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Brèves

L’actualité en bref

La Ligue des droits de l’homme a vu les dons affluer depuis que le ministre de l’Intérieur s’est interrogé publiquement, devant la commission des Lois, sur les subventions étatiques qui lui étaient accordées après qu’elle avait dénoncé les violences policières. Selon Libération et Le Parisien l’association de défense des droits humains a, depuis les propos de Gérald Darmanin, reçu 30 000 euros en 24 heures, soit 10 % des dons reçus sur l’ensemble de l’année 2022. En parallèle, 675 personnes y ont adhéré. Et son président, Patrick Baudoin, de se réjouir en déclarant pince sans rire : « Le seul remerciement que je peux adresser à M. Darmanin, c’est qu’il a fait augmenter les dons pour notre association. » L’arroseur arrosé.

Face à la « pression migratoire qui se renforce », Christian Estrosi, le maire de Nice, a proposé à Gérald Darmanin la création dans sa ville d’un nouveau centre de rétention administrative (CRA) municipal. Et d’expliquer que la France manque de places dans les CRA « pourtant essentiels pour expulser les étrangers en situation irrégulière ». Son centre privé compterait 50 places qui s’ajouteraient aux 40 déjà existantes dans le CRA officiel situé à la caserne d’Auvare. Et d’ajouter que les services de la métropole Nice Côte d’Azur sont « prêts à contribuer à la logistique qui en découlerait ». Créer des mini-camps de concentration privés pour résoudre la question migratoire est une idée nauséabonde à connotation raciste qui ne pouvait germer que dans la tête d’un politicien comme Estrosi.

Sans rien lâcher sur le fond, la Première ministre, Élisabeth Borne, a appelé dans Le Monde à ne pas « brusquer les choses » et à respecter « une période de convalescence » afin d’éviter que les syndicats ne « sortent humiliés de cette séquence » de la réforme des retraites. Parole mielleuse qui ne change rien au fait que Borne veut plus que jamais imposer la retraite à 64 ans. Cette déclaration a cependant réjoui le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui avait lui-même appelé à respecter un « délai de décence » avant toute discussion sur de nouveaux sujets. « Le message de ce matin est plus respectueux que celui qui nous était venu de Chine », a-t-il réagi sur le plateau de RMC/BFMTV. Il a de plus tenu à saluer « le respect et la franchise » d’Élisabeth Borne lors des discussions en dépit de « désaccords persistants sur l’application et le contenu de la réforme ». Bref, Berger se met en avant à nouveau comme le leader syndicaliste raisonnable avec lequel on peut discuter. Mais nous qui continuons de manifester dans la rue ne voulons pas d’aménagement « du contenu de la réforme », mais bien son retrait.

Pour dénoncer les attaques sanglantes contre les Palestiniens menées par les soldats et les colons israéliens – la dernière en date ayant eu lieu contre des fidèles qui priaient dans la mosquée al-Aqsa à Jérusalem – et affirmer sa solidarité avec les prisonniers, les combattants palestiniens mais aussi avec les militants israéliens opposés à l’occupation, la Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient organise un rassemblement ce samedi 8 avril à 15 heures. Il aura lieu à la fontaine des Innocents, dans le 1er arrondissement, à l’angle des rues Pierre Lescot et Berger (métro Châtelet ou les Halles). Venez nombreux !

D’après le gouvernement irakien, il s’agit du « plus gros investissement d’une entreprise occidentale » dans le pays. TotalEnergies va investir 10 milliards de dollars (9,2 milliards d’euros) dans quatre projets, à la fois dans les hydrocarbures et pour produire de l’électricité. Il sera associé dans un consortium à des compagnies qataries et saoudienne et avec l’État irakien, mais il se taillera la part du lion en contrôlant 45 % de l’ensemble. À terme, ses investissements pourraient atteindre 27 milliards de dollars (24,8 milliards d’euros) sur vingt ans dans la production pétrolière, gazière et solaire. Pas sûre que la population irakienne y trouve son compte. Mais qu’importe : le but de l’opération est que TotalEnergies se fasse du blé. Et là c’est bien parti.

