Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Depuis l’ouverture des JO de Milan-Cortina, on ne compte plus les athlètes de la délégation américaine qui ont tiré à boulets rouges sur la politique de Trump, sans jamais le nommer, lorsqu’ils étaient interrogés par la presse sur la situation aux États-Unis. On peut citer, pêle-mêle, les skieurs acrobatiques Hunter Hess et Chris Lillis, les patineuses Amber Glenn et Alysa Liu, la superstar du snowboard Chloe Kim, la spécialiste du ski de fond Jessie Diggins, la hockeyeuse Kelly Pannek, etc. Autre exemple : la fédération des sports de glace a dû renommer la structure où étaient hébergés ses athlètes. Elle s’appelait à l’origine Ice House (maison de glace) mais rappelait un peu trop l’ICE, la sinistre police trumpiste anti-immigration. Elle a donc fait changer son nom en Winter House (maison d’hiver). Tout un symbole…

Emmanuel Macron s’était engagé à ramener le taux de chômage à 5 % à la fin de son second quinquennat. On n’en prend pas le chemin. À un an de cette échéance, selon les derniers chiffres de l’Insee, le chômage a de nouveau augmenté au quatrième semestre 2025 pour atteindre 7,9 %, une hausse de 0,6 point sur un an. Il touche 2,5 millions de personnes, soit +56 000 sur un trimestre. Celui des 15-24 ans augmente nettement, de 2,4 points sur un trimestre et de 2,8 points sur un an, pour atteindre 21,5 %. Si l’on considère les 15-29 ans, la hausse est de 0,5 point sur le trimestre et 1,7 point sur un an. Et ce n’est pas fini. La CGT a en effet dénombré 463 plans sociaux mettant en jeu 300 000 emplois. Ce sont des dizaines de milliers de salariés qui risquent rejoindre à leur tour les rangs des demandeurs d’emploi. Face à cela il faut organiser une riposte d’ensemble concernant en premier lieu les salariés touchés par les licenciements.

Karine Le Marchand, qui anime sur M6 l’émission L’Amour est dans le pré, vient d’être épinglée pour avoir tenu des propos racistes sur CNews. Alors qu’elle était interrogée par Pascal Praud (grand spécialiste des saillies racistes, sexistes et anti-migrants) sur un documentaire qu’elle a produit intitulé Les Nouveaux Français, 100 ans d’immigration, elle a déclaré qu’en arrivant à Paris en 1966 « j’ai vu le RER arriver, j’ai vu tous ces Noirs, et tous ces musulmans, enfin ces Arabes, qui sortaient, enfin des gens qui avaient des têtes que je n’avais pas l’habitude de voir… ». Ces propos ont fait l’objet de plusieurs signalements à l’Arcom, l’autorité de l’audiovisuel. Karine Le Marchand est la preuve vivante que l’on peut être soi-même métisse (elle est née d’un père originaire du Burundi et d’une mère lorraine) sans pour autant être vaccinée contre le racisme.

Nouveau déboire du Rassemblement national avec une de ses têtes de liste. Dans la cité belfortaine il a été obligé d’enlever l’investiture à son candidat, Quentin Macullo, 23 ans. Une information donnée par la radio locale Ici Belfort-Montbéliard. En cause, des tweets racistes et antisémites de l’intéressé notamment un datant de 2022 dans lequel il écrivait : « 72 % de prénoms à consonances étrangères au dernier recensement des naissances à Belfort », soit 18 des 25 nouveau-nés mentionnés au bulletin municipal du mois de juin de cette année-là. « Je n’ai même pas comptabilisé Élie et Samuel d’origine hébraïque », insistait-il. En fait ce n’est pas le premier couac de ce genre qui affecte le parti d’extrême droite à la peine pour trouver des candidats présentables chargés de faire oublier ses inclinaisons racistes.

