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Brèves

L’actualité en bref

Un enfant palestinien de trois ans, touché par des balles de l’armée israélienne la semaine dernière en Cisjordanie occupée, a succombé à ses blessures. Mohammed al-Tamimi, originaire du village de Nabi Saleh, au nord de Ramallah, avait été blessé par l’armée israélienne jeudi soir, lors d’échanges de tirs entre des soldats et des combattants palestiniens près de la colonie juive de Neveh Tzuf (Halamish), alors qu’il se trouvait en voiture avec son père qui a été lui aussi blessé. Cela porte à 156 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l’année.

C’est ce lundi que s’est ouverte à Berlin une conférence internationale sur l’environnement qui va durer deux semaines. Elle devra préparer la prochaine COP28 qui se déroulera à Dubaï en novembre prochain. Et qui préside cette conférence ? Le sultan Al Jaber, le dirigeant d’un géant du pétrole, la société Adnoc, domiciliée aux Émirats arabes unis. Et toutes les demandes des organisations écologistes pour qu’il démissionne de son entreprise pendant le temps de son mandat sont restées vaines. Un symbole, parmi bien d’autres, que ces grand-messes sur l’environnement sont surtout un moyen pour les pollueurs de s’en tirer à bon compte. Comment dit-on écoblanchiment en arabe émirati ?

En mars dernier des policiers de la Brigade de répression des actions violentes motorisée (Brav-M) avaient menacé et humilié des jeunes manifestants interpellés à Paris dans le cadre d’une manifestation contre la réforme des retraites. À l’insu des policiers, un manifestant arrêté avait réalisé un enregistrement sonore accablant des pandores en pleine action. Ce qui avait contraint le préfet de police, Laurent Nuñez, à saisir l’Inspection générale de la police nationale. Trois d’entre eux comparaîtront devant un conseil de discipline. Ils ne risquent pas grand-chose comme le montre le cas de quatre de leurs collègues de la même unité qui ont été sanctionnés d’un avertissement, la sanction disciplinaire la plus basse. De plus, il a été précisé que cet avertissement ne sera pas mentionné dans leur dossier. Ils reçoivent donc une tape sur les doigts pour s’être fait prendre, ce qui ne les empêchera sans doute pas de récidiver.

Des surveillants ont bloqué l’accès la prison de Majikavo, la seule de l’archipel de Mayotte, pour protester contre la surpopulation carcérale. Si dans l’Hexagone le taux d’occupation officiel dans les prisons dépasse les 140 %, dans l’île de l’océan Indien il s’établit au taux ahurissant de 250 % avec les conditions de détention cauchemardesques qui vont de pair. Le résultat d’une politique – pratiquée par Darmanin et ses prédécesseurs – qui consiste à remplir l’établissement pénitentiaire à la louche, notamment avec des migrants comoriens, et de le vider à la petite cuillère. Paris a été pointé du doigt à plusieurs reprises par les organisations internationales pour le traitement indigne des prisonniers. Mais tout continue comme avant.

En visite à l’abbaye du mont Saint-Michel, Macron s’est voulu lyrique. Il a notamment déclaré : « Nous allons poursuivre notre œuvre de bâtisseurs comme nous l’avons fait en bravant le péril de la mer et en pleine maîtrise de la terre, du feu et de l’air, et nous ferons ainsi face au changement climatique en affrontant l’épreuve par l’ambition et le travail. » L’image qui vient plutôt à l’esprit est celle d’un président cerné par une mer de mécontentement, qui ne maîtrise pas grand-chose et est plutôt démolisseur que bâtisseur. Et, en matière de lutte contre le changement climatique, il se limite à des paroles ronflantes en pratiquant l’écoblanchiment à outrance. Pas sûr que l’archange saint Michel soit très heureux d’avoir été entraîné dans cette galère.

Le gouvernement vient d’annoncer son intention d’expulser de la capitale les sans-logis avant les Jeux olympiques : il ne faudrait surtout pas que les touristes voient la vie parisienne telle qu’elle est. Des fois que la misère existante gâche la fête et porte tort aux recettes qu’on en attend. Comble de l’hypocrisie, le gouvernement annonce que les expulsions, pour au moins quelques mois vers la province, se feraient au volontariat, pour le bien des sans-logis eux-mêmes. Car, dit-il, le nombre d’hôtels à Paris prêts à les héberger sera réduit, puisque ceux-ci préfèreront garder leurs chambres pour les touristes. Quant au volontariat, on a vu maintes fois comment la police expulse à coups de matraques les campements de sans-abris et de migrants.
La pratique n’est pas nouvelle. Chaque été, le maire de Nice expulse pendant la journée les sans-logis de la ville, les transportant sur les hauteurs à quelques kilomètres de là. Pour la Coupe du monde de football en 2014 et les Jeux olympiques de 2016, le gouvernement brésilien avait expulsé les sans-abris de la ville de Rio, les embarquant de force et jetant leurs affaires dans des camions-poubelles. En 2010, l’Afrique du Sud avait fait de même pour la Coupe du monde de foot. Avant eux, c’était la même chose à Séoul pour les JO de 1988, à Atlanta pour ceux de 1996. Idem à Vancouver pour les JO d’hiver de 2010 au Canada, et à Londres pour les JO de 2012.

L’olympisme est une valeur universelle, sonnante et trébuchante. Et Macron y postule pour la médaille d’or.

D’après Ruffin, par « souci d’apaisement », les droits des personnes trans ne sont pas une priorité. Il faudrait se concentrer sur « les salaires, le partage des richesses, la démocratie ». Une petite musique qui s’inscrit dans la lignée des populistes de tout poil qui cherchent à opposer des droits « sociétaux » aux intérêts des travailleurs. Et qui finissent immanquablement, une fois au pouvoir, à ne jamais rien faire pour les travailleurs non plus !

Dans la nuit du 24 mai, « Les Survivants », une organisation anti-avortement, ont collé des stickers sur des centaines de Vélib’ à Paris. On pouvait y lire : « et si vous l’aviez laissé vivre ? » Eux qui se prétendent pro-vie se foutent pourtant bien des vies des femmes que des politiques anti-avortement mettraient en danger. Le droit des femmes à disposer de leur corps a été obtenu par la lutte : celle-ci est toujours d’actualité pour le défendre contre les pressions des réacs en tout genre !

Les différents sièges de Carrefour en France vont supprimer 1000 postes dans les mois à venir, sur un peu moins de 10 000 au total. Une réduction d’effectif après 1400 suppressions déjà survenues en 2021, et 1600 en 2019. La direction compte négocier avec les syndicats un plan de « départs volontaires » : mettre la pression sur les salariés pour qu’ils partent avec pas grand-chose, de peur de partir avec encore moins… Le groupe se félicitait pourtant en février dernier d’une progression de son chiffre d’affaires, de son résultat opérationnel – y compris en France – et des dividendes versés pour chaque action en 2022. Pour préparer de nouvelles fusions dans la grande distribution, la direction veut faire payer la note aux salariés. Quand ça va mal, il faudrait accepter des sacrifices, et quand ça va mieux… aussi !