Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Les ministres de l’Environnement du G20 ont échoué à trouver un accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour faire face au changement climatique. La semaine dernière déjà, un premier échec avait été enregistré sur les énergies fossiles. Les membres du G20 représentent à eux seuls plus de 80 % des émissions de CO2 sur la planète. La Chine, l’Arabie saoudite et la Russie défendent mordicus les productions pétrolières et gazières et les nations occidentales ne sont pas prêtes à mettre la main au portefeuille pour aider les pays les plus pauvres à surmonter les aléas climatiques. Dans ces conditions, l’objectif de plafonner les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025 devient une plaisanterie. Mais les mêmes se reverront à New Delhi en septembre. La planète va droit dans le mur et les pays capitalistes continuent de blablater sans rien faire. Il est grand temps de changer de monde et de les renverser.

La Coupe du monde féminine de football, qui se déroule actuellement en Nouvelle-Zélande et en Australie, est censée mettre les femmes au centre du jeu. Elles le sont sur le terrain… mais pas aux commandes. Parmi les 32 sélectionneurs ou entraineurs présents, 20 sont des hommes et 12 des femmes. La proportion est peu près la même qu’il y a quatre ans en France où sur 24 équipes, seules 8 n’étaient pas dirigées par des hommes. Le poste de coach est majoritairement occupé par des hommes lorsqu’il s’agit d’équipes féminines. C’est notamment le cas de l’équipe de France dirigée par Hervé Renard. Les footballeuses interrogées, les premières concernées, estiment que la raison tient en un mot : le machisme qui perdure dans les vestiaires, les stades et les institutions qui régissent le monde du foot.

Dans les territoires d’Outre-mer, la situation des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles est particulièrement préoccupante, selon un rapport de l’association En avant tout(e)s. Les raisons de cette surreprésentation des violences sont multiples : précarité économique, isolement géographique, ou encore poids culturel et familial. Les femmes ultramarines sont beaucoup plus susceptibles d’être victimes de violences conjugales que les femmes de France métropolitaine. Par exemple, en Martinique et en Guadeloupe, une femme sur cinq subit des violences conjugales contre une sur dix dans l’Hexagone, selon une étude de l’Institut national d’études démographiques. Aurélie Garnier-Brun, directrice du développement et du mécénat d’En avant tout(e)s explique que « l’insularité peut créer un fort sentiment d’interconnaissance pour les victimes, et donc la sensation d’être surveillée par la communauté, qui va les freiner à prendre la parole. C’est la loi du silence qui domine ». Mais heureusement, à Mayotte comme aux Antilles, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie ou Saint-Pierre-et-Miquelon, des associations pour le respect des droits des femmes se battent pour briser cette omerta.

Le groupe Casino a annoncé avoir signé un accord de principe avec ses principaux créanciers et le consortium de rachat mené par le duo de milliardaires Daniel Kretinsly et Marc Ladreit de Lacharrière. Le groupe de la grande distribution, criblé de dettes, reste sous la menace d’un démantèlement progressif. Quant aux 50 000 salariés qui travaillent dans l’Hexagone, ils n’ont reçu aucune garantie quant au maintien de l’emploi et ne savent toujours pas à quelle sauce ils seront mangés. Mais ils sont, en général, les premières victimes des repreneurs aux dents longues et des fonds d’investissements prédateurs.

L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique a infligé une nouvelle sanction de 500 000 euros à l’encontre de la chaîne de télévision C8. En cause une séquence de l’émission Touche pas à mon poste, de Cyril Hanouna, durant laquelle un invité avait notamment évoqué la consommation par des personnalités d’une prétendue drogue, l’adrénochrome, produite à base de sang d’enfants kidnappés et sacrifiés. Il s’agit d’un bobard qui fait depuis des années les choux gras des théories complotistes qu’Hanouna a repris à son compte sans filtre. Le propriétaire de C8, le milliardaire Vincent Bolloré, paiera donc l’amende (il en a largement les moyens) et Hanouna continuera sans problème d’animer son émission poubelle. C’est ce qu’on appelle la liberté de la presse en régime capitaliste.

La Cour de cassation a confirmé que le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, serait prochainement jugé par la Cour de justice de la République pour prise illégale d’intérêts. On le soupçonne d’avoir utilisé sa fonction ministérielle pour régler des comptes personnels avec certains magistrats avec lesquels il avait eu maille à partir à l’époque où il était avocat. Il avait formé pas moins de sept pourvois contre la procédure et un huitième contre l’arrêt d’octobre ayant prononcé son renvoi en procès. Sans succès. Et même si Élisabeth Borne lui a renouvelé « toute sa confiance », il n’empêche que « la République exemplaire » voulue par Macron a du plomb dans l’aile.

Après avoir reçu leurs organisations syndicales le ministre de l’Intérieur a dit comprendre « cette émotion, cette colère, cette tristesse » des policiers. Mais également interrogé sur le sort de Hedi, 22 ans, défiguré par un tir de lanceur de balles de défense, passé à tabac et laissé dans le coma par des policiers marseillais, le ministre de l’Intérieur a préféré botter en touche en affirmant : « Je ne commente pas les affaires judiciaires en cours »… sauf celles qui concernent les policiers mis en examen pour leur comportement violent, voire criminel.

Alors même que le gouvernement a réduit les aides à l’hébergement d’urgence, le Conseil constitutionnel a validé la loi Kasbarian-Bergé qui accroît les sanctions contre les locataires précaires et les squatters. Elle prévoit entre autres un mécanisme d’expulsion sous 48 heures, sans contrôle d’un juge, des locataires non titulaires d’un bail en cours de validité et va donc mettre en danger les locataires les plus fragiles et criminaliser tous ceux qui chercheront, faute de places d’hébergement disponibles, à se mettre à l’abri. Une régression du droit des locataires et des mal logés et leur criminalisation, c’est-à-dire une nouvelle loi anti-pauvres. Plus que jamais il faut défendre la revendication « Un toit est un droit ».

C’est l’association de défense des consommateurs « Familles rurales » qui l’affirme. Après avoir déjà augmenté de 11 % entre 2021 et 2022, les prix des fruits et légumes ont connu une hausse record de 16 % entre juin 2022 et juin 2023. Quelques exemples : le prix des bananes a fait un bond de 30 % en un an, celui des fraises de 22 % et celui des carottes bio de 35 %. Pour manger cinq fruits et légumes par jour et par personne, afin de respecter les préconisations officielles du plan national nutrition santé, une famille de deux adultes et de deux enfants « a dû dépenser entre 134 et 241 euros » mensuels, c’est-à-dire « entre 10 % et 18 % d’un smic net mensuel ». En dix ans, l’envolée du prix des fruits et légumes est spectaculaire, note Familles rurales en s’appuyant sur les chiffres de l’Insee : le prix des fruits s’est apprécié sur la période de 43 % et celui des légumes de 73 % (contre 28 % pour l’indice général des prix de l’alimentation et 17 % pour celui des prix à la consommation). Conséquence : les familles populaires se serrent toujours plus la ceinture.