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Brèves

L’actualité en bref

Dans son rapport annuel sur la peine de mort, Amnesty International a dénombré 883 personnes exécutées dans 20 pays en 2022 (non compris la Chine), soit une hausse de 53 % par rapport à l’année précédente. Les chiffres enregistrés sont passés de 520 en 2021 à 825 en 2022. La Chine est toujours en tête de ce macabre décompte, avec plusieurs milliers de personnes exécutées en 2022 (les chiffres sont secrets), suivi de l’Iran où le nombre d’exécutions est passé de 314 en 2021 à 576 en 2022. Il a triplé en Arabie saoudite, passant de 65 à 196 (le plus élevé enregistré par Amnesty International en 30 ans), tandis que l’Égypte a exécuté 24 personnes en 2022. La barbarie légale ne s’est jamais mieux portée.

À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, célébrée chaque année le 17 mai, l’association SOS Homophobie a publié son rapport annuel. Si les violences contre les personnes LBGTI persistent dans leur ensemble, la transphobie augmente particulièrement. En 2022, le nombre de cas de transphobies rapportés auprès de SOS Homophobie a augmenté de 35 % par rapport à 2020 et de 27 % par rapport à 2021. Dix ans après l’adoption de la loi sur le mariage entre personnes de même sexe, les discriminations et les violences à l’égard des LGBTI n’ont cessé d’augmenter d’année en année. Selon Joël Deumier, le coprésident de cette association, « on a constaté une augmentation des violences physiques de 27 % par rapport à 2021. Cela représente une agression physique tous les deux jours contre une personne LGBTI en 2022 ». Triste constat.

À peine Macron avait-il déclaré dans une interview au journal L’Opinion qu’il voyait « un côté positif » à la proposition d’un texte d’abrogation de la réforme des retraites, qui devrait être défendue le 8 juin à l’Assemblée nationale par le groupe « Libertés, indépendants, outre-mer et territoires » et lui aurait permis « de mieux expliquer » sa réforme, qu’il a changé d’avis. Et il a donné l’ordre à ses partisans au Parlement – les groupes Renaissance, MoDem et Horizons – d’utiliser toutes les ficelles procédurières pour que ledit texte ne soit pas discuté, et encore moins voté. De peur qu’il soit adopté ?

La cour d’appel de Paris a condamné Nicolas Sarkozy à trois ans de prison, dont un an ferme, pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite « des écoutes ». L’ancien président avait tenté de corrompre un haut magistrat pour obtenir des informations sur des enquêtes en cours le concernant. Son avocat Thierry Herzog et l’ancien juge Gilbert Azibert ont été condamnés aux mêmes peines que l’ancien président de la République. La cour d’appel a en outre prononcé une interdiction des droits civiques de trois ans pour Nicolas Sarkozy ainsi qu’une interdiction d’exercer de trois ans pour Me Herzog. Mais comme Sarkozy s’est aussitôt pourvu en cassation, tout ce petit monde – habitué des combines, passe-droits et autres magouilles – va bientôt se revoir devant les tribunaux.

L’Association de défense des libertés constitutionnelles a saisi le Conseil d’État pour lui demander de suspendre en urgence un décret du 19 avril permettant l’utilisation des drones pour filmer casserolades, manifestations diverses, passage de la frontière par les migrants clandestins, etc. La représentante du ministère de l’Intérieur a plaidé « une atteinte nécessaire aux libertés ». La décision a été mise en délibéré. Mais, quelle qu’elle soit, on peut être sûr que le gouvernement trouvera un moyen – légal ou non – pour continuer d’utiliser ces méthodes de flicage sophistiquées et de constituer des fichiers hors de tout contrôle.

Le week-end dernier, pour soutenir des associations qui luttent contre l’homophobie, les footballeurs de Ligue 1 et de Ligue 2 étaient invités à porter leur numéro floqué arc-en-ciel. La plupart d’entre eux l’ont fait mais quelques joueurs bas de plafond, invoquant leur liberté d’opinion, voire de religion, ont préféré s’abstenir. La polémique a enflé et des entraîneurs ont pu les soutenir, estimant que cette journée n’était pas « nécessaire », alors même que les agressions, y compris physiques, contre les personnes homosexuelles augmentent de manière inquiétante. En refusant de dénoncer l’homophobie, ces gens la cautionnent.

Depuis jeudi 11 mai, les postiers martiniquais dénoncent l’augmentation de la charge de travail. En effet La Poste diffuse depuis décembre la totalité des imprimés publicitaires (IP) de l’île, obligeant les facteurs à distribuer les pubs de plus de 15 annonceurs différents. Les salariés qui sont à la préparation des IP ne sont pas mieux lotis : locaux vétustes, pas le matériel nécessaire… Bref, un gros bazar, tout ça parce que La Poste a sauté sur l’occasion de récupérer le marché, sans vouloir pour autant débourser un centime. Les postiers demandent une amélioration de leurs conditions de travail et une compensation financière. Les grévistes sont déterminés : la grève est reconduite dans les unités de distribution, et le centre de tri de Fort-de-France est bloqué. Paniquée, la direction cherche à organiser des négociations, qui pour l’instant coincent… puisqu’elle ne cède pas. Des deux côtés de l’océan, la force des travailleurs, c’est la grève !

Pour la première fois cette année l’assemblée des Nations unies a comméré le 15 mai le 75e anniversaire de la Nakba, l’exode forcé de centaines de milliers de Palestiniens suite à la création de l’État d’Israël. La décision avait été prise en novembre dernier. Malgré les vociférations d’Israël hurlant à l’antisémitisme, sur les 193 pays membres de cette institution, 90 avaient voté pour, 30 contre et les autres n’avaient pas pris part au vote. Parmi ceux qui s’opposaient à cette commémoration se trouvaient bien sûr Israël, mais aussi les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada, l’Australie, l’Autriche, le Danemark, la Grèce, la Hongrie, l’Italie et les Pays-Bas. Quant à la France elle s’était courageusement abstenue. À défaut de savoir qui sont vraiment leurs amis, les Palestiniens connaissent au moins leurs ennemis.

La juge d’instruction Aude Beresi avait convoqué mardi à Paris le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, pour répondre de plusieurs charges d’escroquerie, de blanchiment, de fraude et de corruption. Ce dernier ne s’est pas présenté affirmant « ne pas avoir reçu de convocation ». Dans son propre pays, le juge Charbel Abou Samra a tenté à trois reprises de lui notifier une convocation mais le document lui a été retourné à chaque fois sans signature, Salamé demeurant « introuvable ». Donc, depuis des mois, un escroc avéré dirige la banque centrale du pays sans vraiment être inquiété. Une belle illustration de la décomposition avancée des institutions libanaises.