Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le cirque trumpiste continue. Il touche cette fois le « Conseil de la paix », proposé et présidé par Donald Trump, initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza. Le président américain, toujours vexé de ne pas avoir obtenu le prix Nobel de la paix, vient de décider d’élargir les prérogatives dudit Conseil… au monde entier. Il a donc invité plusieurs chefs d’États – dont Poutine et Macron (qui a refusé) – à avoir un siège permanent dans cet organisme… à la condition de payer un droit d’entrée d’un milliard de dollars (861 millions d’euros). Il ne perd pas le sens des affaires. Il ne cache pas non plus qu’il souhaite voir ce conseil concurrencer l’ONU. En outre il sera le seul habilité à « inviter » d’autres chefs d’État et de gouvernement à l’intégrer, pourra révoquer leur participation à tout moment et aura un droit de regard sur tous les votes. La rapacité de l’impérialisme américain boostée par la mégalomanie du locataire de la Maison-Blanche.

Le Code du travail ne prévoit le travail salarié le 1er mai que dans des secteurs qui ne peuvent pas s’arrêter (hôpitaux, transports publics, électricité…). Les seuls, en dehors de ces secteurs, autorisés à travailler ce jour-là sont les petits commerçants, à condition qu’ils ne fassent pas travailler de salariés. Cette disposition du Code du travail gêne les entreprises capitalistes du commerce de proximité (InterFlora, Marie Blachère, Grand frais, etc.) qui salivent à la pensée de tous ces consommateurs potentiels en congé ce jour qu’ils pourraient capter. Toujours au service des patrons, le gouvernement a donc proposé une nouvelle loi, déjà adoptée au Sénat, autorisant le travail salarié dans ces secteurs. Elle doit passer à l’Assemblée nationale le 22 janvier. Un nouveau mauvais coup contre les travailleurs.

En Iran, le régime a commis un massacre de grande ampleur afin de noyer dans le sang les immenses manifestations contre la vie chère et la dictature islamique. Des bilans provisoires font état de plus de 10 000 tués, d’au moins 19 000 arrestations, de dizaines de milliers de blessés. Les tribunaux préparent des simulacres de procès avec des centaines de condamnations à mort possibles. Trump, après avoir menacé le régime des mollahs d’intervention militaire, s’est ravisé – peut-être temporairement –, assurant que « les tueries ont pris fin ». Pour les puissances impérialistes, la stabilité importe plus que la vie des gens. Une révolution victorieuse serait, de leur point de vue, un bien mauvais exemple pour les peuples de la région qui pourraient suivre la voie ouverte par les Iraniens. Sous les balles des mollahs ou sous les bombes américaines, il faut que l’ordre règne. Non à l’intervention impérialiste américaine ! À bas le régime des mollahs !

Le 9 janvier, une femme de 80 ans est décédée aux urgences de l’hôpital après avoir attendu sept heures sur un brancard sans recevoir de soins. À ce moment-là, le personnel était débordé et le service saturé bien que l’établissement ait décrété le plan blanc (dispositif de gestion de crise censé répondre à un afflux de patients) depuis le 5 janvier. Le chef de service, le docteur Antoine Pellerin, a estimé que la mort était due à la surcharge de travail et à l’impossibilité de surveiller correctement la patiente sur le brancard. Encore un exemple tragique de la situation de décrépitude de l’hospitalisation publique.

Donald Trump a dévoilé la liste des sept premiers membres du Conseil de la paix qu’il présidera. Avec son emphase et son ridicule habituels il l’a qualifié de « plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé ». Question de point vue. Car, outre lui-même, ce nouvel organisme compte dans ses rangs ses conseillers Mario Rubio et Steve Witkoff, son propre genre, Jared Kushner, surtout connu pour utiliser la politique de son beau-père pour faire des affaires, l’ancien Premier ministre travailliste britannique Tony Blair, reconverti depuis longtemps dans le business, Marc Rowan, un milliardaire patron du fonds d’investissement Apollo Global Management et Ajay Banga, le président de la Banque mondiale. Ils seront peut-être rejoints par les deux présidents-dictateurs turc et égyptien, Erdoğan et Sissi, et par le président argentin d’extrême droite Milei. Une des plus belles brochettes de crapules rassemblée depuis longtemps et qui se soucient des intérêts des Gazaouis comme d’une guigne.

Le Premier ministre vient de présenter la énième mouture de son projet de budget pour cette année. Avec toujours les mêmes ficelles : quelques concessions « sociales » pour amadouer sur sa gauche le Parti socialiste (augmentation de la prime d’activité, repas à un euro dans les restos U…) et quelques autres « sécuritaires » (plus de crédits pour la police et la justice) sur sa droite pour faire les yeux doux à Laurent Wauquiez et aux Républicains. Mais une constante dans tous ces textes : pas question de taxer sérieusement les super-riches ni de réduire les aides, exonérations de charges de toutes sortes et crédits d’impôt dont bénéficient les entreprises. Et de cela Olivier Faure et ses amis s’en accommodent fort bien…

Un ex-CRS a été condamné a sept ans de prison ferme avec mandat de dépôt immédiat pour homicide volontaire ayant entrainé la mort sans l’intention de la donner. Il avait abattu en 2018 d’une balle dans le cou un jeune homme de 22 ans, Aboubacar Fofana, lors d’un contrôle. Les juges – fait assez rare dans ce genre d’affaires – ont été beaucoup plus loin que le ministère public, représentant l’État, l’avocat général ayant demandé quatre ans de prison dont deux avec sursis, ce qui aurait permis au prévenu de purger sa peine à domicile sous bracelet électronique sans passer par la case prison. La cour criminelle avait rejeté la thèse du « tir accidentel » soutenue par le policier… qui a fait appel, son avocat ayant estimé la sentence « inhumaine ». Plus clémente cependant que celle qu’il a infligée à Fofana.

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) est violemment opposée à l’accord du Mercosur qui vient d’être signé entre l’Union européenne et quatre pays latino-américains. Pour montrer son mécontentement, elle a fait descendre à plusieurs reprises ses tracteurs dans la rue pour bloquer notamment les grands axes routiers. Ça, c’est coté pile. Mais coté face, nous apprend Le Canard enchaîné, un certain nombre de grands groupes coopératifs qui lui sont affiliés, ont massivement investi dans l’alimentation pour bétail, notamment en Uruguay et au Mexique. Le Mercosur va booster leurs affaires. Ça s’appelle ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier…

Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée le 16 janvier les représentants des forces politiques de Nouvelle-Calédonie, sauf le Front de libération national kanak et socialiste (FLNKS) qui a décliné. Et pour cause. La réunion de l’Élysée n’avait qu’un seul objectif : tenter de faire revivre l’accord moribond de Bougival, signé le 2 juillet dernier, et qui prévoit l’octroi d’une certaine autonomie à l’archipel tout en le maintenant au sein de l’État français. Un accord auquel est totalement opposé le FLNKS dans la mesure où il ne reconnait pas le droit du peuple kanak à disposer de lui-même et à la Kanaky d’accéder à une indépendance pleine et entière. Tout le reste n’est que bavardage destiné à maintenir l’emprise du colonialisme français sur une de ses dernières possessions.