Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Selon le baromètre mensuel YouGov pour le média en ligne Le Huffpost, la cote de popularité d’Emmanuel Macron continue de chuter. Il ne recueille plus que 19 % d’opinions favorables. Un recul de trois points en un mois qui fait passer le locataire de l’Élysée sous la barre symbolique des 20 % et le rapproche de son plus bas historique de 18 % atteint en décembre 2018 au plus fort de la crise des gilets jaunes. C’est réconfortant, mais il faudra plus qu’un mauvais sondage pour le faire dégager.

Au lendemain des propos critiques de Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, sur « l’incapacité » de la présidente du Conseil Giorgia Meloni à gérer l’immigration, par-delà les Alpes, la plupart de ses collègues du gouvernement ont préféré faire le dos rond et ne pas commenter ses propos. Une exception toutefois, celle de Clément Beaune, le ministre des Transports qui est supposé incarner « l’aile gauche » de la majorité présidentielle (si, si ça existe !). Il a « donné raison sur le plan politique » à Gérald Darmanin qui, selon lui, a rappelé « ce qu’est l’extrême droite partout, en Italie comme ailleurs, qui fait beaucoup de promesses et règle peu de problèmes ». En résumé Darmanin, Beaune et leurs amis sont plus efficaces que l’extrême droite pour s’en prendre aux migrants. Pas de quoi se vanter.

L’explosion récente du nombre de permis d’exploitation minière au Québec représente une menace directe pour la protection de la biodiversité, affirme dans un rapport la Société pour la nature et les parcs. Ces permis, accordés à l’industrie, bloquent plusieurs projets d’aires protégées, en plus de couvrir des milliers de kilomètres carrés d’habitats du caribou. Au cours des deux dernières années le nombre de permis délivrés par les autorités a augmenté de 65 %. En se basant notamment sur les cartes des projets de protection de milieux naturels et celles des titres d’exploration, le rapport estime que 32 projets de préservation de la nature seraient tout simplement bloqués en raison de la préséance des droits de l’industrie minière sur ces territoires, qui représentent une superficie totale de 28 441 km2. Ce qui n’empêche pas les gouvernements provincial et central de s’affirmer résolument écolos. Ça ne mange pas de pain.

Le 20 avril dernier, 136 personnes dont 50 femmes et 21 enfants ont été tuées dans le village de Karma. Des rescapés et des témoins ont affirmé que le massacre avait été commis « par des personnes arborant des tenues de nos forces armées nationales » venus en pickups militaires. Et, depuis lors, la colère gronde dans le pays. Pour y répondre le chef du gouvernement militaire, Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir après un coup d’État en septembre dernier, a expliqué à la télévision qu’il ne fallait pas « tirer des conclusions hâtives ». En suggérant qu’il s’agissait peut-être de faux militaires empruntant des véhicules tombés aux mains de « groupes terroristes » lors de combats précédents. Et en indiquant au procureur dans quelle direction il devait mener ses investigations. Les troufions assassins impliqués peuvent dormir tranquille.

À combien s’élève la fortune du roi d’Angleterre qui sera couronné demain ? Les spécialistes s’interrogent. Il y a d’abord sa fortune privée, en quelque sorte sa cagnotte personnelle, qui pèserait 400 millions d’euros. Puis vient le domaine royal composé de terres, de châteaux, d’immeubles, de ports, de supermarchés, de parcs éoliens en mer, de droits de pêche, etc. Estimation minimale 15 milliards d’euros. À cela s’ajoutent les joyaux de la Couronne composés de diamants, saphirs, rubis, tourmalines, en tout 140 pièces de joaillerie qui se montent à des milliards d’euros et la « Royal Collection » qui comprend 200 000 tableaux, bijoux, meubles, tapisseries et photos évalués à la louche à plus de 10 milliards d’euros. Et enfin la « liste civile » qui lui est versée chaque année pour ses menus frais et qui avoisine les 100 millions d’euros. Si, parait-il, le roi est écolo et s’inquiète pour la fin du monde, par contre il n’a pas trop de souci à se faire pour ses fins de mois dans un pays où la pauvreté concerne chaque jour une part croissante de la population.

C’est l’ONG Carbon Tracker qui le dénonce dans un rapport. Des sociétés de gestion d’actifs du monde entier ont des investissements d’une valeur de 417 milliards de dollars dans des productions de pétrole et de gaz. Pour arriver à ce chiffre les auteurs ont analysé les investissements de firmes financières qui comptent parmi les actionnaires de 15 grandes entreprises privées du secteur des hydrocarbures comme le Britannique BP, l’Américain ExxonMobil ou le Français TotalEnergies. Parmi les gestionnaires, un certain nombre de groupes américains se distinguent par leurs importants investissements dans les entreprises pétrolières et gazières, comme le géant BlackRock (avec une valeur des actifs dans le pétrole et le gaz de 116 milliards en 2022). D’autres, comme Amundi (12 milliards), filiale du Crédit agricole, sont également épinglés. Le tout en contradiction avec leurs engagements climatiques affichés. En effet tous sont membres d’une structure qui se donne pour but de « soutenir l’objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050 ou avant, en ligne avec les efforts pour limiter le réchauffement à 1,5 °C. » Un engagement « écolo » sur lequel fonds d’investissements et producteurs d’hydrocarbures s’assoient allègrement. Comme à l’accoutumée.

Toujours soucieux d’apparaître comme le véritable champion de la liste contre l’immigration, le ministre de l’Intérieur, Gérard Darmanin, vient de s’en prendre à la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, qu’il accuse de laxisme dans ce domaine. « Madame Meloni, gouvernement d’extrême droite choisi par les amis de madame Le Pen, est incapable de régler les problèmes migratoires sur lesquels elle a été élue » a-t-il déclaré sur RMC. Et tout ça pour contrer un député Rassemblement national qui le rendait responsable de l’afflux de migrants clandestins à la frontière franco-italienne. Pourtant, ces derniers temps, le gouvernement italien s’est distingué pour sa hargne anti-migrants, notamment en multipliant les entraves aux activités des ONG qui opèrent en Méditerranée et en tentant de criminaliser leur action. Mais dans la chasse aux immigrés on trouve toujours plus réac que soi.

C’est le site en anglais de l’office saoudien du tourisme (Visit Saudi) qui l’affirme. À la question « Les touristes LGBT sont-ils bienvenus dans le royaume wahhabite ? », il répond : « Le pays accueille tout le monde, sans s’enquérir des détails personnels. » Ce qui n’empêche pas qu’est maintenue la peine de mort pour toute personne reconnue « coupable » d’homosexualité. Le modernisme à des limites. À la place des touristes LGBT on se méfierait.

Avec 25 journalistes détenus et 72 interpellations depuis la mort de Mahsa Amini, l’Iran fait partie des pays les plus répressifs du monde en matière de liberté de la presse. Un rapport récent de Reporters sans frontières (RSF) le classe 177e sur 180. La plupart des journalistes en prison sont des femmes. L’organisation internationale de défense des journalistes s’est intéressée au sort de deux d’entre elles, Niloofar Hamedo et Elahe Mohammadi, dont le tort est d’avoir enquêté sur la mort de la jeune Kurde de 22 ans aux mains de la police. Le pouvoir judiciaire iranien a annoncé qu’elles étaient accusées de « collaboration avec les États-Unis », « d’atteinte à la sécurité nationale » et de « propagande contre le système ». Ces charges sont toutes passibles de la peine de mort. RSF dénonce des accusations grotesques et exige leur libération.