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Brèves

L’actualité en bref

Comparaissant devant le tribunal de Manhattan, Donald Trump a plaidé non coupable des 34 chefs d’inculpation retenus contre lui. Il est ressorti libre du tribunal après avoir beuglé pendant des jours qu’il serait arrêté et finirait en prison. Ce qui a ravi ses supporters. Et rien ne dit que son procès, prévu courant janvier 2024, aura bien lieu, l’ex-président milliardaire disposant d’une armée d’avocats qui feront tout pour retarder les choses. De plus les aventures extra-conjugales et les falsifications comptables qu’on lui reproche sont finalement peu de choses par rapport aux crimes que, sous sa direction, l’impérialisme américain a commis un peu partout dans le monde. Ce qui serait véritablement « historique » serait de voir un ex-président américain inculpé et jugé pour cela. Mais tant que dure le capitalisme, ça reste du domaine du rêve.

Plusieurs dizaines de migrants ont été secourus dans la Manche alors qu’ils tentaient de rallier l’Angleterre sur de petites embarcations. Parmi eux, quatre étaient en état d’hypothermie, trois enfants et un adulte. Deux opérations successives ont eu lieu au cours desquelles ont été ramenées à terre respectivement 28 et 13 personnes. L’an dernier, selon le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage du cap Gris-Nez, quelque 46 000 personnes ont tenté de traverser la Manche à bord de petites embarcations. Cinq sont mortes et quatre ont disparu, un bilan sans doute sous-estimé. La seule réponse donnée par Paris et Londres à ce mouvement qui ne faiblit pas est la répression, la Grande-Bretagne allant même jusqu’à déporter en Afrique les migrants entrés clandestinement sur son territoire. Une situation où racisme et mépris des pauvres sont étroitement imbriqués.

Le quotidien Sud-Ouest a publié une mini-enquête sur les « auto-entrepreneurs » spécialisés dans la livraison des repas à Bordeaux et dans sa région. D’où il ressort que sur les 3 000 livreurs recensés, qui travaillent pour des plateformes comme Uber Eats ou Deliveroo, au moins 400 vivent dans des squats. 531 auto-entreprises se sont fait domicilier au centre communal d’action sociale et 249 autres à la société Saint-Vincent-de-Paul qui proposent un service postal aux SDF. Un certain nombre de dispositifs ont été mis en place pour leur apporter une aide sociale, médicale ou juridique, mais ils ne sont pas accessibles aux livreurs en situation irrégulière. Prix minimal de la course payé par les plateformes : entre 2,60 et 2,90 euros. Et ceux qui sont sans papier ristournent une partie de cette somme aux prête-noms qui leur sous-louent des comptes et leur permettent de travailler. Une situation scandaleuse qui n’est pas propre à Bordeaux et se retrouve un peu partout dans l’Hexagone. Régulariser tous les sans-papiers serait une mesure qui permettrait d’améliorer un peu leur situation.

Plusieurs organisations, dont la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature, avaient saisi le Conseil d’État sur le fait qu’en intervention les forces de l’ordre ne respectaient pas l’obligation de porter sur leur uniforme un numéro d’identification appelé RIO (référentiel des identités et de l’organisation), notamment lorsqu’elles faisaient un usage « injustifié ou disproportionné » de la force. Ce qui rendait plus difficile de les identifier. Tout en reconnaissant le bien fondé de cette requête, le Conseil d’État a refusé d’imposer au ministère de l’Intérieur d’agir pour rendre effective cette obligation. Il préfère faire confiance à la hiérarchie pour faire appliquer la loi. Défense de rire.

Dimanche dernier, le blogueur Maxime Fomine, connu sous le pseudonyme de Vladlen Tatarski, a été tué par une explosion dans un café de Saint-Pétersbourg où il s’exprimait à l’occasion de la conférence d’une organisation baptisée « Cyber Z Front », favorable à l’offensive en Ukraine. Le café appartient au chef du groupe paramilitaire Wagner, Evgueni Prigojine. Aussitôt la police a arrêté une jeune femme de 26 ans, Daria Trepova, l’accusant d’avoir déposé une statuette dans laquelle était dissimulée une bombe mais aussi d’être en relation avec Alexeï Navalny, le principal opposant de Poutine, qui croupit en prison, et également avec les services secrets ukrainiens. Trop beau pour être vrai, d’autant plus que Navalny et ses amis n’ont jamais préconisé les attentats individuels pour se faire entendre. Une autre piste, que la police russe ne veut pas explorer, est que Tatarski a toujours été très critique des membres l’état-major russe qu’il accusait de piétiner en Ukraine et qu’il traitait ouvertement de couards, d’incapables et de pleutres. Peut-être l’un d’entre eux n’a-t-il pas apprécié ? Mais il est probable qu’on ne saura jamais la vérité.

