Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

En visite dans l’île, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est, comme d’habitude, délivré un satisfecit affirmant que son opération anti-migrants Wuambushu, qui consiste surtout à détruire les bidonvilles dans lesquels habitent les plus pauvres, était en bonne voie. Et pour expliquer pourquoi, alors qu’elle était prévue à l’origine pour un mois, l’opération sera prolongée jusqu’en décembre, il a mis en cause les nombreux recours en justice contre ces destructions « qui ont empêché le préfet de faire son travail ». Quant au manque d’eau qui touche la population la plus modeste, il a promis d’y remédier… en bloquant le prix des bouteilles d’eau à partir du 15 juillet. Pour ce qui est de la misère généralisée, qui fait de ce 101e département le plus pauvre du pays, Darmanin va y remédier en faisant de « Mayotte un très beau lieu de destination touristique ». Comme dit-on « se moquer du monde » en mahorais ?

La semaine dernière, Macron se gargarisait du « succès » (au demeurant très relatif) du sommet pour un niveau pacte financier mondial convoqué à son initiative. Cette semaine, il se trouve à Marseille pendant trois jours avec l’ambition de faire de la cité phocéenne « la capitale de la Méditerranée ». Rien de moins. Il s’est fait accompagner par une véritable armada de ministres Gérald Darmanin (Intérieur), Éric Dupond-Moretti (Justice), Pap Ndiaye (Éducation nationale), Rima Abdul Malak (Culture), François Braun (Santé), etc. Rappelons qu’il était déjà venu en septembre 2021 pour lancer son grand projet. Depuis lors, si on a bien vu la multiplication des policiers dans la rue, rien n’a changé dans la vie quotidienne des habitants des quartiers populaires et des cités. Car Marseille est et reste une des grandes villes les plus pauvres de l’Hexagone.

Dans son dernier rapport, Oxfam pointe du doigt une disproportion croissante des revenus en faveur des actionnaires dans les cent plus grandes entreprises françaises. En dix ans, les salaires et cotisations sociales ont augmenté de 22 % alors que les versements aux actionnaires ont progressé de 57 %. De plus, l’an dernier, le CAC 40 a versé 80,1 milliards d’euros aux actionnaires sous forme de dividendes et rachats d’actions, ce qui représente une hausse de 15,5 % par rapport à 2021. À comparer à la hausse de 3,9 % des salaires sur un an dans le secteur privé. Les patrons continuent donc de se gaver sur le dos des salariés. Rien de nouveau sous le soleil. Et ce n’est pas le projet de loi sur le « partage de la valeur » au sein de l’entreprise, examiné actuellement à l’Assemblée nationale, qui changera quoi que ce soit à cette situation.

Comme réponse à une femme dont le fils, chômeur, venait de se voir retirer son RSA, le président des riches a récidivé dans la provocation et la sottise en déclarant : « Moi, je vous promets : je fais le tour du Vieux-Port ce soir avec vous, je suis sûr qu’il y a dix offres d’emploi. » Ainsi, après avoir « traversé la rue », on fait un « tour du Vieux-Port » et on trouve du boulot ! Un tel mépris de classe laisse pantois. Pas sûr que les 186 620 demandeurs d’emploi des Bouches-du-Rhône (département de Marseille) apprécient l’insulte…

Chaos en Russie ! Coup de force contre Poutine, certes manqué, de Prigojine. Ce chef de Wagner, une boîte de dizaines de milliers de mercenaires, se retourne contre son ami Poutine. Cet ancien voyou, proxénète, capitaliste de la restauration, des médias puis de la guerre, a été aussi ami de Chirac et de Bush junior. Prigojine ne critique pas l’agression de Poutine contre l’Ukraine, il y a participé et critique juste ses insuccès. Que va faire Poutine ? Serrer encore la vis ? Mais probablement pas contre Prigojine – Poutine a trop besoin de voyous de cet acabit contre toutes celles et ceux qui dans les classes populaires ne veulent pas de cette guerre. Malgré la dure répression, c’est de là que peut surgir la vraie rébellion – qui est le cauchemar de Poutine, et notre espoir !

Alors que les violences homophobes et transphobes sont en hausse en Europe depuis dix ans et que les idées d’extrême droite gagnent du terrain, les prides de ce mois de juin étaient plus que jamais les bienvenues. Le NPA était aux côtés de dizaines de milliers de personnes ce samedi 24 à Paris pour manifester pour les droits des personnes LGBTI+. Sans laisser de faux progressistes instrumentaliser cette lutte : ce gouvernement qui casse nos droits et nos conditions matérielles d’existence ainsi que les grandes marques capitalistes opportunément repeintes en arc-en-ciel pour l’occasion.

L’agression à Bordeaux d’une enfant et de sa grand-mère a déchaîné la droite et l’extrême droite, faisant la une de journaux télévisés. Le Pen, la responsable du RN, qui n’est plus à une récupération près après le drame d’Annecy, a accusé le laxisme du pouvoir et l’immigration.
La famille des victimes a dénoncé le soir-même « l’indécence » de la récupération politique pour « justifier des réformes pénales ou migratoires ». Bien dit.

Au fait, cet individu, né en France, souffre de déséquilibre mental. De quels moyens disposent les services sociaux pour le prendre en charge ? Les professionnels s’en alarment depuis des années et silence radio là-dessus de Le Pen et consorts…

La semaine écoulée a vu la mort de seize Palestiniens et quatre Israéliens en Cisjordanie occupée. À la suite d’un raid de l’armée israélienne à Jénine, un enchaînement de violence s’est déroulé. Dont la destruction d’un village palestinien par une centaine de colons armés, brûlant champs agricoles et voitures, et ce sous le contrôle de la police israélienne ! Ces agissements s’accélèrent depuis le début de l’année, encouragés par l’extrême droite et Netanyahou, le Premier ministre israélien. Celui-ci en a profité pour annoncer l’implantation de mille nouveaux logements de colons. La colonisation continue… et seule la lutte des opprimés de Palestine, soutenue par les travailleurs d’Israël et d’ailleurs, pourra y mettre fin

Dimanche 25 juin, pour la deuxième fois dans son histoire, Le Journal du dimanche ne paraissait pas. La cause : une grève de la rédaction contre l’arrivée de Geoffroy Lejeune, ex-patron du journal d’extrême droite Valeurs actuelles. Lejeune avait été condamné pour « insulte à caractère raciste », puis écarté pour une ligne trop ouvertement partisane de Zemmour. Il incarne la mainmise rédactionnelle de Vincent Bolloré sur son empire médiatique, encore grossi par le rachat du Groupe Lagardère, dans la suite notamment de CNews et d’Europe 1.

Dans ces autres médias, l’arrivée des sbires de Bolloré avait provoqué des démissions en masse. Au JDD, c’est la grève reconduite à la quasi-majorité qui rappelle à la bande de réacs qui aiment pleurer sur le fait qu’on « ne peut plus rien dire » que lorsqu’ils n’ont plus personne pour l’écrire, ils doivent en effet la boucler…