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Brèves

L’actualité en bref

La mise hors-la-loi des manifestations anti-Macron continue. Dernier épisode en date : le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a interdit les actions prévues par la CGT aux abords du Stade de France ce soir pour la finale de la coupe de France de football, à laquelle devrait assister Emmanuel Macron. Le secrétaire départemental de la CGT, Kamel Brahmi, a expliqué que la protestation prévue consisterait à distribuer des cartons rouges et des sifflets aux spectateurs à la sortie du métro et RER. Avant même cette annonce Macron, prudent, avait fait savoir que, contrairement à la tradition, il ne descendrait pas sur la pelouse avant le début du match pour saluer les joueurs. L’intersyndicale a déposé un recours contre cette interdiction devant le tribunal administratif. Mais, de toute façon, quoi qu’il arrive, Macron n’échappera pas à la colère populaire.

Si la guerre en Ukraine et les mesures de rétorsions des puissances occidentales compliquent un peu plus chaque jour la vie des plus modestes, les plus riches, ici comme ailleurs, ont fort bien su tirer leur épingle du jeu. Selon l’édition russe du magazine spécialisé Forbes, la Russie poutinienne compte désormais 110 milliardaires en dollars, soit 22 de plus que l’an dernier. Et, dans le même temps, leur fortune à fait un bond de 152 milliards de dollars pour atteindre 505 milliards. Dans le trio de tête de ces oligarques on trouve Andreï Melnichenko, le roi de l’engrais (25,2 milliards), suivi de Vladimir Potanine, qui contrôle l’exploitation et le commerce du nickel (23,7 milliards) et Vladimir Lissine, qui a la main sur la sidérurgie (22,1 milliards). Les sanctions qui les visent les ont plutôt remplumés !

Le 17 mai prochain s’ouvrira à Dublin, en Irlande, le Congrès européen sur l’obésité qui va réunir médecins, nutritionnistes, épidémiologistes et autres spécialistes de la santé pour combattre un fléau qui touche l’ensemble de la planète. Dans l’Hexagone, un adulte sur deux est en surpoids et juit millions de personnes sont obèses. Pointée du doigt comme principale responsable, la mal-bouffe bourrée de graisses, de sucres, de nitrites, de colorants, etc. Or qui trouve-t-on parmi les principaux sponsors de l’évènement ? Une filiale du groupe suisse Nestlé, dont le chiffre d’affaires flirte avec les 100 millions d’euros, et dont 60 % de ses produits comestibles et 96 % de ses boissons sont trafiqués. D’où une tribune de protestation d’une dizaine de chercheurs contre cette présence parue dans le prestigieux British Medical Journal. Ce qui n’a pas empêché de dormir les organisateurs de l’évènement qui confondent sans doute serment d’Hippocrate et serment d’hypocrites.

Il y a presque un an, le 4 mai 2022, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, lançait « un plan d’urgence » destiné à « améliorer les délais de délivrance des passeports et des actes d’identité », qui, selon lui, atteignaient alors soixante-cinq jours en moyenne pour obtenir un rendez-vous et un mois supplémentaire pour la fabrication du document. Son administration promettait que les choses allaient s’améliorer dès le mois de septembre de la même année. Mais, selon Le Parisien, qui a consacré un article à ce sujet, les délais sont aujourd’hui de soixante-six jours, soit un de plus qu’il y a un an. En cause : le manque de personnel et le fait qu’il n’est plus possible de déposer ses demandes dans n’importe quelle mairie. Seules 3 000 d’entre elles (sur 36 000) sont habilitées à le faire. Mais Élisabeth Borne a dégainé un nouveau plan d’urgence qui raccourcira ce délai à vingt jours dès l’automne. Promis, juré. Il n’y a plus qu’à y croire…

Selon le rapport annuel de la Mutuelle assurance des instituteurs de France (la Maif), Pascal Demurger, son directeur général, touche un modeste salaire mensuel de 55 000 euros brut, soit plus de 30 Smic. Depuis son accession à ce poste, en 2016, il s’est augmenté de 31 %. Ce qui ne l’a pas empêché de présenter sa candidature au Mouvement impact France, qui lutte pour limiter les écarts de salaire dans les entreprises de un à dix Smic. Une mesure qui, à l’évidence, ne s’applique pas à la Maif.