C’est le dernier rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire qui tire la sonnette d’alarme : l’eau potable distribuée en France est largement contaminée, notamment par un pesticide utilisé dans l’agriculture et interdit depuis 2020. On connaissait les risques cancérigènes liés à l’utilisation de ce produit, le chlorothalonil, et, en 2019, la Commission européenne n’avait pas renouvelé son autorisation. Mais Paris, comme d’habitude, avait accordé aux agriculteurs un délai de grâce jusqu’en mai 2020 « pour l’écoulement des stocks ». Résultat : aujourd’hui plus d’un prélèvement d’eau sur trois contient des résidus de ce pesticide. Et sur 157 autres pesticides recherchés dans l’eau, 89 ont été quantifiés au moins une fois en eau brute et 77 fois en eau traitée. Contactés par l’Agence France-Presse, la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau ainsi que le ministère de la Transition écologique et celui de l’Agriculture ont préféré garder un silence prudent. Ces révélations interviennent alors que le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, veut revenir sur la procédure d’interdiction d’un autre produit, l’herbicide agricole S-métolachlore, pas encore banni par l’Union européenne. Et qu’on retrouvera tôt ou tard dans l’eau potable. À votre santé (si l’on peut dire).

Quelque 200 jeunes mineurs isolés occupent une école désaffectée du 16e arrondissement de Paris. Ils sont accompagnés par l’association Utopia 56 qui réclame leur prise en charge immédiate dans des structures adaptées. Nikolaï Posner, coordinateur de cette association à l’origine de l’occupation explique : « On est avec 200 jeunes étrangers, isolés, qui sont aujourd’hui dans une situation de rue, c’est-à-dire qu’ils sont confrontés quotidiennement à la violence, au froid, à la peur et à la solitude. Ce qu’on essaye de faire, c’est de faire respecter leurs droits à un hébergement, à un accompagnement, et pour ça malheureusement, il faut passer par ce type d’action. » De son côté Paul Alauzy, chargé de mission à Médecins du monde, souligne de son côté : « Si ces jeunes étaient ukrainiens, ils seraient aujourd’hui dans un centre d’hébergement à la porte de la Villette, et ils seraient plus rapidement orientés vers un logement à plus long terme quelque part sur le territoire français. » Il faut dire que les adolescents en question viennent majoritairement d’Afrique sub-saharienne et qu’ils cumulent le double handicap d’être pauvres et noirs.

Invité à s’expliquer devant les députés, puis les sénateurs de la commission des Lois, sur le maintien de l’ordre lors des manifestations contre la réforme des retraites et à Sainte-Soline, Gérald Darmanin s’en est donné à cœur joie pour tirer à boulets rouges sur la gauche, l’extrême gauche et l’ultra-gauche, toutes accusées peu ou prou de menées subversives. Répondant à un sénateur Les Républicains qui l’interrogeait sur la Ligue des droits de l’homme (LDH), il a laissé entendre que l’on pouvait étudier la possibilité de la priver de la subvention qu’elle reçoit de l’État. Rappelons que la LDH est une vieille dame respectable créée en 1898 au moment de l’affaire Dreyfus. Depuis lors, quelle que soit la couleur politique du gouvernement en place, elle dénonce systématiquement les violations des droits humains. Ce qu’elle a encore fait récemment en s’en prenant aux violences policières. Et ça Darmanin ne lui pardonne pas.

La police israélienne a annoncé avoir arrêté plus de 350 personnes lors de violents affrontements dans la nuit après l’intervention des forces de l’ordre sionistes dans la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem, pour en déloger des fidèles venus prier à l’occasion du ramadan. Cette provocation a entrainé des protestations dans tout le reste de la Palestine, en Cisjordanie, et dans les zones arabes d’Israël. De plus, des roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza, ce qui a entrainé une riposte de l’armée israélienne. Encore une fois le gouvernement Benyamin Netanyahou jette de l’huile sur le feu tout en affirmant, contre toute évidence, que sa police n’avait fait que riposter « à des émeutiers ». Il est vrai que tout Palestinien qui refuse l’oppression est un émeutier en puissance.