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Brèves

L’actualité en bref

Cent-cinquante nouveaux mots vont faire leur apparition dans l’édition 2024 du dictionnaire Le Petit Robert. Des mots qui se répartissent en trois groupes : le langage des jeunes, celui des nouvelles technologies et ceux qui ont récemment émergé dans l’actualité. Dans ce dernier groupe on trouve le verbe « nasser », qui désigne « l’encerclement des manifestants notamment utilisé lors des manifestations contre la réforme des retraites ». Une des techniques favorites de Darmanin a désormais les honneurs du dictionnaire. À défaut d’avoir ceux des manifestants qui se sont fait « nasser » à leur corps défendant.

Le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative du pays, a « exigé » du gouvernement qu’il rende des comptes quant à la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre, estimant que de nouvelles mesures étaient nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. Et de poursuivre : « Le Conseil d’État ordonne aujourd’hui au gouvernement de prendre de nouvelles mesures d’ici le 30 juin 2024, et de transmettre, dès le 31 décembre, un bilan d’étape détaillant ces mesures et leur efficacité. » Et que se passera-t-il si le gouvernement ne s’exécute pas ? Rien. Car les « sages » du Conseil ont précisé qu’ils n’imposeraient aucune astreinte financière en cas de non-respect de leurs recommandations. En un mot ils brandissent un sabre en bois. Pas de quoi inquiéter Matignon et l’Élysée…

Aujourd’hui se tient à Bercy une réunion entre le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et « l’ensemble des distributeurs » (de carburant) dans le cadre de la lutte contre l’inflation. C’est le moment qu’a choisi l’association de consommateurs CLCV (Consommation Logement Cadre de vie) pour rendre public un rapport qui accuse de nombreux distributeurs de sans-plomb 95 et de gasoil, parmi lesquels Intermarché, Leclerc et Système U, d’afficher des prix toujours très élevés depuis janvier alors même que les cours mondiaux sont partout à la baisse. La marge brute des grandes surfaces serait en moyenne de l’ordre de 25 centimes par litre. La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher a estimé que ces prix ne baissaient pas « assez vite » au regard d’autres pays européens. Donc Le Maire va leur faire les gros yeux. Pas sûr que ça fasse chuter les prix à la pompe.

Les ministres des Affaires étrangères des pays arabes viennent de décider, lors d’une réunion tenue au Caire, la réintégration du régime syrien au sein de la Ligue arabe après l’avoir exclu en 2011, officiellement pour la répression d’un soulèvement populaire ayant dégénéré en guerre sanglante. Ceci dit, dans cet aréopage réactionnaire, le régime sanglant d’Assad ne détonne pas trop à côté des dictatures que sont l’Égypte, la Jordanie, voire l’Arabie saoudite et les émirats du Golfe, sans oublier la Tunisie et le Maroc. Ce que reprochaient surtout ses pairs à Assad – qui a 360 000 morts civils sur la conscience – c’étaient ses alliances avec l’Iran chiite ou avec la Russie à laquelle il avait offert une base navale en Méditerranée. Mais le rapprochement entre l’Arabie saoudite et l’Iran a rendu Assad plus fréquentable. Ses voisins immédiats espèrent que cette normalisation leur permettra de renvoyer vers leur pays d’origine des millions de réfugiés syriens qui se sont établis chez eux. Quant au respect des droits humains il attendra encore un peu, en Syrie et ailleurs dans le monde arabe.

À l’occasion du premier anniversaire de la mort de la journaliste américano-palestinienne Shireeen Abu Akleh, le bureau de Paris de la chaine satellitaire Al-Jazeera, qui l’employait, appelle à un rassemblement à 10 heures ce jeudi 11 mai sur l’esplanade du Trocadéro en présence de nombreux journalistes. Il faut rappeler que la journaliste a été assassinée alors qu’elle couvrait un raid de l’armée israélienne à Jénine, en Cisjordanie occupée. À ce jour les autorités israéliennes n’ont mené aucune enquête sur sa mort alors même qu’elle portait une mention « press » bien visible sur sa veste lorsque des soldats israéliens lui ont délibérément tiré dessus. Quelques jours plus tard, à Jérusalem, la police israélienne est intervenue pour perturber ses funérailles. Les molles protestations des États-Unis, dont elle était ressortissante, et de l’Union européenne ont été sans lendemain. Comme toujours…

