Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Mercredi 14 juin, à quatre heures du matin, Alhoussein Camara, 19 ans, se rendait comme tous les jours à son travail dans un entrepôt logistique d’Intermarché à Angoulême. Il n’est jamais arrivé, tué sur le chemin d’une balle au thorax. Les policiers mettent en avant un « refus d’obtempérer ». Pour la seule année 2022, treize personnes ont été abattues par la police mettant ce motif en avant, qui, visiblement, tient lieu pour certains flics de permis de tuer.

Le magazine Challenges vient de publier son dernier classement des grandes fortunes de France. Le montant cumulé des 500 plus grandes fortunes professionnelles atteint le chiffre stratosphérique de 1 170 milliards d’euros. Du jamais vu. Les 500 plus gros profiteurs voient ainsi leur magot progresser de 168 milliards, soit plus de 16 %. Titres de gloire dans le monde des capitalistes, l’homme et la femme les plus riches du monde, respectivement Bernard Arnault (LVMH) et Françoise Bettencourt Meyers (L’Oréal), sont français. De notre côté, les salaires ne suivent pas l’inflation, on nous condamne à travailler deux ans de plus pour toucher la retraite, politiciens et médias ne reculent devant aucune bassesse pour trainer dans la boue les jeunes qui ne se résignent pas à la violence policière.

Et il n’y aurait pas de raisons de se révolter ?

Comme chaque quatre du mois, une vingtaine de proches de victimes des explosions du 4 août 2020 au port de Beyrouth se sont rassemblés devant la statue de l’Émigré, pour commémorer ce drame qui a fait plus de 220 morts et 6 500 blessés. Depuis, l’enquête est au point mort et se perd dans les méandres judiciaires que la classe politique met en avant pour s’exonérer de toute responsabilité.

Le ministre de l’Intérieur du gouvernement de Riyad a annoncé l’exécution par décapitation de trois Saoudiens et d’un Égyptien. Ils étaient accusés d’avoir voulu mener une attaque contre un lieu de prière. Comme le procès n’était pas public, il est impossible de savoir ce qu’on reprochait vraiment aux suppliciés. Mais le prince hériter Mohamed ben Salmane ne s’arrête pas à de tels détails pour envoyer les gens à la mort.

Le gouvernement taliban a annoncé avoir ordonné la fermeture des salons de beauté et de coiffure, une nouvelle mesure visant à tenir les femmes toujours plus à l’écart de la vie publique. Cette décision va provoquer la disparition de milliers de commerces tenus par des femmes, dont la famille n’a souvent pas d’autre source de revenus, et d’un des derniers espaces de liberté et de socialisation pour les Afghanes. « Je pense que ce serait mieux si les femmes n’existaient pas du tout dans cette société » a relevé ironiquement la gérante d’un salon de Kaboul ayant requis l’anonymat. Depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont exclu les femmes de la plupart des établissements d’enseignement secondaire, des universités et des administrations publiques. Ils leur ont aussi très largement interdit de travailler avec l’ONU et les ONG internationales. Les femmes n’ont pas non plus le droit d’entrer dans les parcs, jardins, salles de sport et bains publics, ni de voyager sans être accompagnées d’un parent masculin et doivent se couvrir intégralement lorsqu’elles sortent de chez elles. Mohammad Sadeq Akif Muhajir, le porte-parole du ministère de la Prévention du vice et de la Promotion de la vertu, a confirmé la fermeture des salons de beauté, évoquée depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. Il n’a pas justifié cette nouvelle escalade dans l’oppression des femmes.

Journalistes et opposition tirent la sonnette d’alarme. Les menaces sur la liberté d’expression et de la presse se font de plus en plus en lourdes. Le mois de juin a été tumultueux pour les journalistes et opposants politiques. Plusieurs ont été convoqués par la justice et la police pour des propos tenus sur leurs antennes ou leurs journaux respectifs, des propos à teneur politique ou des questions sur les forces de sécurité. Plus d’une vingtaine d’opposants et de personnalités politiques sont également toujours en prison dans le cadre d’une affaire de « complot contre la sûreté de l’État » sur laquelle la justice communique peu. Et pour cause. Les dossiers sont vides mais tout est bon pour faire taire les opposants !

Leurs intentions étaient connues, mais ils sont désormais officiellement candidats et seuls en piste : le duo de milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière d’une part, le trio Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari d’autre part, sont candidats à la reprise du distributeur Casino, en grande difficulté financière. Et si chacun annonce fièrement les milliards d’euros qu’ils sont prêts à investir, cela va passer surtout par une cure d’amaigrissement, c’est-à-dire probablement des licenciements, pour les 200 000 salariés du groupe, dont un quart en France.

L’armée israélienne a mené une « vaste opération antiterroriste » dans la ville et région de Jénine, en Cisjordanie occupée. Selon un nouveau bilan communiqué par le ministère palestinien de la Santé, onze Palestiniens ont été tués et 27 autres blessés – dont sept grièvement – lors de ces combats. Les forces israéliennes ont fait intervenir l’aviation dans le camp de réfugiés. Les violences se sont multipliées ces derniers mois et, depuis le début de l’année, au moins 183 Palestiniens ont été tués par les troupes israéliennes, selon un décompte de l’AFP établi à partir de sources officielles.

Six adolescents et un adulte ont été arrêtés à la suite de dégradations de magasins à Lausanne. Il y a eu des jets de pierres et des bris de vitrines. Plus d’une centaine de jeunes se sont rassemblés au centre de la ville et ont causé des dégradations. La police met ça sur le compte du « mimétisme ».