Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Selon la dernière enquête de l’Insee, depuis 2014 et l’application des réformes des retraites de Sarkozy et Hollande, il y a 8 % de retraités en moins chez les 55-69 ans, mais seulement 6 % de salariés en plus. 2 % sont donc venus s’ajouter aux personnes sans emploi ni retraite, qui sont maintenant 2 millions, majoritairement des femmes, à avoir un statut précaire et principalement subi. Si ces réformes ont amputé gravement les conditions de vie d’environ 250 000 personnes, celle de Macron va empirer ce résultat. Leur système nous pousse chaque jour, plus nombreux vers la misère, il faut le renverser !

La Commission européenne reproche au groupe SNCF d’avoir épongé 5 milliards d’euros de dettes de sa filiale Fret SNCF et de l’avoir ainsi favorisée par rapport aux autres entreprises, le secteur du transport ferroviaire de marchandises étant ouvert à la concurrence depuis 2006. Elle somme la direction du groupe SNCF d’organiser « la discontinuité », terme juridique barbare dont les dirigeants du fret annoncent la traduction concrète : la suppression de 25 % des postes et des attaques sur la réglementation du travail. Pour saboter le fret ferroviaire et se débarrasser d’une activité peu rentable en lui préférant le transport par camions, les pouvoirs publics et la SNCF n’ont pas attendu l’appui d’autres qu’eux-mêmes et de la loi du profit : ils s’en chargent très bien depuis 30 ans ! D’où que viennent les mauvais coups, les cheminots et cheminotes du fret et d’ailleurs ne pourront compter que sur leur mobilisation pour s’y opposer.

Alors que les organisateurs des traditionnels rassemblements contre la réforme judiciaire du gouvernement Netanyahou avaient annulé des manifestations prévues ce samedi au vu de la situation militaire, plusieurs centaines de personnes ont malgré tout battu le pavé à Tel-Aviv et à Haïfa pour dénoncer l’intervention militaire israélienne à Gaza et en Cisjordanie et protester contre la colonisation. Solidarité avec les pacifistes israéliens.

Après la fusillade sur l’île de Djerba aux abords d’une synagogue, qui a fait cinq morts (trois gendarmes et deux Juifs) alors que de nombreux fidèles participaient à un pèlerinage traditionnel, le président Kaïs Saïed a réfuté toute allégation d’antisémitisme d’État. Il a de plus refusé de qualifier cette tuerie d’acte terroriste, voire de parler d’antisémitisme. Bien sûr nul ne sait les motivations profondes du tireur (lui-même gendarme) qui a été abattu sur place. Mais on peut se demander si l’atmosphère raciste et xénophobe entretenue depuis des semaines par Saïed à l’encontre notamment des migrants subsahariens et l’exhalation d’une Tunisie avant tout musulmane et arabe n’ont pas joué un rôle déclencheur dans le passage à l’acte du tueur.

En 1987, Daniel Morgan, un homme d’une quarantaine d’années, était abattu par la police alors qu’il se trouvait à côté de sa voiture dans le quartier de Sydenham, dans le sud-est de Londres. Et, depuis lors, aucun policier n’a été ni inculpé, ni même inquiété pour ce meurtre. Deux enquêtes n’ont donné aucun résultat, faute notamment de la collaboration de la police. Cette dernière vient d’affirmer avoir découvert un peu « par hasard » 37 dossiers concernant cette affaire qui avaient été « égarés ». Ils se trouvaient en fait dans un coffre-fort de la direction de Scotland Yard. Parmi eux, certains documents concernant directement la mort de Daniel Morgan, et aussi d’autres du ministère de l’Intérieur pointant « la corruption généralisée et systémique » qui gangrènerait la police métropolitaine. Sherlock, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, s’est insurgé contre la perspective d’un blocage de l’aide financière à l’Autorité palestinienne, demandé par son collègue hongrois Olivér Várhelyi, commissaire européen en charge de la politique de voisinage. Ce dernier justifie sa demande en mettant en avant « des contenus jugés haineux et antisémites dans les manuels scolaires palestiniens ». Son opposition à l’antisémitisme et au racisme serait plus crédible si, dans le même temps, il avait demandé des sanctions économiques et financières contre Israël du fait des contenus haineux et arabophobes de ses manuels scolaires. Mais bizarrement il n’y a pas pensé.

À l’occasion du festival international du film, la CGT a décidé de se mobiliser et de « faire son cinéma ». Elle appelle à manifester vendredi 19 mai sur le parvis de l’hôtel Carlton et, deux jours plus tard, sur le boulevard Carnot. Les casseroles vont se faire entendre. De son côté le préfet des Alpes-Maritimes, Bernard Gonzalez, a signé le 11 mai un arrêté interdisant toutes les manifestations dans la ville durant la 76e édition du festival qui se déroulera du 16 au 27 mai. Et il jure que cela n’a rien à voir avec le mécontentement social actuel. Il s’agit simplement, comme chaque année, de « garantir l’ordre public à l’occasion de cet événement d’ampleur exceptionnelle à caractère international » où 120 000 personnes sont attendues. De son côté, la CGT a annoncé qu’elle maintenait les rassemblements prévus.

La semaine dernière, pendant trois jours d’affilée, les travailleurs de l’usine Stellantis de Pomigliano (près de Naples) ont débrayé contre l’augmentation de la charge de travail. Ce mouvement a été suivi par 80 % des ouvriers des lignes de montage de la Fiat Panda et de l’Alfa Romeo Tonale. Les grévistes ont défilé dans les ateliers au cri de « Dignità ! dignità ! » (Dignité, dignité). L’usine alterne longues périodes de chômage partiel et périodes de travail avec des rythmes insupportables. Selon une étude syndicale, un ouvrier sur quatre serait atteint de troubles musculo-squelettiques. En Italie non plus les travailleurs ne veulent pas être victimes de la course au profit de Stellantis.

Des soldats appartenant à l’armée régulière malienne, épaulés par des combattants non identifiés mais appartenant très probablement à la milice russe de mercenaires Wagner, ont exécuté au moins 500 personnes en mars 2022 au cours d’une opération conduite à Moura, une localité du centre du pays, a rapporté le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Toutes les victimes appartenaient à la minorité peule. L’ONG Human Rights Watch avait alors dénoncé « la pire atrocité » perpétrée depuis dix ans et le début des troubles. De son côté, la junte militaire avait affirmé que son armée n’avait exécuté que des « terroristes djihadistes ». Une version rapidement remise en cause par les témoignages obtenus par la presse et par des organisations de défense des droits humains. Les militaires au pouvoir avaient alors annoncé « lancer une enquête » qui n’a toujours pas abouti. Les assassins en uniforme peuvent dormir tranquilles.