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Brèves

L’actualité en bref

La Cour des comptes vient de rendre un rapport sévère sur la mixité sociale au sein de l’enseignement privé sous contrat (principalement catholique), subventionné par l’État à hauteur de 55 % dans le premier degré et de 67 % dans le second. En contrepartie le privé est supposé favoriser la mixité sociale. Non seulement ce n’est pas le cas mais d’année en année la situation s’aggrave aux dépens des élèves de milieu modeste. Parmi les 2 millions d’élèves scolarisés dans le privé la part venant de milieu très favorisé est passée de 26 % en 2000 à 40 % en 2021. Parallèlement le pourcentage d’élèves de milieu défavorisé est tombé de 25 % en 2000 à 16 % en 2021. Et si l’enseignement catholique a bien signé un protocole avec l’État pour améliorer les choses, le texte ne comporte aucune mesure contraignante. Il ne reste plus qu’à prier pour que cela arrive. 

Selon sa famille et ses soutiens Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, incarcéré au Royaume Uni, est « dangereusement proche » d’être extradé vers les États-Unis après avoir perdu son dernier recours en justice. Rappelons qu’Assange est à l’origine de révélations sur les crimes de guerre des États-Unis et de leurs alliés, notamment Britanniques, en Irak et en Afghanistan. Son site, WikiLeaks, avait publié en 2010 des documents confidentiels américains sur ces sales guerres. Pour cela il fait aujourd’hui face à 18 chefs d’inculpation et une peine totale combinée pouvant aller jusqu’à 175 ans de prison. En liberté surveillée puis réfugié à l’ambassade de l’Équateur à Londres entre 2012 et 2019, il est depuis lors emprisonné dans l’attente de son extradition. Cela fait donc 13 ans qu’il est privé de liberté pour avoir rendu publics des documents authentifiés dont la publication gênait Washington et Londres. Et rappelons que sa demande d’asile en France avait été rejetée par le gouvernement. Liberté pour Julian Assange !

Dans l’affaire de la gestion par Donald Trump des archives de la Maison Blanche, qu’il avait illégalement emportées en quittant la Présidence, l’acte d’inculpation comporte 37 chefs d’accusation, dont ceux de « rétention illégale d’informations portant sur la sécurité nationale », d’« entrave à la justice » et de « faux témoignage ». Quelque temps auparavant il avait été inculpé à New York, dans une affaire différente de « fraudes fiscales ». Avec son culot habituel le milliardaire républicain a d’emblée écarté l’idée qu’il pourrait jeter l’éponge dans sa campagne de reconquête de la présidence, face aux inculpations dont il fait l’objet, préférant plutôt en attribuer la faute à des adversaires politiques « corrompus » désireux de fausser les élections. Et une lutte de vitesse est engagé entre les procureurs, qui voudraient le juger avant les présidentielles de novembre 2024, et Trump qui, s’il était réélu, pourrait alors décider de se gracier lui-même. Mais au delà de ces péripéties toute l’affaire illustre ce que disait en son temps le légendaire boxeur afro-américain Mohammed Ali : « Aux États-Unis si vous avez plusieurs dizaines de millions de dollars sur votre compte bancaire, vous avez peu de chances d’aller en prison ».

L’attaque aux couteau qui a fait six blessés, dont quatre très jeunes enfants, a suscité une émotion plus que légitime dans une bonne partie de la population. Mais le fait que l’agresseur soit un réfugié syrien a aussitôt déchainé un flot de déclarations, à droite et à l’extrême droite, contre l’immigration en général, et les migrants en particulier. Pour ne pas être en reste le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a apporté sa contribution à ce chœur nauséabond. Interrogé sur TF1 sur le possible lien entre le refus du droit d’asile qui avait été signifié à ce réfugié quelques jours auparavant et le passage à l’acte, Darmanin a parlé « d’une coïncidence troublante ». En résumé être syrien, réfugié et débouté du droit d’asile conduit à des actions criminelles. Conclusion qui ne saurait tarder : il faut éloigner le plus vite possible du territoire national ceux, et ils sont de plus en plus nombreux, auxquels on refuse le droit d’asile ou qui sont sans papier.

