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Brèves

L’actualité en bref

Le gouverneur démocrate de Californie a menacé de poursuite pour « enlèvements » son collègue républicain de Floride, Ron DeSantis. Ce dernier expédie à tour de bras vers les États détenus par les Démocrates les migrants clandestins présents sur le sol de Floride ou dans d’autres États conservateurs comme le Texas. Candidat à l’investiture républicaine contre Donald Trump pour l’élection présidentielle de 2024, DeSantis multiplie les provocations pour racoler l’électorat le plus conservateur en le brossant dans le sens du poil. Et les migrants sont encore une fois les premières victimes de ce punching-ball politicien.

La Sainte Trinité, une des icônes les plus célèbres de l’orthodoxie, peinte par Andreï Roublev au XVe siècle, a été transférée en grand pompe de la galerie Tretiakov, où elle était exposée depuis 1929, à la cathédrale du Christ-Sauveur, sur les bords de la Moskova. Et ce en dépit des risques pour sa conservation. « L’icône miraculeuse », ou supposée telle, est arrivée juste à temps pour que le patriarche Kirill célèbre devant elle l’office religieux en présence de Vladimir Poutine. Et le chef de l’Église orthodoxe russe de se dire convaincu que, grâce à cette icône, Dieu sera du côté de la Russie dans la guerre contre l’Ukraine et lui accordera la victoire. Il n’y a plus qu’à y croire.

Un lycéen de 16 ans habitant à Mersin, une ville de la côte sud-est du pays, a été interpellé au domicile familial et accusé d’avoir dessiné au stylo bille une moustache au président Recep Tayyip Erdoğan sur une affiche électorale et avoir écrit des commentaires insultants à son égard. Il avait été identifié grâce à des caméras de surveillance. Déféré devant le procureur, il a été aussitôt inculpé pour « insulte au président » et incarcéré à la prison pour mineurs de Tarsus. Selon les statistiques du ministère de la Justice cette inculpation est l’une des plus fréquentes dans le pays puisque, l’an dernier, elle a été prononcée à 16 753 reprises.

Trente-neuf menhirs ont été détruits à Carnac, dans le Morbihan, pour laisser place à la construction d’un magasin à l’enseigne de Mr.Bricolage. La commune, mondialement connue pour ses installations en pierre alignées sur des centaines de mètres datant du néolithique, a en effet validé la délivrance d’un permis de construire… sur un site archéologique classé. Car le site en question, sur lequel le magasin est en construction, a été identifié depuis 2015, sur l’Atlas des patrimoines, un outil de la Direction régionale des affaires culturelles, permettant de cartographier les sites archéologiques dans toute la France. Bien avant donc la demande de permis de construire qui date de l’été 2022. Devant le tollé, la municipalité a plaidé sa bonne foi, disant « ignorer » le classement archéologique des lieux. Quant au patron de la société il affirme qu’il n’est pas archéologue et a agi en toute bonne foi. Ils ont un peu de mal à convaincre. Mais, par Toutatis, les affaires sont les affaires !

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a déclaré que son plan visant à empêcher les migrants d’arriver dans de petites embarcations avait permis de réduire de 20 % le nombre de traversées depuis un an. Une affirmation qui a suscité quelques doutes outre-Manche. Le Premier ministre a fait cette déclaration pour exhorter lundi les parlementaires à adopter son nouveau projet de loi sur l’immigration clandestine, celui-ci devant permettre la mise en détention et l’expulsion rapide des migrants arrivant sur de petits bateaux vers leur pays d’origine, ou vers des pays tiers dits sûrs comme le Rwanda. Ce projet de loi est actuellement examiné par la Chambre des lords. Conclusion de Sunak : « Ma politique est très simple : c’est à ce pays – et à votre gouvernement – de décider qui vient ici, et non aux gangs criminels. Je ferai tout ce qui est nécessaire pour y parvenir. J’ai dit que j’arrêterai les bateaux et je le pense vraiment. » Assimiler peu ou prou les migrants à des gangs criminels revient à justifier par avance les exactions à leur encontre, comme la réticence, voire le refus, de leur porter secours en mer.

Après un entretien au palais de Carthage avec le président Kaïs Saëd, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a déclaré que les deux pays reconnaissaient l’importance de renforcer la coopération dans la lutte contre l’immigration irrégulière, c’est-à-dire plus concrètement, celle des migrants, principalement sub-sahariens, qui tentent de gagner l’Italie à partir des côtes tunisiennes dans des embarcations de fortune. Pour aider la Tunisie à retenir les migrants et à les empêcher d’embarquer, Meloni a promis l’aide de l’Union européenne. Elle va en outre intercéder auprès du Fonds monétaire international pour qu’il accorde des facilités financières au régime tunisien. Rien n’est trop beau pour lutter contre les migrants. Reste à savoir si cela sera efficace. Les garde-côtes tunisiens disent avoir arrêté cinq fois plus d’embarcations au premier trimestre de cette année que sur la même période en 2022. Et le mouvement risque encore de s’amplifier.

Depuis le 15 mars, et pour une période initiale de trois mois, la plupart des grandes enseignes de la distribution s’étaient engagées à vendre une sélection de produits au « prix le plus bas possible ». Une formule guère contraignante qui s’est simplement traduite par des campagnes d’offres promotionnelles sur certains produits, campagnes dont la grande distribution est coutumière à longueur d’années. Mais, toujours content de lui, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé que l’opération se poursuivrait jusqu’à la fin de l’année. Dans le même élan, le ministre a fait savoir qu’il mettait la pression sur les industriels de l’agro-alimentaire pour qu’ils acceptent de renégocier leurs prix à la baisse. Sinon ? Pas grand-chose. Ceux qui ne joueront pas le jeu prendront le risque d’être dénoncés publiquement. On tremble déjà dans les conseils d’administration. Et pendant ce temps, les prix des produits alimentaires ont encore augmenté sur un an de plus de 14 %.

La dernière étude de l’Institut des politiques publiques sur l’imposition des foyers les plus aisés n’est pas passée inaperçue. En pleine inflation et perte de pouvoir d’achat, elle montre que les revenus des 37 800 foyers français les plus riches sont proportionnellement moins imposés que ceux du reste de la population. La plupart des données utilisées datent de 2016, les plus récentes n’ayant pas été rendues publiques. Mais depuis lors les choses ont empiré. Car la note ne prend pas en compte les effets des réformes survenues depuis 2016, comme l’abaissement du taux d’impôt sur les sociétés de 33,3 à 25 %, le remplacement de l’impôt sur la fortune par un impôt sur la fortune immobilière ou l’introduction d’un prélèvement forfaitaire de 30 % sur les revenus du capital. Conclusion : Macron a largement gagné son titre de « président des riches », voire des très riches.

Depuis hier, le ministre israélien des Finances, Betsalel Smotrich, se trouve à Paris. Reçu d’abord à Bercy par l’équipe de Bruno Le Maire, il prendra part aujourd’hui et demain à la réunion annuelle des ministres des Finances de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le silence qui entoure cette visite est maximal. Et pour cause. Leader du Parti national religieux, Smotrich est connu comme un suprémaciste juif, violemment anti-arabe, sexiste, LGBTphobe, opposé à toute forme de laïcité et farouche partisan de la colonisation de la Cisjordanie. En règle générale, chacun de ses déplacements à l’étranger donne lieu à des manifestations de protestation. D’où la discrétion de violette qui entoure la venue de ce triste personnage sur les bords de Seine.