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Brèves

L’actualité en bref

Hermès vient d’ouvrir trois nouvelles maroquineries en France, signe d’un secteur florissant. Les ventes du groupe ont explosé en 2022 (+ 23 %) et les sacs « Constance » à bandoulière à 6 500 euros pièce sont en rupture de stock dans les magasins. Pendant que le monde du travail se serre la ceinture, avec des dépenses alimentaires en baisse de 4,6 % en moyenne en 2022, les plus riches se gavent de produits de luxe. Le capitalisme dans toute son essence !

L’effondrement de deux immeubles dans un quartier du centre cause à nouveau beaucoup d’émoi à Marseille. Quelles sont les causes de l’explosion entendue dans tout le quartier, en pleine nuit ? Au moins neuf portés disparus, deux corps retrouvés à ce jour, mais combien de victimes ? Les immeubles n’étaient pas sous le coup d’arrêtés de péril, s’empressent de dire les autorités. Mais quel était leur état et celui des installations et des réseaux ? Près de deux cents riverains ont été évacués par précaution.

Ce drame ravive bien des traumatismes, quatre ans après les effondrements meurtriers de la rue d’Aubagne du 5 novembre 2018, et de la colère, alors que la question de l’habitat indigne est loin d’être réglée et que de nombreux évacués d’alors restent toujours sans relogement.

Quatre personnes ont été tuées et au moins huit autres blessées lors d’attentats perpétrés par des Palestiniens en Cisjordanie et en Israël. Dans le premier, deux jeunes sœurs anglo-israéliennes de 16 et 20 ans, habitant la colonie juive d’Efrat, ont trouvé la mort lorsque leur voiture a été mitraillée, et leur mère, qui se trouvait avec elles, grièvement blessée. Dans le second, un homme a foncé en voiture sur des passants sur une piste cyclable du front de mer de Tel-Aviv tuant un touriste italien et faisant sept blessés avant d’être abattu. À cela s’ajoutent des échanges de tirs à la frontière libano-israélienne, en Syrie et dans la bande de Gaza quatre jours après l’attaque par la police israélienne de fidèles qui priaient lors du ramadan dans la mosquée al-Aqsa à Jérusalem. À l’évidence le gouvernement d’extrême droite d’Israël jette de l’huile sur le feu en espérant sans doute par ce biais désamorcer les mobilisations contre lui qui se poursuivent chaque semaine en jouant sur les préjugés anti-arabes de nombre de manifestants. Pas sûr qu’il y parvienne.

Le juge fédéral du Texas, Matthew Kacsmaryk, a retiré l’autorisation de mise sur le marché de la mifépristone, une pilule abortive agréée depuis vingt-deux ans par l’Agence américaine du médicament et utilisée chaque année par un demi-million d’Américaines. Selon l’institut Guttmacher, plus de la moitié des avortements (53 %) aux États-Unis en 2020 étaient médicamenteux. La décision de ce juge intervient moins d’un mois après que le Wyoming, un État de l’ouest américain, a interdit l’accès à la pilule abortive et dix mois après l’arrêt historique de la Cour suprême qui a rendu à chaque État américain la liberté d’interdire les interruptions de grossesse sur son sol. La Cour suprême devrait s’emparer de l’affaire. Le ministère de la Justice et l’Agence du médicament ont fait appel. Mais, d’ores et déjà, des réseaux féministes s’organisent à l‘échelle du pays pour fournir clandestinement des pilules aux femmes qui en ont besoin.

