Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Les défenseurs des libertés s’inquiètent d’une légalisation de la pratique visant à activer à distance des téléphones dans certaines enquêtes policières. L’article 3 de la réforme voulue par le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, prévoit l’activation à distance des téléphones portables, ordinateurs et autres objets connectés ou captures images, du son ou collecter des données de géolocalisation. Elle est actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. On nous promet que cela ne sera autorisé que dans des enquêtes restreintes, mais il y a gros à parier qu’une fois la réforme en place les poulets s’en donneront à cœur joie.

Une cagnotte en ligne, lancée par l’extrême droite en faveur du policier qui a ouvert le feu et tué le jeune Nahel à Nanterre, a atteint 1 256 million d’euros en trois jours. Auxquels s’ajoutent 4 000 dons et 65 000 euros récoltés par des policiers de l’amicale motocycliste dont le flic en question fait partie.

Hugues Moutouh, préfet de l’Hérault, a affirmé dans une interview à France Bleu Hérault que la « méthode » lorsqu’on attrape son enfant qui participe aux émeutes était « deux claques et au lit ! » Selon lui cela devrait faire cesser les émeutes. Une déclaration qui a fait réagir les oppositions qui rappellent que l’autorité parentale s’exerce « sans violences physiques ou psychologiques » selon la loi. Mais de cela Moutouh n’a cure. On attend maintenant qu’il nous explique sa recette miracle pour désarmer les flics qui tirent sur les jeunes.

Au mois de juin, Amara Dioumassy, maçon du chantier du bassin d’Austerlitz, est mort après avoir été percuté par un véhicule. Salarié d’un sous-traitant, il était obligé comme bien d’autres de travailler dans des conditions dangereuses, sur un chantier où les camions n’ont ni signal sonore d’alerte, ni caméra de recul. En France, le nombre de morts au travail augmente. En 2021, 647 personnes sont décédées dans le cadre de leur travail, majoritairement des ouvriers, victimes de la rapacité patronale.

Le gouvernement a fait voter jeudi 29 juin une loi sur le « partage de la valeur » qui l’étend aux entreprises de 11 à 49 salariés. Au-delà d’un certain seuil de bénéfices, les employeurs devraient verser des primes d’intéressement ou autres. Autant dire que les salariés devront se contenter d’aumônes au bon vouloir des patrons qui profitent de ce genre de loi pour ne pas augmenter les salaires. Le gouvernement ne fait que leur sauver la mise. Pourtant, face au racket que nous subissons chaque fois qu’il faut payer une facture ou remplir le caddie, il faut que notre mécontentement explose pour exiger des augmentations tous les mois et qu’elles suivent l’inflation !

Dans la foulée de Macron qui explique que les émeutes sont causées par l’abus de jeux vidéos, le chef du PCF, Fabien Roussel, a soutenu l’idée. Pour lui, « quand c’est chaud dans le pays », il faut un « état d’urgence sur les réseaux sociaux ». Donc, censurer internet pour éviter les révoltes… Ce proche de Darmanin veut-il lui piquer son poste ? En tout cas, ce n’est pas avec ce genre de « communiste » qu’on renversera le capitalisme.

La vidéo de l’assassinat de Nahel à Nanterre a contredit les mensonges des policiers. Sans elle, le crime restait couvert, comme bien d’autres. Mais les syndicats de policiers ont insisté pour défendre la présomption d’innocence du meurtrier ! Et quand la colère des jeunes a éclaté, le syndicat majoritaire Alliance et l’Unsa-Police ont publié un communiqué qui appelait à la « guerre » contre les « hordes sauvages » et les « nuisibles ». Un langage digne de Zemmour… mais que Macron et son gouvernement n’ont pas condamné. Interrogé sur le sujet, Darmanin a précisé sur TF1 qu’il n’était « pas là pour polémiquer ». Le message est clair : plutôt que de condamner la police et ses violences racistes, le gouvernement préfère les couvrir.

Si Laurent Nuñez répète que la police n’est pas raciste, c’est parce qu’elle tape sur tout ce qui bouge ? Et il en sait quelque chose, puisqu’il était numéro deux du ministère de l’Intérieur quand la police mutilait les Gilets jaunes, avant de devenir préfet de police de Paris l’an dernier. C’est lui qui a couvert les violences policières lors des manifestations contre la réforme des retraites de Macron, comme celles des Brav-M envoyés contre les manifestants. À présent il s’illustre dans la répression des jeunes dans les quartiers populaires. Après eux, à qui le tour ?

Interpellé par l’ONU sur les droits de l’homme en France, le préfet de police de Paris a expliqué hier sur BFM TV qu’il n’y a « pas de racisme dans la police ». Tous les chiffres montrent que la police contrôle, interpelle, voire tabasse beaucoup plus les Noirs et les Maghrébins. Toutes les enquêtes prouvent que la police est gangrénée par le racisme. Mais pour Laurent Nuñez, il y a seulement « quelques dérapages ». Il s’est même dit « choqué » par cette accusation ! Et le lendemain des obsèques du jeune Nahel tué par la police à Nanterre, il a osé dire « on continuera à contrôler ». Une preuve de plus que pour la police et sa hiérarchie, toutes les vies n’ont pas la même valeur.