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Brèves

L’actualité en bref

Le ministère de l’Intérieur a publié un document qui doit permettre aux préfets de classer les partis selon leur sensibilité en vue des prochaines élections municipales. Ce qui a provoqué des protestations véhémentes des Insoumis qui se sont vus classer à « l’extrême gauche ». Jean-Luc Mélenchon est monté au créneau en parlant de « magouille » et d’une décision « à la Trump ». De son côté, Manuel Bompard y voit une « une opération malhonnête du ministre de l’Intérieur qui veut manipuler les nuances pour tenter d’affaiblir la France insoumise ». Donc la chose est entendue. LFI fait partie de la gauche institutionnelle, et non de l’extrême gauche et est prête à assumer ses responsabilités gouvernementales au service de la bourgeoisie. Cela allait déjà sans dire, mais c’est encore mieux en le disant.

Les polluants éternels (PFAS), ces substances chimiques persistantes omniprésentes dans notre quotidien, pourraient coûter un bras aux citoyens de l’Union européenne d’ici à 2050, selon un rapport commandé par la Commission européenne et qui vient d’être publié. Cette étude évalue notamment les impacts des PFAS sur la santé humaine et les frais associés à la dépollution des sols et de l’eau. D’après elle, les coûts des PFAS pourraient représenter 330 milliards d’euros, selon le scénario le plus économique, qui correspond à l’arrêt total de la production et de l’utilisation des PFAS. Mais le traitement supplémentaire de l’eau potable et le traitement spécifique des eaux usées feraient monter l’addition à 1 700 milliards d’euros. Quant aux industriels, ils ne se verront pas appliquer le principe « pollueurs = payeurs ». C’est le contribuable qui sera sollicité. Comme d’habitude…

La direction du Washington Post, un des journaux de référence aux États-Unis (qui avait notamment révélé le scandale du Watergate poussant le président Nixon à la démission en 1974) a décidé de licencier 300 de ses 800 journalistes en mettant en avant la nécessité de redresser une situation financière qui s’était dégradée au fil des années. Cependant beaucoup y voient la main de Donald Trump qui ne cachait pas son hostilité à la ligne éditoriale du quotidien. Le propriétaire du journal, le multimilliardaire Jeff Bezos, ne cache plus sa proximité avec le président américain, d’autant plus qu’une grande partie de ses entreprises ont d’importants contrats avec l’État fédéral, du stockage de données à l’espace. Face au capitaliste qui possède le titre, les journalistes doivent se soumettre, se démettre ou être virés.

Auditionnée par la commission d’enquête sur l’audiovisuel de l’Assemblée nationale, Rachida Dati, la ministre de la Culture, a accusé des journalistes de Complément d’enquête, le magazine d’investigation de France 2, d’avoir proposé de rémunérer un de ses proches pour obtenir un témoignage à charge. Il faut dire que Dati n’a jamais digéré d’avoir fait l’objet, mi-décembre, d’un numéro de ce magazine intitulé Rachida Dati, la conquête à tout prix, qui dévoilait au grand jour les magouilles, financières et autres, dans laquelle elle est impliquée et qui lui valent d’ailleurs plusieurs poursuites judiciaires. Pressée par les membres de la commission de dévoiler le ou les noms des journalistes impliqués et d’autres preuves, elle s’y est refusée mettant en avant le fait qu’il s’agissait « d’échanges privés ». Alors pourquoi en avoir parlé publiquement ? Comme l’écrit avec humour un journaliste du Huffpost, elle a voulu « jeter un pavé dans la mare, sans dévoiler la nature du caillou ». Et le tout a fait plouf !

La répression se poursuit et s’amplifie dans le pays. Selon l’ONG Human Rights Activists, au moins 50 235 interpellations ont eu lieu depuis le 8 décembre et le déclenchement du vaste mouvement de contestation du régime des mollahs par une bonne partie de la population, qui a culminé les 8 et 9 janvier. L’ONG indique que ces arrestations concernent un large spectre de la société, notamment des adolescents, des étudiants, des écrivains, des soignants, des avocats et des enseignants. Plus de 300 d’entre eux ont été contraints d’aveux forcés diffusés à la télévision. Quant au nombre de morts dus aux gardiens de la révolution, à la police ou à l’armée il oscille entre 30 000 et 40 000. Un véritable carnage.

Des bombardements israéliens ont fait 24 morts, dont au moins six enfants, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien. Une violation du cessez-le-feu, une de plus ! Samedi déjà des frappes israéliennes avaient tué plus de 30 Gazaouis. Au total au moins 523 personnes ont perdu la vie du fait de frappes israéliennes depuis le 10 octobre 2025. Mais pas un mot des gouvernements occidentaux, États-Unis en tête, pour dénoncer et condamner ces actions « terroristes ».

Quatorze migrants ont perdu la vie après la collision de leur embarcation avec un bateau des gardes-côtes grecs au large de l’île de Chios, en mer Égée, à proximité des côtes turques. Les autorités grecques n’ont fourni, dans un premier temps, aucune précision sur les causes du drame. Vingt-cinq migrants ont pu être secourus. Parmi les blessés transférés figurent sept enfants et une femme enceinte. Il semble que la collision se soit produite alors que l’embarcation qui transportait les migrants ait tenté d’échapper aux gardes-côtes qui voulaient l’arraisonner. Dans un passé récent, les brutalités des interventions des gardes-côtes, grecs mais aussi italiens, ont été signalées à plusieurs reprises. Selon l’Organisation internationale pour les migrations des Nations unies, des centaines de migrants ont disparu ou sont morts en Méditerranée lors de plusieurs naufrages durant le mois de janvier de cette année.

Il n’y a pas qu’outre-Atlantique que l’affaire Epstein fait des vagues. Le nom de Jack Lang, l’ancien ministre de la Culture de François Mitterrand et actuel président de l’Institut du monde arabe, est cité plus de 600 fois par les documents rendus publics par la justice américaine qui montrent que les liens entre les deux hommes n’étaient pas seulement amicaux mais aussi financiers, via notamment une société offshore. Pour l’instant, Lang affirme qu’il ne savait rien des activités sexuelles délictueuses d’Epstein qu’il décrit comme « un homme passionné par l’art la culture, le cinéma… charmant et agréable ». Or au moment où il l’a rencontré pour la première fois, il y a une quinzaine d’années, celui-ci avait déjà été condamné à dix-huit mois de prison pour prostitution de mineurs. Chose que Lang pouvait difficilement ignorer. À noter qu’il n’a pas eu un mot de solidarité et de compassion pour les victimes de ce prédateur qui livrait des jeunes femmes, parfois très jeunes, à ses amis. Encore un exemple où politique et affairisme font bon ménage.

Elon Musk, le patron de X, a réagi violemment à la perquisition des locaux parisiens de son réseau social et à sa convocation devant la justice française en avril prochain. « C’est une attaque politique », a dénoncé le milliardaire d’extrême droite. Le réseau social américain est visé par une enquête préliminaire, partie de signalements début 2025 dénonçant un biais dans ses algorithmes, mais aussi le fonctionnement de Grok (l’agent IA du réseau social) ayant conduit à la diffusion de contenus négationnistes (remettant en question par exemple la finalité criminelle des chambres à gaz des nazis) et de contenus multimédia (vidéo, audio ou image) à caractère sexuel et pédopornographique. N’en jetez plus ! Une conception très trumpiste de la liberté d’expression…