Alors que se poursuit le tournoi international de tennis, des spécialistes se sont penchés sur la quantité d’eau nécessaire pour entretenir les pelouses des 18 courts du stade situé près de la porte d’Auteuil. Et ce n’est pas triste. On estime que chaque court absorbe en moyenne entre 2 000 et 4 000 litres d’eau par jour soit une consommation totale comprise entre 750 000 litres et 1,5 millions de litres pendant la durée du tournoi. Qui plus est les responsables du stade utilisent pour l’arrosage de l’eau potable alors qu’une canalisation d’eau non potable de la ville de Paris – qui sert à l’arrosage des jardins et au nettoyage de la voirie – passe juste devant le stade. Et pendant ce temps, à moins de 10 kilomètres de là, une partie du département des Yvelines est en « alerte urgence renforcée » pour cause de sécheresse précoce. Vérité au delà du périph, erreur en deçà.

Des économistes, des militants d’ONG, des millionnaires « engagés » et des personnalités  politiques de sept pays d’Europe ont déposé une initiative citoyenne européenne réclamant un impôt sur la fortune de 1 % les plus riches, procédure qui pourrait conduire Bruxelles à se positionner sur la question, ce qu’elle a refusé de faire jusqu’à présent. Selon l’ONG Oxfam, une des signataires de ce texte, le but est de « lever des fonds pour réduire la pauvreté et les inégalités chez nous et dans les pays les plus pauvres et pour s’attaquer à la crise climatique ». Autant essayer de vider l’océan avec une cuillère à café. Pour supprimer la pauvreté et les inégalités et sauver le climat, un impôt de 1 % (voire de 5 % comme le préconisent les plus audacieux) ne servira pas à grande chose. La seule façon d’être efficace est de renverser le système capitaliste responsable de l’exploitation, des oppressions et du désastre climatique. Pas de taxer un peu les exploiteurs.

La réforme du droit d’asile est à l’ordre du jour d’une réunion des ministres de l’Intérieur des 27 qui se déroule à Luxembourg. Cette question est revenue en haut de l’agenda avec une hausse de l’arrivée des migrants dans l’Union européenne depuis la fin de la pandémie. Si des pays comme l’Italie et la Hongrie sont en pointe dans le refus d’accueillir les migrants, nombre d’autres s’alignent peu ou prou sur cette ligne en mettant an avant que c’est un moyen de couper l’herbe sous les pieds des l’extrême droite qui se renforce un peu partout. Quant à la politique qui consisterait à accueillir les migrants à bras ouverts et à tout faire pour les intégrer au tissu social elle n’est pas, et n’a jamais été, à l’ordre du jour de l’Union européenne.

Le risque de mourir aux urgences serait 46 % plus élevé pour les patients de plus de 75 ans qui passent une nuit sur un brancard, selon une étude menée dans 97 services d’urgences et dont les résultats ont été présentés au Congrès des urgentistes. 1 598 patients âgés de plus de 75 ans ont été suivis entre le 12 et le 14 décembre 2022 en pleine triple épidémie de grippe, Covid et bronchiolite. Les patients étudiés ont été séparés en deux groupes. D’un côté, 707 personnes qui ont passé au moins une nuit sur un brancard. De l’autre, 891 patients qui ont pu avoir un lit dans un service classique, avant minuit le jour de leur arrivée à l’hôpital. « Les résultats sont impressionnants », explique Yonathan Freund, médecin urgentiste à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, et auteur principal de cette étude : « La surmortalité est de 46 %, presque 50 % donc, si vous avez passé une nuit sur un brancard aux urgences. Pire, si on s’intéresse plus spécialement aux patients âgés qui ont une autonomie limitée, donc encore plus fragiles, ces patients-là meurent près de deux fois plus s’ils passent une nuit sur un brancard plutôt que dans un lit d’hospitalisation classique ». Déjà, entre décembre et janvier derniers, le syndicat Samu Urgences de France avait décompté 150 morts évitables après un défaut de prise en charge.

Sur décision d’un juge de l’Utah, un État fief de la secte des mormons, également connue sous le nom de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, la Bible a été retirée de toutes les écoles primaires où son enseignement était jusque-là obligatoire, privant 72 000 écoliers de son édifiante lecture. En effet, s’appuyant sur une loi très conservatrice votée en 2022, et qui interdit toute mention de la sexualité à l’école, un parent d’élève a fait valoir que la Bible contenait des récits d’inceste, des scènes de violence et de bestialité mais également faisait mention de mutilations génitales, donc était « pornographique ». Et il a été suivi. Cependant le livre saint sera toujours disponible dans les établissements secondaires et les bibliothèques. On respire…