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Brèves

L’actualité en bref

L’association « Action Droits des Musulmans » a porté plainte contre X pour « discrimination » et « atteintes aux droits de la personne résultant des fichiers ou des traitements informatiques » après le recensement, par des policiers, des élèves absents pour la fête musulmane de l’Aïd el-Fitr qui tombait cette année le 21 avril, veille des vacances scolaires dans l’académie de Toulouse. Des policiers avaient alors demandé par mail à des chefs d’établissements publics de cette région de leur indiquer le nombre d’élèves absents, sans l’aval du rectorat, suscitant l’indignation au sein de la communauté éducative. « Ces agissements ont pour effet de stigmatiser les enfants de confession musulmane », a affirmé Me Vincent Brengarth, l’un des trois avocats de l’association. De son côté le ministère de l’Intérieur a admis « une maladresse » en affirmant que cette demande « n’impliquait pas de données nominatives ». On a du mal à le croire. Car à quoi, sinon, pouvait bien servir de genre de renseignements statistiques ?

Depuis lundi quatre néo-nazis, membres d’un groupe appelé « Projet Waffenkraft » (Projet puissance des armes), comparaissent devant la cour d’assises des mineurs de Paris pour avoir envisagé la préparation d’attentats en 2018, visant notamment des meetings de Jean-Luc Mélenchon. Ce qui retient l’attention, c’est surtout que c’est la première fois que des militants d’extrême droite sont jugés par une cour d’assises, et non devant un tribunal correctionnel. Car, pour le reste, s’il ne faut pas sous-estimer la dangerosité des bandes de bras cassés de ce genre et bien sûr les combattre, le danger qui guette aujourd’hui la classe ouvrière, c’est le matraquage des idées d’extrême droite (racisme, islamophobie, anti-migrants, etc.) auquel se livre une bonne partie de la classe politique, des macronistes au Rassemblement national, en passant par Les Républicains ou le groupusculaire Zemmour. Et c’est là une menace beaucoup plus sérieuse que celle que représentent quelques nostalgiques du Troisième Reich.

Dans son discours de clôture des Assises des finances publiques, Élisabeth Borne a martelé qu’elle n’avait pas en vue une nouvelle austérité, qui selon elle sera contre-productive, mais des économies budgétaires de 10 milliards d’euros d’ici à 2027. Dans le viseur du gouvernement, les dépenses de santé (en luttant contre « l’explosion » des arrêts maladie et « les dérives » de la consommation des médicaments), les aides au logement et le soutien à l’emploi. La Première ministre affirme qu’« il ne s’agit pas d’un coup de rabot ». Elle a raison, car c’est à la hache qu’elle taille dans les dépenses sociales.

C’est le 21 juin que le Conseil de l’Union européenne doit adopter un projet d’« Acte européen sur la liberté des médias ». La Fédération européenne des journalistes s’est déjà inquiétée des risques que fait peser ce texte le droit d’informer. Selon des procès-verbaux des négociations et un document de synthèse obtenus par Investigate Europe, Netzpolitik et Follow the Money, et cités par Mediapart, les gouvernements européens prévoient d’autoriser la surveillance des journalistes, y compris l’utilisation de logiciels espions, si « la sécurité nationale » l’exige. En tête dans la lutte pour restreindre les droits des journalistes et la liberté de l’information : l’Allemagne et la France. Entre les mains de ces gens-là « la liberté des médias », déjà fortement restreinte par les grands groupes capitalistes qui possèdent la majorité d’entre eux, est plutôt mal barrée.

L’impasse politique reste totale au pays du Cèdre, où le Parlement a échoué pour la douzième fois en sept mois à élire un président de la République. Le poste est vacant depuis la fin du mandat de Michel Aoun, le 31 octobre 2022. Les 128 députés, réunis pour une douzième séance électorale, devaient départager Sleiman Frangié, un ancien ministre de l’Intérieur proche de Damas, chef d’une milice chrétienne, soutenu par le Hezbollah, le mouvement politico-militaire chiite, et Jihad Azour, un ancien ministre des Finances qui était jusqu’à la fin de la semaine dernière directeur régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au FMI. Ce dernier avait largement l’appui de la communauté sunnite. Il a obtenu 59 voix contre 51 pour son concurrent pour lequel Paris n’avait pas caché sa préférence. Il n’y a pas eu de second tour faute de quorum, les députés de l’opposition ayant quitté le Parlement en signe de protestation. C’est dans ce contexte que l’ex-ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, nommé il y a quelques jours « envoyé personnel pour le Liban » d’Emmanuel Macron, doit se rendre à Beyrouth la semaine prochaine pour « faciliter une solution consensuelle et efficace » pour sortir le pays de la crise. Quelle bonne blague ! Dans un pays miné par la crise économique et sociale, déchiré depuis des décennies par les questions confessionnelles et dont la classe politique est corrompue à l’extrême, l’impérialisme français tente au mieux de faire de la figuration dans le seul État du Moyen-Orient au sein duquel il conserve une certaine influence en tant qu’ancienne puissance mandataire. C’est pas gagné !

