Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Issue des privatisations sous Thatcher, Thames Water traite l’eau de Londres et alentours. Elle est responsable de nombreuses pollutions et a longtemps laissé fuiter un tiers de l’eau traitée, en se contentant d’exploiter l’infrastructure vieillissante pour verser le reste en dividendes… quitte à emprunter pour en verser plus !

L’investissement fourni est évalué à un dixième du nécessaire. L’entreprise est maintenant au bord de la faillite, avec 10 milliards de livres de dettes, tandis que pour les consommateurs, la facture pourrait grimper de 40 %.

Un communiqué paru vendredi dernier dénonce le racisme systémique de la police en France, ainsi que « l’usage excessif de la force » contre les minorités, notamment africaines et arabes.
Sont pointés du doigt « les contrôles d’identité excessifs », les « interpellations discriminatoires » et « l’utilisation d’un langage raciste », et « qui se traduit fréquemment par des meurtres récurrents, de façon disproportionnée, dans une quasi-impunité ».

Cela fait suite à d’autres communiqués parus en novembre 2022, ou bien pendant la mobilisation des gilets jaunes et les manifestations de 2019.

35 % dit un sondage, 40 % un autre, en tous les cas davantage de Français qu’en 2022 ont d’ores et déjà renoncé à partir en vacances cet été. Pour beaucoup, impossible de mettre de côté pendant l’année pour les vacances, d’autant que l’essence reste chère et le prix des locations explose.

La France a beau rester parmi les destinations touristiques les plus visitées au monde, elle interdit l’accès de ses plages et de ses montagnes à un nombre croissant de travailleurs. Même ce bol d’air, qui permet de supporter l’exploitation et les soucis du quotidien le reste de l’année, devient un privilège.

Le taux de mortalité infantile ne recule plus depuis 2005, selon une étude de l’INSEE publiée le mois dernier. La France est désormais au 20e rang des pays européens : pour 1 000 naissances vivantes, 3,7 enfants décèdent avant leur premier anniversaire, contre 3,3 en moyenne en Europe.

Les raisons sont multiples, mais on relève entre autres l’augmentation de la précarité sociale des femmes qui accouchent. En particulier, la proportion de femmes sans-abris s’accroît, particulièrement en Île-de-France.

Interrogé sur les émeutes récentes, l’ex-patron du Medef « dérape » à la radio : «  Il y a une économie parallèle en banlieue, il faut dire ce qui est, le premier employeur de la Seine-Saint-Denis, c’est probablement le trafic de drogues. »

Un discours méprisant pour rendre les pauvres responsables des bas salaires et du chômage, imposé par ses amis patrons. Rappelons que le premier employeur du 93 est public, avec notamment l’aéroport de Roissy. Jusqu’en 2013, le premier employeur privé était l’usine PSA d’Aulnay, fermée pour enrichir les actionnaires du groupe… que soutient le Medef.

La justice carbure à plein régime ces derniers temps : près de 4000 gardes à vue, et les comparutions immédiates s’enchaînent qui condamnent sans sourciller les jeunes prévenus à de très nombreuses et très lourdes peines de prison ferme. Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti a requis une réponse judiciaire « rapide, ferme et systématique ». Il est entendu par une justice aux ordres. Mais la répression, tant de la part de la police que de la justice, ne pourra pas faire taire la colère et la révolte des classes populaires et de sa jeunesse.

Dans un avis remis le 6 juillet, l’Autorité européenne des aliments n’a pas identifié de niveau de risque lié au glyphosate qui justifierait son interdiction dans l’Union européenne. Son autorisation sera donc vraisemblablement renouvelée pour les cinq prochaines années. L’Organisation mondiale de la santé a reconnu cet herbicide « probablement cancérigène » depuis 2015, Macron avait même promis son interdiction d’ici la fin de 2020. Qu’importe, son fabricant, Bayer, réalise des bénéfices colossaux en le produisant, la santé des agriculteurs et des consommateurs passe loin derrière.

Pour les vitrines brisées, les blue-jeans fauchés lors du coup de colère des jeunes, les assureurs se défilent : au commerçant de prouver qu’il a payé son assurance au tarif le plus haut de gamme. Et encore peut-on classer cette explosion de colère à la suite de l’assassinat du jeune Nahel au chapitre des « catastrophes naturelles » ? Même si elle est plus que naturelle.

Le gouvernement propose d’y suppléer, sans qu’il lui en coûte un radis si possible. Et Bruno Le Maire a déjà fait une promesse : « La possibilité d’un étalement des charges sociales et fiscales pour les commerces dégradés, pouvant aller jusqu’à une annulation “au cas par cas”. » Le tour est joué : on pique dans nos caisses pour contenter les commerçants lésés (de bons électeurs potentiels). Et on nous dira qu’il n’y a plus assez pour payer les retraites, ou qu’on se soigne trop.

Le 4 juillet 2023 aura été le jour le plus chaud jamais enregistré sur terre. Il bat le record… de la veille, le 3 juillet ! Partout dans le monde, des températures jamais vues pour la période se sont multipliées. Au Mexique par exemple, la chaleur a été meurtrière. Un total de 104 personnes a perdu la vie dans le nord du pays et à Mexico, en moins de deux semaines, la plupart victimes de coups de chaleur et de déshydratation. Cela fait des dizaines d’années que les scientifiques du Giec prédisent une aggravation catastrophique des températures rendant la vie difficile, et à terme impossible, pour des millions de personnes dans le monde. Mais en attendant, la production d’hydrocarbures, qui sont parmi les principaux responsables du dérèglement climatique, ne s’est jamais aussi bien portée. Dans la société capitaliste, les bénéfices des Exxon et autres Total passent avant la vie sur terre.