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Brèves

L’actualité en bref

Deux hommes ont été exécutés par pendaison, a annoncé l’agence d’information de l’autorité judiciaire Mizan Online. Sadrollah Fazeli Zarei et Youssef Mehrdad auraient avoué avoir « insulté le prophète Mahomet et d’autres blasphèmes y compris d’avoir brûlé le coran ». Les ONG de défense des droits humains mettent régulièrement en garde contre de tels « aveux » estimant qu’ils sont souvent obtenus sous la torture. L’Iran est le pays comptant le plus grand nombre d’exécutions, après la Chine. En 2022 au moins 582 personnes ont été mises à mort. Ce nombre était en hausse de 75 % comparé à l’année précédente (333 exécutions), un record depuis 2015. Qui risque encore d’être battu cette année.

Alors que la police continue de pourchasser un peu partout les animateurs des casserolades qui accompagnent désormais les déplacements ministériels, l’extrême droite a pu défiler dans les rues du VIe arrondissement sans être inquiétée. Des croix celtiques, des bras tendus et des chants nationalistes ont ponctué cette manifestation forte de 500 personnes en hommage à Sébastien Deyzieu, un militant du groupe pétainiste l’Œuvre française décédé en mai 1994. Interpellé par plusieurs parlementaires de gauche, Darmanin a préféré garder un silence prudent. Ou complice ? Quant au préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, il semble considérer que les casseroles dans la rue constituent un « trouble à l’ordre public » mais pas les néo-nazis. À chacun ses valeurs.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est rendu à Gruson pour inaugurer le nouveau centre-ville. Mais pour éviter tout risque de casserolade, la préfecture avait démenti fermement sa présence, en affirmant notamment sur le site Internet de la commune : « Contrairement à ce qui est parfois indiqué par erreur, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, ne se rendra pas à Gruson, dans le Nord. » Et le préfet des Hauts-de-France, Georges-François Leclerc, un des proches du ministre, d’assurer mordicus : « Il n’a jamais été question qu’il vienne. » Il est finalement venu et reparti en douce. Ce qui n’est pas très glorieux. Et son entourage d’entonner en chœur : « Il a décidé d’y aller au dernier moment. » Il n’y a plus qu’à le croire. Quant au comité d’accueil local, il s’est contenté de déverser de l’huile de vidange sur la façade de la mairie.

Sous la houlette de Dominique Rey, évêque de Toulon-Fréjus, une procession de plusieurs centaines de personnes a traversé la ville de Draguignan pour demander au Très-Haut de bien vouloir faire tomber la pluie. On ne sait pas si ces supplications seront entendues par Jéhovah qui n’en fait souvent qu’à sa tête. Mais que l’Église se livre à une pareille pitrerie au XXIe siècle montre que les mitrés sont en retard de quelques siècles mais spéculent toujours autant sur la crédulité populaire.

Deux députés LR souhaitent proposer un référendum d’initiative partagée sur l’immigration en reprenant la vieille idée de l’immigration choisie… par les patrons ! La seule immigration acceptable pour eux serait celle qui viendrait combler les trous dans les secteurs où la main-d’œuvre manque. Et même pour celle-là, les conditions seraient durcies : l’accès aux prestations non contributives (allocations familiales, etc.) serait conditionné à cinq ans de présence légale sur le territoire. Solidarité avec les travailleurs avec ou sans-papiers, non à la division des travailleurs !

L’été n’a pas encore débuté, mais vingt départements sont déjà concernés par des mesures de restriction d’eau. Le BRGM, service géologique de l’État, prédit une situation de sécheresse sur la quasi-totalité du territoire métropolitain cet été. Macron vend son « plan de sobriété » sur l’eau, pour éviter les conflits d’usage à venir. Si un tel plan est nécessaire, dans les faits, c’est l’État qui fait construire des méga-bassines, qui vident les nappes phréatiques pour sauver les grands propriétaires aujourd’hui, quitte à aggraver la sécheresse de demain.

C’est le refrain que les supporters du Celtic Glasgow ont chanté en chœur (« tu peux te mettre ton couronnement dans le c** »). Un autre témoignage que la grande messe du couronnement est loin de provoquer de l’enthousiasme chez tous les habitants du Royaume-Uni, a fortiori ceux dont les ancêtres en ont subi l’oppression coloniale comme les Irlandais. Ce chant a été repris dans des concerts et par une multitude de jeunes : 41 % des Britanniques de 18 à 25 ans préfèreraient avoir un chef d’État élu, d’après un sondage de 2022, chiffre qui augmente d’’année en année.

Le 8 mai les cérémonies officielles célèbrent la victoire sur la barbarie nazie, on oublie que le 8 mai 1945, des milliers d’Algériens descendaient dans les rues manifester leur volonté d’indépendance. À Sétif, ils furent réprimés par les autorités coloniales françaises, avec une sauvagerie qui n’avait rien à envier aux nazis : plus de 10 000 morts parmi les civils en quelques jours. Cet épisode, occulté comme tant d’autres de l’histoire franco-algérienne, nous rappelle que la République française aussi a les mains pleines de sang.

Le magazine L’Obs a publié le 29 avril un article sur le PDG de Stellantis, Carlos Tavares. Il restitue ses propos : « les constructeurs n’arrivent pas à fabriquer en Europe des véhicules électriques bon marché […]. Vendre […] à moins de 25 000 euros la voiture est impossible. » Les salaires ouvriers sont trop bas, alors que le sien est de 64 500 euros par jour. Il conseille lui-même aux électeurs : « Voter pour ceux qui interdiront de tels salaires. » Manière d’appeler à voter Mélenchon ? Certes pour Mélenchon et Tavares, plafonner les salaires des PDG est un moyen de sauver les profits des entreprises et le pouvoir du patronat sur toute la société. Pour remettre à leur place des profiteurs comme Tavares et ses amis, la solution n’est pas de voter pour ceux qui veulent sauvegarder le capitalisme, mais de se préparer à le renverser  !