Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Selon le quotidien The Guardian en un an « la famille royale d’Angleterre a touché plus de 1,3 milliard d’euros de revenus privés issus de diverses propriétés » appartenant à la Couronne. En plus, l’entretien de nombre de propriétés royales – notamment des châteaux – est pris en charge par l’équivalent britannique des Monuments historiques, c’est-à-dire en dernière analyse par le contribuable. On est heureux d’apprendre qu’à la différence de nombre de ses sujets le roi Charles III ne connaît pas les fins de mois difficiles.

Le maire de Toulon, Hubert Falco, 75 ans, homme fort de la politique varoise depuis 30 ans, ex-LR rallié à Macron, a été condamné par un tribunal de Marseille à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat pour recel de détournement de fonds publics. La justice reprochait à Falco, qui est également président de la métropole toulonnaise, d’avoir continué à déjeuner gratuitement durant des années à la cafétéria du conseil départemental, alors qu’il n’en était plus président depuis plus de dix ans, et d’avoir profité de repas à domicile et de frais de pressing, réglés eux aussi sur des fonds publics de cette collectivité. Coût pour le contribuable entre 2015 et 2018 au moins 64 500 euros, soit environ 1 500 euros par mois. Une somme de 55 000 euros a été saisie sur son compte. Mais comparé aux centaines de millions d’euros dont se remplissent les poches les riches via notamment les évasions fiscales de toute sorte, Falco apparait vraiment comme un gagne-petit de la fraude.

Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances, a annoncé l’envoi d’un courrier aux industriels pour les inciter poliment à bien vouloir répercuter la baisse du cours de certaines matières premières sur les prix de détail. Peu de chance qu’il soit entendu. Il faut dire qu’après une baisse spectaculaire des prix du gaz et des hydrocarbures sur les marchés internationaux, ce sont ceux des produits agricoles qui suivent la même pente. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a rendu public son indice des prix mondiaux des produits agricoles. D’où il ressort que pour le douzième mois consécutif cet indice a reculé, de 2,5 % en mars, soit une baisse de 20,5 % en un an. Par catégorie, les céréales ont baissé de 18,6 %, les produits laitiers de 10,7 % et la viande de 5,3 %. Ce qui n’a pas empêché les prix de détail de l’alimentation de flamber dans le pays pour atteindre + 15,9 % le mois dernier. Que ce soit à la pompe ou dans les rayons des supermarchés, les consommateurs n’ont pas vu la couleur de ces baisses de prix. Bien au contraire. Encore une fois, industriels et distributeurs s’en mettent plein les poches.

Les exécutions judiciaires dans le pays ont enregistré une hausse de 75 % en 2022, avec 582 pendaisons, selon deux organisations de défense des droits humains qui dénoncent une « machine à tuer » visant à « instiller la peur » dans le pays. Le chiffre d’au moins 582 exécutions est le plus élevé dans la République islamique depuis 2015, après un total de 333 exécutions en 2021, selon les ONG « Iran Human Rights » (Droits humains en Iran) basée en Norvège et « Ensemble contre la peine de mort », installée à Paris. Plus de la moitié des condamnés exécutés après le début des manifestations, et 44 % des exécutions enregistrées en 2022, étaient liés à des affaires de drogue. Soit le double des chiffres de 2021 et dix fois ceux de 2020. Comme le notent les ONG la peine de mort a été « utilisée comme un ultime outil d’intimidation et d’oppression par le régime iranien dans le but de maintenir la stabilité de son pouvoir ». À noter enfin que près du tiers des suppliciés appartenaient aux minorités baloutche, arabe et kurde du pays qui ensemble, représentent moins de 20 % de la population.

