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Brèves

L’actualité en bref

72 heures après le décès de Nahel, tué à Nanterre (Hauts-de-Seine) par un tir à bout portant d’un policier, le média en ligne, Basta !, qui s’est spécialisé dans le décompte des bavures policières, révèle que 44 personnes ont été abattues par la police en 2021 et 2022. Jamais, depuis 2010, de tels chiffres avaient été atteints, même durant les années 2015-2016 marquées par les attentats terroristes. Ce qui inflige un sérieux démenti à Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, qui avait affirmé à l’Assemblée nationale, qu’« il y avait eu moins de tirs et moins de cas mortels depuis la loi de 2017 ». Rappelons que la loi en question sur la sécurité publique élargissait considérablement les droits des policiers à faire feu. Elle avait été concoctée par le gouvernement « de gauche » de Bernard Cazeneuve sous le quinquennat du « socialiste » François Hollande. Un domaine où la gauche et la droite se font concurrence pour brosser la flicaille dans le sens du poil.

Bernard Arnault, l’homme le plus riche du monde, a fait citer en justice quatre organisations d’aide aux plus modestes dont Droit au logement et la CGT des précaires et privés d’emploi. Leur crime : avoir mené le 23 février dernier une action symbolique au sein du grand magasin La Samaritaine à Paris, un fleuron du groupe de luxe LVMH d’Arnault, en déployant des banderoles afin de protester contre une série de réformes (retraites, chômage, loi logement dite Kasbarian) qui constituaient, selon les manifestants, « des attaques contre les classes populaires ». L’avocat d’Arnault demande une amende de 10 000 euros pour couvrir les frais de justice et une astreinte de 2 000 euros pour toute personne qui, à l’avenir, tenterait de manifester dans le magasin. Pas sûr que cela dissuade beaucoup de monde de dénoncer la fortune scandaleuse de la famille Arnault réalisée sur le dos des 167 000 salariés qu’elle exploite à travers le monde.

L’organisation des JO de Paris bat son plein. Dernière annonce en date : Keolis et Transdev ont décroché chacun un marché à plus de 20 millions d’euros, l’un pour transporter les athlètes, l’autre pour les personnes accréditées (journalistes, officiels, équipes techniques…). Dans le sport-spectacle, pas besoin de courir vite ou de sauter haut pour gagner l’or !

Le gouvernement a entériné la proposition du Conseil gabonais des élections d’organiser le 26 août prochain des élections présidentielle, législatives et locales. Le président sortant, Ali Bongo, n’a pas encore annoncé sa candidature mais le suspense est loin d’être insoutenable. Sa formation, le Parti démocratique gabonais, qui contrôle étroitement le Parlement et la vie politique, l’a en effet désigné comme « candidat naturel ». Le chef de l’État, 64 ans, élu en 2009 à la mort de son père Omar Bongo – qui dirigeait le pays depuis 41 ans – et réélu en 2016 n’a pas l’intention de laisser sa place. Et il restera de gré ou de force. Avec le soutien à peine caché de l’impérialisme français qui a fait depuis longtemps du Gabon un des symboles de la Françafrique.

À l’occasion de son déplacement à Marseille, Emmanuel Macron a annoncé la généralisation de l’accueil garanti de 8 à 18 heures dans tous les collèges du Réseau d’éducation prioritaire. Raison officielle de cette annonce : « L’inégalité scolaire se crée dans ces temps où l’enfant est renvoyé chez lui. » Fort bien. Mais va-t-on recruter des enseignants supplémentaires pour accueillir ces enfants en dehors des cours, prévoir des crédits pour des équipements adéquats, organiser une concertation avec les parents et le personnel de l’Éducation nationale ? De tout cela pas un mot. Le Président ne s’abaisse pas à discuter ce genre de détails triviaux. On prête à Napoléon la formule : « On s’avance et puis on voit. » Macron, lui, s’avance beaucoup, mais après on ne voit jamais rien.

C’est Mediapart qui le révèle. Le ministère des Armées a signé un marché avec l’entreprise SeaOwl, qui fournit, depuis le printemps, deux bateaux pour des missions de sauvetage au large de Dunkerque et de Calais. Cette sous-traitance à un avantage évident pour l’État : elle lui permet de se décharger de toute responsabilité en cas de naufrage. Rappelons qu’en novembre 2021 les autorités maritimes françaises avaient été directement mises en cause dans la mort d’au moins vingt-sept migrants qu’elles avaient refusés de secourir malgré leurs appels à l’aide. Désormais elles feront porter le chapeau à l’opérateur privé. Une crapulerie de plus dans le traitement inhumain des migrants.

Le comité organisateur des JO de Paris 2024 a renoncé à demander une exemption à la loi Évin qui interdit la vente d’alcool dans les stades. Dans les gradins, supporters et spectateurs seront donc au régime sec en buvant de l’eau et autres boissons non alcoolisées. Enfin pas tous. Car une exception sera faite pour les VIP (sigle de l’anglais Very Important Persons, personnes très importantes) qui pourront siroter champagne, cognac et vins fins en regardant les épreuves dans les loges et autres espaces privés souvent réservés à prix d’or par les entreprises pour traiter dignement leurs clients les plus importants. Car ce sont des endroits considérés comme des mini-restaurants qui échappent à la loi Évin. Même au niveau de la bibine, les différences de classe existent.

Les élections législatives de dimanche dernier étaient les secondes en deux mois, le Premier ministre de droite sortant, Kyriakos Mitsotikis, espérant que son parti, Nouvelle Démocratie, obtiendrait cette fois une majorité absolue de sièges. Ce qui a été le cas. De plus l’extrême droite est de retour au Parlement alors que la gauche, notamment le parti Syriza d’Alexis Tsipras, connait un net recul, dû notamment à une abstention importante de l’électorat populaire. Il faut dire que nombre d’électeurs de gauche se rappellent que lors de son passage au gouvernement, en 2015, Syriza s’était appliquée à mettre en œuvre un plan d’austérité en coordination avec le Fonds monétaire international et l’Union européenne. Et alors que ces élections se déroulaient moins de deux semaines après le naufrage d’un bateau de migrants qui a fait au moins 600 victimes, Syriza s’est contentée de se rallier aux trois jours de deuils décrétés par le gouvernement sans dénoncer la responsabilité de ce dernier, des garde-côtes grecs et de l’Union européenne dans ce drame.

Des militants des droits humains au Maghreb ont condamné la politique migratoire de l’Union européenne lors d’une rencontre tenue un an après la tentative d’entrée en force de 2 000 migrants d’origine soudanaise dans l’enclave espagnole de Melilla, située sur la côte marocaine près de la ville de Nador. C’est dans cette agglomération que se tenait ce Forum social maghrébin sur les migrations (FSMM) dont les participants ont dit « refuser les pressions européennes pour l’externalisation des frontières européennes et les expulsions massives des migrants et demandeurs d’asile ». Rappelons que, selon Amnesty International, au moins 37 migrants avaient été tués et 76 autres portés disparus le 24 juin de l’an dernier. Avant de se séparer, les participants ont dénoncé « l’approche sécuritaire responsable de nombreux morts et disparus de migrants et demandeurs d’asile » et pointé du doigt « le racisme d’État dans la région Euro Maghreb ».