Clarence Thomas, 74 ans, siège depuis 31 ans à la Cour suprême, ce qui en fait l’indiscutable doyen de l’institution américaine qui a récemment interdit l’avortement. Ce magistrat, l’un des neuf « sages » de la Cour, est aussi souvent présenté comme le plus conservateur d’un collège de juges déjà très à droite. Et on vient d’apprendre qu’il était impliqué dans un scandale financier. En effet, depuis des décennies, lui et son épouse voyageaient à travers le monde aux frais d’un riche donateur républicain ultra-conservateur, le magnat texan de l’immobilier Harlan Crow, en logeant dans des palaces et autres hôtels généreusement étoilés et en utilisant jets privés et yachts. Autant de vacances dont le juge n’a jamais fait état dans ses déclarations sur d’éventuels conflits d’intérêts. Une nouvelle casserole pour Thomas qui, farouche défenseur de la pudibonderie et de la morale sexuelle, a déjà dû faire face dans le passé à des accusations d’agressions sexuelles.

On sait que le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, veut dissoudre le mouvement Les Soulèvements de la Terre qu’il accuse faussement d’être responsable des affrontements avec la police lors de la manifestation contre les méga-bassines à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) à la fin du mois de mars. À cette occasion, un universitaire, Romain Rambaud, professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes, a classé les différents présidents de la Cinquième République en fonction du nombre d’organisations dont ils avaient demandé l’interdiction ou la dissolution. Champion toutes catégories Emmanuel Macron, avec 33 dissolutions au compteur, suivi par de Gaulle (28) et, loin derrière, par Mitterrand (14), Hollande (10), Pompidou (7). En queue de peloton Chirac (3), et Sarkozy (2) à égalité avec Giscard d’Estaing. Parmi les dissous au gré des évènements politiques on trouve pêle-mêle et selon les époques, des groupes d’extrême droite, des organisations révolutionnaires après Mai 68, des associations corses et musulmanes, etc. Mais avec Macron cela tend à devenir une (mauvaise) habitude, voire une méthode de gouvernement.

Les déclarations de Gérald Darmanin remettant en cause les financements accordés par l’État à la Ligue des droits de l’homme (LDH) ont « profondément choqué » la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Cette dernière, qui a écrit à Élisabeth Borne, estime par la voix de sa secrétaire générale, Magali Lafourcade, « qu’aujourd’hui il y a un tabou à nommer les violences policières. Les autorités ont des œillères sur ce sujet et l’ensemble des récentes déclarations de Gérald Darmanin sont une provocation supplémentaire ». Et de qualifier ces violences policières « de phénomènes institutionnels qu’il faut impérativement traiter comme tels ». Il est peu probable que la Première ministre soit sensible à cette argumentation elle qui, depuis le début des manifestations et avec l’aval de Macron, soutient à fond son ministre de l’Intérieur.

Le congrès du PCF qui s’ouvre dans la cité phocéenne ne va pas donner lieu à un suspense insoutenable. Sûr d’être réélu au poste de secrétaire général, Fabien Roussel n’a cessé, ces derniers temps, de développer un discours populiste et racoleur s’affirmant comme le représentant « de la gauche du travail et pas de la gauche des allocs », défendant pêle-mêle la corrida, l’énergie nucléaire et « la France des apéros ». Il assure avoir l’ambition de faire du PCF le centre névralgique de la gauche de demain qu’il veut élargir… jusqu’à l’ancien Premier ministre, ex-socialiste, Bernard Cazeneuve qui ne se distingue guère des macronistes. Dernière sortie du personnage : sa déclaration à Libération dans laquelle il manifeste de la bienveillance à l’égard du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui, selon lui, est une personne « qui sait écouter les gens ». Un politicard dans toute sa splendeur.

Lors de son séjour en Chine, Macron s’est rendu à Canton où il a donné une conférence devant mille étudiants réunis dans le gymnase du campus de l’université Sun Yat-sen. Il a tenu à dénoncer « un pays qui décide de coloniser son voisin, de ne pas respecter les règles, de redéployer des armes, de l’envahir ». Parlait-il des méfaits du régime chinois au Tibet ou chez les Ouïghours du Xinjiang ? Bien sûr que non. Il traitait évidemment de la guerre russo-ukrainienne. Il faudra sans doute attendre son prochain voyage à Kiev pour qu’il s’en prenne aux menées du régime chinois. Ainsi va la diplomatie.