Alors qu’il arpentait un marché à Dole dans le Jura, Macron a été interpellé sur le salaire des patrons. « Qu’est-ce que vous pensez du salaire des grands PDG ? » l’a interrogé un homme à un stand d’habits. « Ça choque tout le monde, moi aussi ça me choque », a-t-il répondu alors qu’une caméra de BFM TV filmait l’échange. Et d’affirmer que si dans le secteur public les salaires des dirigeants d’entreprises étaient plafonnés, dans le privé « ce sont les actionnaires qui décident » a-t-il justifié, en ajoutant que l’État ne peut pas se substituer aux actionnaires. Tout baigne. Lorsqu’il s’agit de cogner sur les plus faibles (retraités, titulaires de RSA, chômeurs, migrants…) le président de la République est en pointe. Mais pour s’attaquer aux privilèges des plus riches, il se dit impuissant. Rien d’étonnant puisqu’il est à leurs ordres.

Seize anciens salariés en pré-retraite de la société Orano de Tricastin (traitement de produits nucléaires) ont reçu en avril une lettre recommandée de leur employeur leur proposant une étrange alternative : reprendre le travail pendant plusieurs mois ou renoncer à une partie de leurs indemnités de départ à la retraite pour compenser cette durée de travail supplémentaire. Tout cela dans le cadre de la loi retraite de Macron, alors qu’elle n’était même pas encore validée par le Conseil constitutionnel… Cette mauvaise surprise a évidemment suscité des réactions de colère. La direction d’Orano a alors expliqué qu’elle avait préféré prendre les devants pour offrir des solutions individuelles à ses anciens salariés nés après 1961.
D’autres patrons ont-ils agi de la même manière ou vont-ils le faire pour tenter de tirer le maximum d’avantages de la nouvelle législation sur les retraites ? On n’en sait rien pour le moment, mais cette affaire donne une idée du cynisme patronal.

Les garde-côtes de Garaboulli ont récupéré les corps de onze migrants (dix hommes et une petite fille) morts noyés après le naufrage de l’embarcation qui devait les emmener clandestinement vers l’Europe. Soixante et un autres ont été sauvés alors que quatre d’entre eux avaient réussi à regagner la côte à la nage. Environ 80 migrants se trouvaient à bord, des Égyptiens, des Pakistanais, des Bangladais et des Africains subsahariens. De son côté, le Croissant-Rouge libyen a récupéré sur les plages de Sabratha (à 70 kilomètres à l’ouest de Tripoli) les corps de 34 autres migrants clandestins qui ont péri dans un autre naufrage, celui d’un bateau pneumatique transportant une centaine de passagers. Jour après jour, l’hécatombe se poursuit.

À cause de l’inflation, le recours aux banques alimentaires a atteint des sommets outre-Manche. Près de trois millions de colis d’urgence ont été distribués entre avril 2022 et mars 2023, a détaillé l’association caritative The Trussell Trust. Il s’agit d’un record pour l’organisme qui gère un vaste réseau de banques alimentaires dans le pays. En outre, plus d’1,1 million de ces colis d’urgence ont été distribués à des enfants, soit une hausse de 36 % sur un an, Selon l’association, plus de 760 000 personnes ont eu recours à une banque alimentaire pour la première fois entre avril 2022 et mars 2023. Une preuve de l’ampleur de la crise que subissent les ménages britanniques confrontés à une inflation supérieure à 10 % depuis des mois. Mais, pendant ce temps, la Bourse de Londres atteint des sommets.