Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Les téléspectateurs de la rencontre entre le PSG et le RC Lens ont vu le match perturbé samedi 15 avril. Cette perturbation était due à une mobilisation des salariés du prestataire technique AMP Visual TV, en conflit avec leur direction sur le sujet des salaires. Et pour cause : il n’y a pas eu d’augmentation pour les intermittents depuis la dernière grève, en 2008 ! Une mobilisation à l’image des nombreuses grèves pour les salaires qui essaiment dans le pays depuis des mois.

Après avoir fait semblant de vouloir respecter une période de « convalescence », la Première ministre Élisabeth Borne a déclaré devant le conseil national de parti Renaissance : « nous sommes déterminés à accélérer » les réformes après celle des retraites. Une provocation de plus.
À trop vouloir appuyer sur le champignon, le gouvernement ne fera que rajouter du carburant à notre colère. Nos mobilisations, encore bien présentes, pourraient bien créer un carambolage des réformes et de toute cette politique au service des patrons !

Nouveaux affrontements armés dans la capitale, Khartoum, entre les forces de soutien rapide du général Mohamed Hamdan Dogolo, dit Hemeti, et celles du chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhan. Il y a deux ans, ces deux compères avaient renversé le gouvernement civil qui, en 2019, avait mis fin à la dictature d’un autre général, Omar el-Bechir. Mais au fil du temps les conflits entre eux se sont multipliés et la promesse de rendre le pouvoir aux civils sans cesse repoussée. Récemment, Hemeti s’est même rangé du côté des civils, largement par démagogie, bloquant les discussions et donc toute solution de sortie de crise. Et, pendant ce temps, une large partie de la population soudanaise continue de crever de faim, le pays se classant 170e sur 189 dans l’indice de pauvreté du Programme des Nations unies pour le développement. Mais les seules choses que les militaires de toute obédience ont à lui offrir, ce sont des balles.

C’est à Djeddah, en Arabie saoudite, que viennent de se réunir, à l’invitation de leur collègue saoudien, les ministres des Affaires étrangères d’une dizaine de pays du Moyen-Orient, notamment ceux d’Oman, du Koweït, du Bahreïn, du Qatar, des Émirats arabes unis, d’Égypte, de Jordanie et d’Irak. À propos de la situation en Palestine, ils ont dénoncé « les pratiques israéliennes illégales », « la violation du caractère sacré des lieux saints » en appelant Israël « à respecter la situation historique et juridique en vigueur ». Sauf que la situation historique et juridique actuelle est celle de la colonisation israélienne forcenée, du régime d’apartheid et la négation des droits des Palestiniens. Palestiniens qui à l’évidence ne sont pas la préoccupation majeure des États arabes. Avec de tels amis qui a besoin d’ennemis ?

Le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) a condamné le groupe Conforama à une amende 20 000 euros pour avoir enregistré et conservé des données relatives à des salariés dans son magasin de Leers (Nord), fermé en 2019 avec plus de 1 900 suppressions d’emplois. Pendant des années, l’enseigne d’ameublement avait confectionné des fichiers sur ses salariés en notant leur appartenance syndicale, sensibilité politique et appréciations diverses sur leur comportement et leur vie privée. En toute illégalité bien sûr. Finalement, après douze ans d’errance, le tribunal a été clément. Ce que n’a pas digéré Manuel Aires, le représentant syndical de Force ouvrière, en affirmant notamment : « Les peines prononcées ne sont pas dissuasives. 20 000 euros, pour une entreprise qui fait plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, ce n’est pas grand-chose. » Preuve que la justice sait être compréhensive avec les patrons voyous. Surtout les grands.

Après la validation par le Conseil constitutionnel du report de l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans et, dans la foulée, la promulgation du texte par Macron, Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, promet « de continuer le harcèlement législatif » du gouvernement en annonçant le dépôt à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi (PPL) d’abrogation de cette législation. Il a invité les autres partis de la Nupes à se joindre à cette initiative. Mais, en l’espèce, aucun groupe de gauche n’a les moyens d’inscrire cette PPL à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, car toutes leurs niches parlementaires respectives ont été épuisées. Ce qui, de fait, rend pratiquement impossible sa mise à discussion d’ici la fin de la session parlementaire, prévue pour la fin du mois de juin. Et après ce sont les vacances d’été. Face à un tel « harcèlement » Macron ne risque pas de trembler !

C’est Élisabeth Borne qui l’a annoncé lors d’un de ses déplacements en Eure-et-Loir. Au 1er mai prochain le Smic va connaître une revalorisation de 2,19 %, soit d’environ 30 euros. Il atteindra 1 383 euros net mensuels pour un temps plein de 35 heures. Et d’ajouter fièrement que sur un an le Smic a augmenté de 6 % alors même que l’inflation n’était que de 5,7 %. De quoi se plaignent les smicards ? Sauf que le raisonnement est biaisé. Car le taux officiel de l’inflation est une moyenne qui masque mal des inégalités de prix importantes. Ainsi si l’on s’en tient aux produits de première nécessité, qui constituent souvent la part principale du budget des classes populaires, ceux de l’alimentation ont grimpé de 15,9 %, notamment ceux des légumes frais (+ 29,3 %), des fruits frais (+ 10,1 %) et du poisson (+ 10 %). Toujours dans l’alimentation, les prix grimpent de 15,7 % dont le pain et les céréales (+ 15,4 %), le fromage et les laits caillés (+ 20,3 %), le sucre, la confiture, le miel, le chocolat et la confiserie (+ 15,5 %), des boissons non alcoolisées (+ 14 %) et alcoolisées (+8,1 %). Pour faire face à de telles hausses de prix il est temps de porter le Smic à au moins 2 000 euros net par mois.

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi dans plusieurs pays musulmans pour célébrer la « journée mondiale d’Al-Qods » (Jérusalem en arabe), qui se tient chaque année le dernier vendredi du mois de ramadan, en solidarité avec le peuple palestinien. En Iran, des rassemblements ont eu lieu à Téhéran, Tabriz (nord-ouest), Hamadan (ouest), Yazd (est), Bandar Abbas (sud) et Abadan (sud-ouest). D’autres se sont aussi déroulés à Bagdad, en Irak, à Beyrouth, au Liban, dans le camp de réfugiés de Borj el Barajneh et, en Syrie, dans celui de Yarmouk, dans la banlieue sud de Damas. Au-delà de l’instrumentalisation de certaines manifestations par des mouvement ou régimes islamistes ces mobilisations reflètent aussi l’importance que garde la cause palestinienne dans l’opinion arabe, et plus largement dans celle des pays musulmans.

Le bilan du naufrage au large de au large de Sfax, dans le centre-est de la Tunisie, d’un bateau de migrants originaires d’Afrique sub-saharienne est monté à 32 morts après que huit nouveaux corps ont été retrouvés, ont annoncé les garde-côtes tunisiens. Au lendemain du naufrage de ce bateau, ils avaient fait état de dix morts avant de revoir ce bilan à la hausse jeudi après avoir récupéré 14 nouveaux corps de migrants ainsi que celui du Tunisien qui dirigeait l’embarcation sinistrée. La plupart des migrants africains présents dans le pays y arrivent pour tenter ensuite d’immigrer clandestinement par la mer vers l’Europe, certaines portions de littoral se trouvant à moins de 150 kilomètres de l’île italienne de Lampedusa. Les départs se sont intensifiés après un discours le 21 février du président tunisien Kaïs Saïed pourfendant l’immigration clandestine, la présentant comme une menace démographique pour son pays et déchaînant les violences racistes. Depuis le bilan des morts ne cesse de s’alourdir.