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Brèves

L’actualité en bref

De plus en plus d’Iraniennes enlèvent leur voile en signe de protestation après la mort de Mahsa Amini. Elles seront désormais identifiées par des « caméras intelligentes ». La police a annoncé qu’elle allait avoir recours à de la haute technologie dans les lieux publics pour repérer les femmes qui ne respectent pas le code vestimentaire imposé dans la république islamique. Une fois identifiées, la police « enverra les preuves et des messages d’avertissement aux femmes qui violent la loi sur le hijab » afin de « les informer des conséquences judiciaires ». De plus, les propriétaires de voitures recevront aussi un message de mise en garde si une passagère enfreint les règles. Ils risquent la saisie de leur véhicule en cas de récidive. Cependant le mouvement contre le port du voile est si puissant qu’il n’est pas sûr que ces nouvelles mesures de répression soient suffisantes pour empêcher les femmes de braver la loi.

Un adolescent palestinien a été tué et cent quatre-vingt-onze autres blessés lors d’affrontements avec les forces israéliennes autour du mont Abu Sbeih près de Beita, au sud de Naplouse. Les incidents se sont produits alors que les habitants organisaient une contre-manifestation pour s’opposer à un sit-in rassemblant des milliers de colons israéliens tentant de récupérer un avant-poste, déclaré illégal par la Cour suprême, situé au sommet d’une colline et connu sous le nom d’« Avitar ». S’étaient mêlés aux colons juifs sept ministres du gouvernement, dont le celui de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, et celui des Finances, Bezalel Smotrich ainsi que plus d’une douzaine d’autres membres de la Knesset. Ils étaient protégés par une force israélienne de la taille d’un bataillon. Et aucun colon n’a été arrêté ou inquiété. Comme d’habitude.

Après avoir pris récemment position contre les grèves, le leader du Parti travailliste, Keir Starmer, cherche à nouveau à tourner les conservateurs sur leur droite. Il vient de lancer une campagne publicitaire reprochant au gouvernement de Rishi Sunak d’être trop clément avec les voleurs, les voyous, les pédophiles, les meurtriers, les migrants illégaux, etc. Il a même donné une interview au quotidien de droite et raciste The Daily Mail reprenant les mêmes thèmes. Désormais il veut apparaître comme le parti de « la loi et l’ordre ». Dans un nombre grandissant de domaines, le programme du Labour ressemble de plus en plus à celui des Tories.

Pôle emploi a rendu public son enquête annuelle, Besoin de main-d’œuvre. On y apprend, sans surprise, que les métiers les plus sous-tension sont ceux à la recherche de saisonniers dans l’agriculture et l’hôtellerie-restauration. Des branches qui emploient à tour de bras les sans-papiers et les migrants en situation irrégulière, qui les paient au compte gouttes, en « oubliant » souvent de rémunérer les heures supplémentaires, et qui, souvent, ne respectent pas la durée de la semaine de travail. Pas étonnant que les volontaires ne se bousculent pas pour occuper les postes vacants.

À peine revenu de Chine, Macron s’est aussitôt envolé pour les Pays-Bas, façon parait-il d’affirmer sa stature d’homme d’État international capable de tenir à distance tant les États-Unis que la Chine et de se faire le défenseur intransigeant de l’indépendance politique, économique, industrielle et énergétique de l’Europe. On ne sait pas si notre Astérix national, représentant d’un impérialisme de seconde zone, y croit vraiment mais au moins il fait semblant. Mais, bien malgré lui, la réforme des retraites s’est invitée dans son périple. Au début de son discours à La Haye, il a été interrompu par des manifestants qui ont scandé : « Où est la démocratie française ? » en déroulant une banderole sur laquelle était écrit en anglais : « Président de la violence et de l’hypocrisie ». Ça fait toujours plaisir.