Devant le tollé qu’a suscité la manifestation à Paris de néo-nazis défilant en faisant le salut fasciste et affublés de croix celtiques, certains masqués, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin a demandé aux préfets d’interdire à l’avenir toutes les manifestations d’ultra-droite. Jusqu’alors le préfet de police avait répété qu’il ne disposait pas d’éléments suffisants pour interdire une telle manifestation. Il avait même reçu le renfort de la Première ministre, Élisabeth Borne, qui s’était dite « choquée » par les images de ce rassemblement tout en ajoutant aussitôt que le préfet « n’avait pas de motif pour l’interdire ». C’est bien connu il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, mais cette volte-face, n’a rien à voir avec les convictions profondes du premier flic de France. Elle est purement opportuniste face aux réactions hostiles suscitées dans l’opinion par les gesticulations des nostalgiques du pétainisme et du nazisme.

À l’unanimité, les députés de l’Assemblée nationale se sont prononcés en faveur d’un texte demandant l’inscription du groupe paramilitaire russe Wagner sur la liste de l’Union européenne des organisations terroristes. Les membres de cette milice sont accusés d’exactions et de crimes de guerre en Ukraine et en Afrique. Si cette condamnation n’a qu’une valeur morale, on peut s’interroger sur les organisations qui figurent sur ladite liste qui vont des gardiens de la révolution iraniens aux organisations palestiniennes comme le Hamas ou le Djihad islamique en passant par le PKK kurde, l’IRA irlandaise et l’ETA basque. Par contre pas une trace du bataillon d’extrême droite Azov, qui combat sur le front côté ukrainien, pas plus que celle des armées régulières dont l’action est dix fois plus meurtrière que celle des organisations terroristes aussi bien en Turquie, qu’en Iran, en Palestine, en Afrique, en Ukraine et ailleurs. La condamnation morale des parlementaires est à géométrie variable et parfaitement opportuniste.

Gabriel Attal, le ministre délégué chargé des Comptes publics, a présenté les mesures de « son plan de bataille » contre la fraude fiscale des multinationales et des « ultra-riches ». Réclamé par Macron ce plan est supposé durcir les contrôles et sanctions à l’égard des fraudeurs, tout en allégeant « la pression sur le petit contribuable ». Noble intention qui tient surtout de l’effet d’annonce. En effet les « ultra-riches » et les multi-nationales ont un nombre quasiment illimité de possibilités légales pour ne pas payer beaucoup d’impôt, ou plutôt pour bénéficier de « l’optimisation fiscale ». Et ils ont une armée d’avocats d’affaires et de fiscalistes pour les épauler. De plus, depuis le milieu des années 2000, 3 000 postes de contrôleurs fiscaux ont disparu et 3 000 autres doivent être supprimés d’ici à 2027. Donc le plan Attal sera inopérant. Et ce dernier le sait sans doute, tout comme Macron d’ailleurs…

L’Union européenne a annoncé l’annulation de la réception diplomatique prévue aujourd’hui à Tel-Aviv pour célébrer la « Journée de l’Europe » après la décision du gouvernement israélien de s’y faire représenter par le ministre d’extrême droite, Itamar Ben Gvir. Ce dernier a été inculpé plus de 50 fois dans sa jeunesse pour incitation à la violence ou pour des discours de haine, et condamné en 2007 pour soutien à un groupe terroriste et incitation au racisme. De plus c’est un fervent partisan de la colonisation juive en Cisjordanie et il a plaidé à plusieurs reprises pour son annexion. « Cette année nous avons décidé d’annuler la réception diplomatique, car nous ne voulons pas offrir de plateforme à quelqu’un dont les vues sont en contradiction avec les valeurs défendues par l’Union européenne », a indiqué le chef de la délégation. Cependant la défense de ces « valeurs européennes » n’a jamais conduit Bruxelles à condamner autrement que du bout des lèvres l’apartheid, la destruction des maisons, les meurtres systématiques des Palestiniens. Quant à prendre des sanctions contre l’État sioniste, il ne faut pas y compter. En résumé priver un ministre raciste d’une tribune et du verre de l’amitié est le summum des mesures de rétorsion qu’envisage l’UE à l’égard d’Israël. Netanyahou va trembler…