Après des décennies de neutralité, la Finlande est officiellement devenue le 31e membre de l’Otan, une adhésion ultra-rapide provoquée par la guerre entre l’Ukraine et la Russie. Car l’invasion russe de ce pays a convaincu une majorité de la population d’approuver cette adhésion. Encore une conséquence néfaste de la politique criminelle de Poutine. Bien entendu, l’impérialisme américain a profité de cette opportunité pour renforcer sa présence aux portes de la Russie. Rappelons que depuis le début des années 1990, et l’effondrement du bloc soviétique et de l’URSS, treize pays d’Europe de l’Est – généralement d’anciennes démocraties populaires et républiques soviétiques – ont rejoint l’Otan qui a déplacé de 1 200 kilomètres vers l’est sa zone d’influence militaire. La Russie avait répondu par avance à cette adhésion en annonçant qu’elle installerait des armes nucléaires en Biélorussie. Un jeu dangereux entre impérialistes concurrents qui pourrait un jour ou l’autre déboucher sur une déflagration généralisée. « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » disait Jaurès. Cela n’a jamais été d’autant d’actualité.

Pap Ndiaye, le ministre de l’Éducation nationale, a confirmé que le gouvernement comptait bien supprimer 1 500 postes d’enseignants supplémentaires à la rentrée 2023, comme le prévoyait le projet de loi de finances adopté à l’automne dernier par le Parlement. La raison : la baisse des effectifs scolaires attendue. On aurait pu penser que le ministre aurait profité de l’occasion pour alléger les effectifs des classes et faciliter le remplacement des enseignants absents. Que nenni. L’heure est aux économies et, encore une fois, les élèves en feront les frais.

France Info a décortiqué les palmarès du ministère de l’Éducation nationale présentant les résultats des lycées en 2023 afin de mieux cerner les limites de l’exercice. Et en retenant les 100 premiers lycées de chaque classement (général et technique, technologique, etc.) l’enquête montre, et ce n’est pas une surprise, que les établissements privés sont sur-représentés dans ce classement et que les lycéens qui fréquentent les meilleurs lycées, tant privés que publics, appartiennent généralement aux familles économiquement les plus favorisées. Comme l’explique Claire Guéville, secrétaire nationale en charge des lycées au Snes-FSU : « Ces classements mettent systématiquement le privé en avant. Ce qui est tout à fait logique puisque le privé choisit ses élèves. Nous nous retrouvons donc avec des comparaisons qui ne sont pas valables. » Bref, il y a une prime à la sélection dès l’entrée. Ce qui prouve, dans la pratique, que l’égalité des chances entre élèves est un mythe, car elle dépend étroitement de leur milieu social d’origine.

Une journée de grève générale et de deuil a été observée dimanche dans plusieurs villes arabes d’Israël à la suite du meurtre la veille de Mohammed Al-Osaïbi par la police israélienne. Originaire de Hura, un village bédouin du sud d’Israël, il a été abattu à l’entrée de la mosquée al-Aqsa, dans Jérusalem-Est. Les manifestations ont touché la Galilée, le Triangle (concentration de villes et villages arabes dans la plaine orientale de la région de Sharon), et le Néguev, plus particulièrement les villes de Hura, Tamra et Araba. Des dizaines de manifestants ont brandi des photos d’Al-Osaïbi, des drapeaux palestiniens et des pancartes. Selon Suhail Diab, maire de Tamra, en Galilée, cet assassinat est « une opération criminelle contre un médecin abattu de sang-froid par les balles de la police israélienne sous de fausses excuses ». Il a rejeté les allégations de la police israélienne selon lesquelles Mohammed Al-Osaïbi aurait tenté de s’emparer de l’arme d’un officier et que ni les caméras de surveillance ni les caméras portées par les officiers n’auraient fonctionné. Une ficelle un peu grosse. Encore une fois les assassins en uniforme vont s’en tirer an nom d’une hypothétique légitime défense.