Neuf CRS comparaissent devant la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris après une intervention violente le 1er décembre 2018. Ils avaient alors sauvagement matraqué des Gilets jaunes qui s’étaient réfugiés pour échapper aux gaz lacrymogènes dans un fast-food Burger King de l’avenue de Wagram. La scène avait été filmée et l’on voyait clairement que les manifestants n’avaient commis aucune violence ou dégradation dans les locaux, certains levant même immédiatement les mains à l’entrée des forces de l’ordre. Malgré cela, les CRS les avaient frappés sans sommation. Ils sont donc poursuivis pour « violences volontaires aggravées ». Il faut remarquer que les prévenus n’ont jamais été désavoués par leur hiérarchie et que, une fois encore, la justice ne s’est pas pressée pour les juger, les traduisant devant un tribunal sept ans après les faits. Par comparaison de nombreux Gilets jaunes interpellés ce jour-là furent jugés, eux, en comparution immédiate en moins de 48 heures. Comme le disait fort bien La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), jugée pour « homicide involontaire » après la mort de Micheline Myrtil, 55 ans, aux urgences de l’hôpital Lariboisière, dans le 10e arrondissement, en 2018, tout en reconnaissant une « faute de négligence » de l’institution. La malheureuse avait été admise après une infection invasive à méningocoques. Placée dans une salle d’attente, où des brancards étaient disposés sur trois rangées, elle n’avait bénéficié qu’aucune surveillance. Ensuite elle avait été considérée comme ayant quitté l’établissement du fait d’une erreur d’identité. Et ces manquements successifs avaient abouti à son décès. Le parquet avait demandé la relaxe estimant qu’il n’existait pas de lien de causalité certain entre les défaillances du service et le décès. Il n’empêche que ce genre de défaillances se multiplient dans des établissements hospitaliers en surcharge avec un personnel constamment au bord de l’épuisement. Et depuis 2018 la situation ne s’est pas améliorée, loin de là…

Dans un entretien accordé aux quotidiens de la presse régionale, Sébastien Lecornu a annoncé avoir signé deux décrets pour réformer l’aide médicale d’État (AME), qui permet la prise en charge de soins destinés aux migrants sans papiers et à faibles revenus. Il s’agit officiellement de « renforcer la lutte contre la fraude » et de durcir les conditions pour en bénéficier. Mais la fraude a bon dos. Dans les faits cela revient à désigner les migrants et leurs familles comme des fraudeurs potentiels et s’inscrit dans la droite ligne des campagnes anti-migrants menées par ses prédécesseurs.

La direction de Monoprix a convoqué une réunion exceptionnelle du Comité social et économique de l’entreprise ce mardi 10 février en vue d’annoncer aux élus du personnel son intention de fermer ou de céder plus magasins dans l’Hexagone. Les syndicats dénoncent une politique guidée par la volonté de sabrer, de façon détournée, dans les effectifs. Au cours des quatre dernières années près de 2 500 postes de travail ont déjà été supprimés. « C’est une réorganisation d’une extrême brutalité, une fois encore au détriment des travailleurs » a réagi la CGT commerce. Et la seule issue pour les employés est de se battre contre les licenciements.

C’est Mediapart qui nous l’apprend. La Compagnie fruitière utilise dans ses bananeraies africaines, notamment en Côte d’Ivoire, des pesticides déversés par épandage aérien dont les résidus sont dangereux pour la santé humaine et interdits en Europe. Exemple de la Françafrique, cette société est le premier producteur de fruits de la zone Afrique‑Caraïbes‑Pacifique et traite environ 540 000  tonnes de bananes chaque année, dont 66 % proviennent de ses propres plantations. Elle emploie plus de 20 000 salariés. Depuis 2009, au Cameroun cette fois, la société et sa filiale locale ont fait l’objet de multiples accusations d’épandage de pesticides sans considération pour la santé des travailleurs et des riverains, de salaires de misère et d’expropriations abusives de terres. Mais elle continue comme si de rien était. À signaler l’hypocrisie de l’Union européenne qui interdit chez elle certains de ces pesticides mais autorise leur exportation vers l’Afrique.