palestiniens au sein de l’organisation internationale. Ils affirment, pour appuyer leur demande, que « le 7 février dernier, lors d’un forum organisé par Al-Jazira à Doha […] elle a désigné Israël comme ennemi commun de l’humanité ». Or cette phrase est complètement inventée et ne figurait pas dans son discours qui, par contre, était très critique de la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie. Sans surprise, la première signataire de cette lettre a été Caroline Yadan, représentante des Français de l’étranger, dont la proximité avec Netanyahou n’est plus à démontrer. C’est la même qui est à l’origine d’un projet de loi visant à interdire comme « antisémite » toute critique de l’État sioniste. Une manœuvre de bas étage alimentée par la haine des Palestiniens.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre belge Bart De Wever sont quelques uns des participants à la réunion annuelle des industries européennes de la chimie qui se déroule durant deux jours à Anvers, en Belgique, en présence de 450 dirigeants d’entreprises et cadres supérieurs. Leur but : obtenir plus de subventions et des mesures protectionnistes notamment contre la concurrence chinoise. Autre point abordé : le prétendu excès de réglementation, notamment en matière de protection de l’environnement. Ils risquent d’obtenir satisfaction sur tous ces points. Ainsi, selon l’ONG Corporate Europe Observatory, ce lobby de la chimie a obtenu plus de 200 réunions avec les commissaires européens pour les convaincre d’assouplir les règles d’autorisation des produits dangereux. Et ça a marché. L’Europe n’a décidément rien à refuser rien à ses patrons, surtout aux plus gros d’entre eux.

Au grand dam de certaines ONG, mais au nom d’une « stratégie pour une société décarbonée et souveraine », l’État a annoncé sa décision de prendre une participation, via la Banque des territoires, à hauteur de 30 % (soit 50 millions d’euros), dans le projet d’exploitation minière de lithium conduit par la multinationale française Imerys, spécialiste des minerais qui a réalisé 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et emploie 12 400 personnes dans le monde. L’ouverture de la mine est prévue pour 2030 et devrait alimenter en lithium les batteries d’au moins 700 000 véhicules électriques par an. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a promis « une mine exemplaire, une mine du 21e siècle, répondant aux meilleurs standards environnementaux et sociaux, que nous souhaitons encourager partout dans le monde ». Une affirmation qui laisse sceptiques les défenseurs de la nature qui, à juste raison, pointent les questions non résolues des résidus (deux millions de tonnes par an), du pompage d’un million deux cent mille mètres cubes chaque année, de la protection de deux zones naturelles d’intérêt écologique et d’une zone Natura 2 000. Ils se méfient des promesses du gouvernement en matière de respect de l’environnement qui, en règle générale, ne sont jamais tenues et se résument en de l’écoblanchiment.

La France a atteint un niveau historiquement bas dans l’indice mondial de perception de la corruption publié chaque année par l’ONG Transparency International. Un score qui s’explique notamment par des scandales impliquant l’ex-président Nicolas Sarkozy, la candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen, ainsi que l’implication du gouvernement dans une fraude à la consommation commise par le géant agroalimentaire Nestlé, permettant à l’entreprise d’utiliser des traitements interdits pour produire des eaux minérales naturelles. On pourrait ajouter à la liste les différentes affaires pénales dans lesquelles patauge la ministre de la Culture, Rachida Dati. Cet indice de perception classe 182 pays en fonction de leur niveau de corruption perçu dans le secteur public, sur la base de données provenant d’institutions telles que la Banque mondiale et le Forum économique mondial. La France est désormais reléguée à la 27e place, son pire résultat depuis la création de l’indice en 1995 et la mise en œuvre de sa méthodologie actuelle en 2012. La « république exemplaire » promise par Macron n’est pas encore pour demain… ni après-demain d’ailleurs.

Soumis depuis des jours à des pluies torrentielles, les habitants et les ostréiculteurs du bassin d’Arcachon alertent sur de nouveaux débordements d’eaux usées, comme à l’hiver 2023 quand la vente d’huîtres avait été interdite durant un mois après une épidémie de gastroentérite aiguë qui avait frappé les consommateurs durant les fêtes de fin d’année. En cause : le réseau des eaux usées déborde provoquant leur déversement dans la nature. Le système d’assainissement du bassin avait été conçu à l’origine sur un modèle dit « séparatif » : en principe, eaux pluviales et eaux usées ne se mélangent pas. Mais la région est passée de 80 000 à 160 000 habitants entre 1980 et 2020 et les réseaux d’assainissement n’ont pas suivi, entraînant une mini-catastrophe écologique qui ne doit rien à la fatalité mais tout à l’incurie des bétonneurs et à l’inaction des pouvoirs publics.

Le procès de Meta et Google s’est ouvert devant un tribunal civil de Los Angeles (Californie) à l’initiative d’une plaignante, qui leur a reproché d’avoir « fabriqué l’addiction dans des cerveaux d’enfants », devenus accros à leurs plateformes. Le mécanisme observé sur Instagram (Meta) et YouTube (Google) ne s’est pas produit « par accident mais à dessein », a martelé son avocat Mark Lanier dans son propos introductif, « parce que l’addiction est rentable ». Plusieurs documents internes de Google et de Meta avaient été présentés lors de la première audience, l’un d’entre eux mentionnant comme objectif affiché « l’addiction des internautes ». C’est une version moderne de ce qu’affirmait en 2004 Patrick Le Lay, alors PDG du groupe TF1, qui se vantait de vendre aux annonceurs « le temps de cerveau humain disponible ». Une politique que les géants du net appliquent aussi aux enfants et adolescents avec parfois des conséquences dramatiques. À noter que dans l’État américain du Nouveau-Mexique, un procès distinct accusant Meta de privilégier le profit à la protection des mineurs contre les prédateurs sexuels doit également débuter cette semaine et qu’un autre est en cours d’instruction devant une juge fédérale d’Oakland, près de San Francisco.