Londres a ajouté à son arsenal controversé de lutte contre l’immigration illégale le recours à une barge, nommée Bibby Stockholm, amarrée à quai dans le port de Portland, dans le sud du pays, pour « héberger 500 demandeurs d’asile, afin de réduire les coûts, dissuader les traversées de la Manche et réduire au minimum les perturbations pour la population locale ». Le Premier ministre conservateur, Rishi Sunak, a vanté les avantages d’une solution destinée à « économiser de l’argent et réduire la pression sur les hôtels ». Et le secrétaire d’État à l’Immigration, Robert Jenrick, en a rajouté une couche en affirmant : « Nous n’élèverons pas les intérêts des migrants dans l’illégalité au-dessus de ceux des Britanniques que nous sommes élus pour servir. » De son côté,Steve Valdez-Symonds, responsable de la section réfugiés et droits des migrants chez Amnesty International UK a protesté en estimant que : « confiner des centaines de personnes à l’isolement sur une barge n’est qu’un peu plus du théâtre que le gouvernement a créé pour masquer sa mauvaise gestion patente du système d’asile. » Dénonçant la « cruauté » du projet, il a demandé son abandon. Quant au directeur du Refugee Council, Enver Solomon, il a quant à lui étrillé une initiative « totalement inappropriée », loin d’apporter « le respect, la dignité, le soutien » que méritent les demandeurs d’asile.

Une filiale du groupe de BTP Vinci vient de comparaître devant le tribunal correctionnel de Créteil pour répondre de la mort d’un ouvrier, survenue il y a trois ans, sur l’un des chantiers du Grand Paris Express. Il s’agit du super-métro que l’on nous promet pour les JO de Paris 2024. Le mois dernier, sur un autre chantier du même ouvrage, c’est un employé d’un sous-traitant d’un autre grand groupe de BTP, Eiffage, qui avait perdu la vie. C’est le cinquième accident mortel que l’on dénombre depuis le début des travaux en 2016. Pour tenir les délais les patrons du secteur accélèrent les cadences et emploient à foison sous-traitants, intérimaires et sans-papiers. Au mépris de la vie et de la sécurité de leurs salariés.

Après avoir fait le buzz en posant dans Playboy et en accordant une interview à ce magazine « pour adultes », Marlène Schiappa fait de nouveau parler d’elle. En 2021, après l’assassinat de Samuel Paty, alors qu’elle était ministre déléguée à la Citoyenneté, elle avait créé une structure, baptisée Fonds Marianne, destinée à lutter contre l’islamisme sur les réseaux sociaux. Parmi les associations que ce Fonds avait soutenues l’une, l’Union des sociétés d’éducation physique et de préparation militaire, a utilisé l’essentiel de la subvention de 266 000 euros qu’elle avait touchée pour salarier deux de ses ex-dirigeants. Une autre, Reconstruire le commun, a utilisé les 300 000 euros qui lui avaient été accordés pour diffuser, sous couvert de lutte contre le séparatisme et pour la laïcité, des messages attaquant les opposants de Macron lors de la présidentielle et des législatives de 2022 avant de mettre la clé sous la porte… en gardant l’argent. Preuve qu’à défaut d’être efficace, la lutte contre l’islamisme peut être financièrement rentable, au moins pour les copains de Schiappa.

Après la publication des résultats de son entreprise de luxe LVMH la fortune de Bernard Arnault a augmenté cette semaine de 12 milliards de dollars et atteint désormais 210 milliards de dollars (190 milliards d’euros), d’après l’indice Bloomberg des milliardaires. Il conforte ainsi sa place de première fortune du monde. Dans la foulée, la Bourse de Paris, profitant de la bonne santé des valeurs de luxe (LVMH mais aussi Hermès), a établi un nouveau record du CAC40 à plus de 7 500 points. Bref pour les riches, et surtout les très riches, tout baigne. Grand temps de leur faire rendre gorge.

L’armée a confirmé avoir réalisé un raid aérien contre un village dans une zone tenue par les rebelles alors que la population était réunie pour fêter le nouvel an birman. Cette nouvelle attaque aurait fait au moins cent morts et des dizaines de blessés, dont de nombreux enfants. La junte militaire, arrivée au pouvoir après le coup d’État du 1er février 2021, a indiqué qu’elle visait un rassemblement de « terroristes » armés appartenant aux Forces de défense du peuple. Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, s’était dit « horrifié » après ce massacre perpétré dans un « mépris flagrant pour les règles du droit international ». Il s’agit de l’une des attaques les plus meurtrières menées par la junte, régulièrement accusée de crimes de guerre depuis son arrivée au pouvoir et qui s’assoit allègrement sur toutes les règles, et pas seulement celles du droit international. Rappelons qu’en octobre dernier des frappes aériennes sur un concert organisé par un important groupe ethnique rebelle dans le nord du pays avaient déjà tué une cinquantaine de personnes.