À peine reconduit à la présidence de l’Institut du monde arabe, Jack Lang s’est lancé dans une défense lyrique et enflammée de l’Arabie saoudite. Interviewé par Arab News, un média saoudien en ligne, à propos de la réception à l’Élysée du prince héritier Mohammed ben Salmane, l’ancien ministre de la Culture de François Mitterrand s’est réjoui de l’événement en ajoutant : « Choisir Riyad comme lieu de l’exposition universelle 2030 serait un choix intelligent et visionnaire » et d’ajouter : « L’Arabie, c’est une histoire, une civilisation, des moments puissants de la vie du monde. Consacrer l’Arabie par cette exposition universelle aurait une grande portée symbolique et emblématique. » Pas un mot sur l’absence de droits démocratiques élémentaires dans le pays, l’emprisonnement ou la décapitation des opposants, l’oppression des femmes et des LGBT, ni les massacres commis par l’armée saoudienne au Yémen. Une réalité qui ne semble nullement déranger Lang. Il faut dire que la monarchie wahhabite est une des principales contributrices financières de l’Institut. Ceci explique sans doute cela.

Un Guinéen de 19 ans, Alhoussan Camara, a été tué à Saint-Yrieix-sur-Charente par le tir d’un policier. Inconnu de la police il avait la réputation d’une personne tranquille qui avait récemment décroché un CAP de cuisine et était passionné de football. Selon le flic impliqué il aurait été heurté volontairement par le véhicule où trouvait le jeune homme « dans le cadre d’un refus d’obtempérer ». Une version démentie par ses amis qui ont manifesté à Angoulême en affirmant qu’il avait été victime « d’une bavure policière et du racisme ». Ce qui est malheureusement de plus en plus courant.

Le Sénat a adopté, pour une période expérimentale de trois ans, un texte qui donne la possibilité à la police et aux services de renseignement d’utiliser des caméras et des logiciels afin de pouvoir identifier dans une foule des personnes recherchées ou simplement fichées, sans bien sûr leur consentement. On nous jure que cela sera fortement encadré par la justice. Une telle affirmation fait sourire. Rappelons que dans un passé très récent on nous disait la même chose pour l’utilisation de drones par les autorités. Avant même la publication des décrets autorisant leur utilisation ils étaient déjà mis en œuvre par les préfets en toute illégalité. Et une fois les textes publiés, en l’espace d’un mois, ils avaient déjà été utilisés 50 fois. Il est probable que les flics de tout poil montreront le même empressement pour utiliser la reconnaissance faciale.

Ce sont les derniers chiffres communiqués par la très officielle Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques qui dépend de plusieurs ministères, notamment ceux des Finances et du Travail. Ils portent sur 2021. Cette année-là, le pays comptait 17 millions de retraités. La retraite moyenne était de 1 366 euros net. Mais l’écart entre les hommes et les femmes était colossal. Il s’élevait en effet à 38 %, les premiers touchant en moyenne 1 697 euros, les secondes ne percevant que 1 052 euros. Réversions incluses, la pension servie grimpait à 1 612 euros brut, soit 1 499 euros net, avec un écart certes réduit mais toujours énorme de 24 % entre hommes (1 719 euros) et femmes (1 305 euros). Par ailleurs, l’âge effectif de départ en retraite a continué d’augmenter, atteignant en moyenne 62 ans et 7 mois, avec un écart de 10 mois entre hommes (62 ans et 2 mois) et femmes (63 ans), c’est à dire qu’il dépassait déjà l’âge légal de départ fixé à 62 ans. Et depuis lors la situation s’est sans doute encore détériorée.