Joe Biden et Hilary Clinton sont présents aux cérémonies marquant, à Belfast, le 25e anniversaire de l’accord du Vendredi saint qui mit fin aux violences entre catholiques (nationalistes ou républicains) et protestants (unionistes), et qui se traduisit, dans les années qui suivirent, par le désarmement des groupes paramilitaires dans les deux camps, l’ouverture de la frontière avec la république d’Irlande et le départ des troupes britanniques. Mais le sectarisme religieux n’a pas disparu pour autant. Les quartiers catholiques et protestants sont toujours séparés, parfois par des murs, et on estime que 93 % des jeunes scolarisés poursuivent leurs études dans des établissements ségrégués. Au parlement local, le Stormont, le pouvoir est partagé à parité entre unionistes et nationalistes et ceux qui refusent de choisir entre les deux n’ont pas voix au chapitre. Ce qui n’empêche pas ledit Stormont d’être paralysé depuis des mois par des bagarres politiciennes. Et la classe ouvrière dans tout cela ? Elle reste elle aussi divisée ce qui laisse aux patrons la possibilité de tirer leur épingle du jeu en jouant une communauté contre l’autre. Ce qui permet à Joe Biden de souligner que sa visite est surtout destinée à « soutenir le vaste potentiel économique de l’Irlande du Nord ». Tout un programme.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées au centre de la capitale à l’appel du Front de salut national, la coalition d’opposition au président Kaïs Saïed dont la principale composante est le parti d’inspiration islamiste Ennahdha. Elles réclamaient la libération d’une vingtaine d’opposants arrêtés depuis début février, parmi lesquels des ex-ministres, des hommes d’affaires et le patron de la radio la plus écoutée du pays, radio Mosaïque. Le président Kaïs Saïed, qui s’est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021, a qualifié les personnes arrêtées de « terroristes », affirmant qu’elles étaient impliquées dans un « complot contre la sureté de l’État ». De son côté, dénonçant « une chasse aux sorcières », Amnesty International a appelé le pouvoir tunisien à « abandonner l’enquête pénale visant au moins 17 personnes […] sur la base d’accusations infondées de complot ». Si les manifestants s’élèvent à juste raison contre la dérive autoritaire du pouvoir et les atteintes aux droits démocratiques, par contre certains dirigeants de l’opposition, comme Samir Ben Amor, un responsable du Parti républicain, en vont jusqu’à regretter que Saïed ait rompu les négociations avec… le Fonds monétaire international (FMI) craignant une aggravation de la crise. Chercher son salut du côté du FMI pour « sauver le pays », c’est donner un bâton pour se faire battre. Et, de ce point de vue, l’opposition n’a pas grand-chose à offrir aux classes populaires.

L’ONG allemande ResQship a annoncé que deux migrants sont décédés et une vingtaine d’autres portés disparus après le naufrage de leur bateau entre la Tunisie et l’Italie, survenu le week-end dernier. Vingt-deux personnes ont pu être secourues par le Nadir, le navire de l’ONG, et ont été débarquées plus tard sur l’île italienne de Lampedusa. Ils étaient partis du port tunisien de Sfax. Le mouvement de migration dans cette partie de la Méditerranée ne cesse de s’accélérer. Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 14 000 migrants ont débarqué en Italie depuis le début de l’année, contre un peu plus de 5 300 durant la même période l’an dernier et 4 300 en 2021. L’Union européenne en général, et l’Italie en particulier, n’ont qu’une réponse : la répression en multipliant les obstacles à leur sauvetage et à leur débarquement. Ce qui les oblige à prendre tous les risques… et souvent à périr en mer.

L’association Anticor et l’Agence anti-corruption ont à leur tour déposé plainte contre la Fédération française de tennis (FFT) auprès du parquet national financier. Déjà le 16 mars dernier, sept dirigeants ou anciens dirigeants de la FFT avaient fait de même pour des soupçons de « détournements de biens publics » et de « corruption ». Petit problème : entre mars 2021 et mai 2022 la FFT avait comme directrice générale Amélie Oudéa-Castéra, l’actuelle ministre des Sports, qui a entrepris de faire le ménage dans les fédérations, notamment celles de football et de rugby, en proie à la corruption, au népotisme ou aux comportements inappropriés. On ne sait pas si elle ignorait tout de ce qu’il se passait au sein de sa propre fédération ou si elle a laissé faire mais tout cela fait un peu désordre.