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Brèves

L’actualité en bref

Macron se rend en Chine la semaine prochaine après un déplacement sous très grosse escorte policière à Savines-le-Lac. Histoire de s’éloigner encore plus de l’agitation sociale ? Il pourra en tout cas discuter de la meilleure manière de réprimer un mouvement social avec Xi Jinping.

Comme chaque année, le premier avril marque la fin de la trêve hivernale et la reprise des expulsions. Une épée de Damoclès pour des milliers de locataires. La fondation Abbé Pierre signale que « dès le dernier trimestre 2022, la moitié des bailleurs sociaux constataient une augmentation de plus de 10 % sur un an du nombre de ménages en difficulté financière ». Et de constater que la « précarisation croissante des ménages s’aggrave en raison de l’inflation actuelle ». Si tant de travailleurs ont du mal à boucler leurs fins de mois, ce ne sont pas les locataires, mais le capitalisme qu’il faut mettre dehors.

Pendant que Macron annonçait son « plan Eau », son ministre de l’Agriculture assistait au congrès de la FNSEA, le Medef du monde agricole… et annonçait avoir demandé à l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments, de l’environnement et du travail (Anses) d’annuler l’interdiction d’un herbicide, le S-métolachlore, pourtant responsable d’une pollution quasi généralisée des nappes phréatiques. Face au changement climatique, le gouvernement a ses priorités : dissoudre le collectif des Soulèvements de la Terre, organisateur des manifestations contre les mégabassines et créer une « cellule anti ZAD » comme vient de l’annoncer Darmanin. La pollution attendra.

L’an dernier, les interventions pour impayés de la part des fournisseurs d’électricité ont augmenté de 10 %, montant à 863 000 coupures et limitations de puissance. Alors que le tarif réglementé a augmenté de 15 % en février, conséquence de la spéculation sur les prix de l’énergie, on peut s’attendre à une nouvelle augmentation des interventions cette année. À l’ordre du jour de nos prochaines luttes, il nous faudra inscrire l’échelle mobile des salaires, pensions et allocations, pour que nos revenus augmentent au même rythme que l’inflation.

Aux États-Unis, la croisade anti-trans bat son plein, dans un contexte de surenchère permanente dans le débat public et les médias. Dans le Kentucky, après une dizaine d’autres États touchés par des lois similaires, une énième loi s’attaque à une des cibles favorites de la droite américaine : les mineurs trans. Au programme : interdiction de toute transition médicale (bloqueurs de puberté, traitement hormonal, chirurgie), obligation pour les médecins de stopper tout traitement déjà commencé. À l’école ensuite : interdiction pour les élèves d’utiliser les toilettes correspondant à leur genre, pour les professeurs d’utiliser les pronoms souhaités, d’aborder en classe les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre. Cette avalanche de lois fragilise grandement la santé mentale des mineurs trans et encourage les campagnes transphobes, les insultes et les agressions. Quant au Parti démocrate, auquel appartient le président Biden, il n’a pas été capable d’impulser quelque loi que ce soit garantissant des droits aux personnes trans à l’échelle fédérale, pas plus que le droit à l’avortement qui a fondu comme neige au soleil.

Comme le veut la règle, la Russie a pris samedi, et pour un mois, la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies. La dernière fois qu’elle l’avait présidé, c’était en février 2022, c’est-à-dire lorsqu’elle a attaqué l’Ukraine. Kiev a protesté contre le fait de voir Moscou présider de nouveau l’instance suprême onusienne. « Ce n’est pas seulement une honte. C’est un nouveau coup symbolique porté au système de relations internationales fondé sur des règles », a déclaré sur Twitter le chef de cabinet de la présidence ukrainienne, Andriy Yermak. Rappelons simplement qu’être membre du Conseil de sécurité n’a jamais empêché les grandes puissances de violer allègrement « le système des relations internationales », que ce soit les États-Unis en Irak et en Afghanistan, la Grande-Bretagne aux Malouines, la France au Sahel ou la Chine dans le Pacifique. De ce point de vue, la Russie poutinienne ne fait pas exception mais confirme plutôt la règle.

Dans une résolution adoptée par 168 voix contre 2, les députés ont reconnu comme un génocide l’Holodomor, la famine provoquée au début des années 1930 en Ukraine et ailleurs en URSS par la politique criminelle de Staline de collectivisation forcée des terres. On estime que cette famine a fait entre 2,6 et 5,5 millions de morts parmi les paysans ukrainiens, mais aussi russes, kazakhs, allemands de la Volga et d’autres peuples. On peut discuter pour savoir si l’Holodomor était ou non un génocide, mais le zèle des députés à soulever cette question n’a pas grand-chose à voir avec la vérité historique. Il leur permet surtout d’adopter une posture anti-russe de soutien à Zelensky. On attend avec intérêt que les mêmes parlementaires se penchent maintenant sur les millions de victimes de l’impérialisme français en Indochine, à Madagascar, en Algérie, en Afrique subsaharienne ou ailleurs et discutent gravement pour savoir s’il s’agissait ou non de génocides. Mais on risque d’attendre longtemps.

Dans le dernier numéro de Touche pas à mon poste, le magazine poubelle diffusé sur C8, la chaine télé de Bolloré, Cyril Hanouna a présenté quatre hommes cagoulés en affirmant qu’il s’agissait de membres de la Brav-M, les unités de police motorisées. Les quatre se sont plaints en chœur de la dureté de leur métier et des attaques dont ils étaient l’objet. Or il semble probable que les témoignages en question aient été bidonnés et qu’il ne s’agissait nullement de policiers. La préfecture de police de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête interne et la saisine de la justice. Mais elle est un peu gênée aux entournures. En effet est-il bien raisonnable de poursuivre une bande de charlots qui disent le plus grand bien de la police ? Cruel dilemme.

Les Brav-M, ces unités de flics à moto accusées de violences sur des manifestants contre la réforme des retraites, avaient été défendues par Darmanin et par le préfet de police Laurent Nuñez. Ce dernier avait menacé de poursuites tout auteur d’« insultes » à leur encontre. Et cela n’a pas tardé. Le parquet de Paris a confirmé qu’il avait ouvert une enquête sur des propos de Jean-Luc Mélenchon qui avait déclaré sur LCI : « Vous imaginez ce que c’est que de dire je suis volontaire pour monter sur une moto et tabasser des gens en passant ? C’est manifester un état d’esprit qui ne me convient pas et que je trouve anormal. » Et de conclure : « Nous enverrons ces jeunes gens se faire soigner. » Paroles au demeurant pleines de bon sens et qui caractérisent plutôt bien les cow-boys à moto de la police parisienne.