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Brèves

L’actualité en bref

Macron avait prévu de venir au match de foot France-Pays-Bas au Stade de France vendredi 24 mars. Il a dû y renoncer. Comme quoi, il n’y a pas que la venue du roi d’Angleterre qui doit être annulée et, en ce moment, tous les ministres se terrent !
Macron avait bien senti le vent de la révolte : quand le chronomètre a affiché 49’3’’, des cris « Macron, démission » et des sifflets ont fusé dans les tribunes !

Après 38 jours d’un mouvement massif de désobéissance civile parmi les prisonniers politiques palestiniens, deux mille d’entre eux avaient annoncé une grève de la faim générale pour le début du ramadan le 23 mars en demandant la levée des mesures punitives imposées depuis trois mois par le néo-fasciste Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale. Ils avaient reçu le soutien des six organisations palestiniennes représentées parmi eux. Finalement, les autorités et l’administration carcérales israéliennes ont cédé et annulé les dispositions contestées. Rappelons qu’actuellement 4 800 Palestiniens sont enfermés dans les prisons israéliennes, dont 29 femmes, 160 enfants et 967 détenus administratifs, ces derniers emprisonnés sans charge et sans procès.

Dans ce pays, alerte le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), plus de 540 000 enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë et sévère, potentiellement mortelle, et un enfant meurt toutes les dix minutes de causes évitables. Au total 11 millions d’enfants ont besoin d’aide alimentaire et depuis le début de la guerre, en 2015, plus de 11 000 d’entre eux ont été tués et mutilés. Ce qui n’empêche pas l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, armés notamment par les États-Unis et la France, de mener une guerre sans merci contre les rebelles houthis soutenus par l’Iran, ce qui a conduit à ce que l’ONU décrit comme « l’une des pires tragédies humanitaires au monde ». Plus de 21,7 millions de personnes, soit les deux tiers de la population, auront besoin d’aide humanitaire cette année. Et les pays donateurs, plus prompts à fournir des armes que de la nourriture ou des médicaments, se font tirer l’oreille. L’ONU n’a levé que 1,2 milliard de dollars pour toutes ses agences en faveur du Yémen lors d’une conférence des donateurs en Suisse le mois dernier – une somme bien inférieure à l’objectif de 4,3 milliards de dollars qui seraient nécessaires pour mener à bien ses missions humanitaires. Une goutte d’eau par rapport aux centaines de milliards de dollars que les grandes puissances consacrent, sans état d’âme, à leurs programmes militaires.

Un enregistrement sonore accablant pour la Brigade de répression de l’action violente motorisée (Brav-M, c’est-à-dire les policiers qui pourchassent à moto les manifestants) a été rendu public par le quotidien Le Monde et le site en ligne Loopsider. Dans cet enregistrement d’une vingtaine de minutes, plusieurs policiers des Brav-M frappent, menacent et intimident sept jeunes gens interpellés à Paris après une manifestation contre la réforme des retraites et tiennent des propos racistes et homophones à leur égard. Pour couvrir ses arrières, le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a annoncé qu’il allait saisir l’Inspection générale de la police nationale. Qui ne va dans doute pas se hâter pour identifier les flics coupables. Comme d’habitude.

Ce genre de comportement et de langage ordurier et menaçant n’est pas exceptionnel de la part des policiers, surtout quand ils ont affaire à des jeunes et encore davantage quand ceux-ci sont noirs ou arabes. Cette fois ces propos ont été enregistrés. Mais les actes non enregistrés peuvent être bien aussi graves, voire plus, et souvent couverts par la hiérarchie. Par exemple, quatre étudiantes de Nantes arrêtées à l’occasion d’un blocage le 14 mars ont accusé la police de violences sexuelles. Là aussi une enquête de l’IGPN est en cours…

La Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, s’est alarmée d’un « usage excessif de la force » envers les manifestants contre la réforme des retraites. Elle écrit notamment : « Les actes de violence sporadiques de certains manifestants ou d’autres actes répréhensibles commis par d’autres personnes au cours d’une manifestation ne sauraient justifier l’usage excessif de la force par les agents de l’État. » Et plus loin, en réponse à une déclaration de Darmanin : « Le défaut de déclaration d’une manifestation n’est pas suffisant en soi pour justifier une atteinte au droit à la liberté de réunion pacifique des manifestants, ni une sanction pénale infligée aux participants à une telle manifestation. » De son côté l’ONG Reporters sans frontières (RSF) a appelé le ministre de l’Intérieur à « mettre fin aux violences policières contre les journalistes ». À part ça, comme nous le serinent régulièrement le ministre de l’Intérieur, celui de la Justice et le préfet de police de Paris « les violences policières n’existent pas ».

Mediapart a obtenu un courrier du Syndicat de la magistrature (SM) dans lequel ce dernier s’inquiète des gardes à vue abusives à Paris dans le cadre des manifestations, mais aussi des violences policières. Dans une lettre adressée à la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, le SM écrit : « Nous ne pouvons en effet que constater, au vu des comptes-rendus journalistiques associés aux vidéos enregistrées en temps réel par les personnes présentes, et déplorer, que ces manifestations font l’objet de pratiques de maintien de l’ordre qui interrogent très fortement quant à leur légalité, et à une instrumentalisation de la mesure de privation de liberté que constitue la garde à vue à des seules fins de maintien de l’ordre. » En d’autres termes, les violences policières sont récurrentes et la plupart des personnes interpellées, souvent sans motif ou pour des broutilles, n’ont souvent rien à se reprocher et ne sont pas poursuivies. Ce qui n’empêche pas le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin et son collègue de la Justice, Éric Dupond-Moretti, de fermer les yeux sur l’essentiel de ces pratiques, voire de les encourager par leur silence. Sollicité par Mediapart, le parquet de Paris avait indiqué en substance qu’il avait trop de travail pour s’auto-saisir des violences policières révélées par les médias. Bref dans cette situation, la justice est aveugle, sourde et muette. Laisser faire, laisser passer…

Le palais de l’Élysée a fait savoir que la visite du roi d’Angleterre Charles III et de son épouse, Camilla est officiellement reportée en raison de la mobilisation contre la réforme des retraites. Elle devait se dérouler du 26 au 29 mars, pile-poil au moment où était prévue, le 28 mars, une nouvelle journée d’action. Une bonne nouvelle : cette annulation permettra d’économiser le grand banquet prévu au château de Versailles, allégeant d’autant les comptes publics. On reste cependant sur notre faim. Supposons en effet que le souverain soit venu et ait été coincé dans une manifestation. Il se serait alors adressé à un participant en lui demandant : « C’est une révolte ? » Et l’autre lui aurait aussitôt répondu : « Non, Sire, c’est une révolution. » Cela aurait eu de la gueule.

Selon l’Insee, et ce n’est pas très étonnant, les revenus des ménages vont augmenter moins vite que l’inflation au premier semestre de cette année, ce qui va se traduire par une perte moyenne de 0,7 % du pouvoir d’achat, moyenne qui masque le fait que les ménages les plus modestes seront les plus impactés. Quant aux patrons du CAC40 pas d’inquiétude : la plupart ont d’ores et déjà bénéficié d’augmentations de revenus supérieurs à l’inflation. Comme dirait le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, tout baigne…

Interviewé sur CNews, après l’ouverture de onze enquêtes préliminaires pour violences policières présumées lors des dernières manifestations, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a volé au secours de ses troupes : « Il se peut que, individuellement, les policiers et les gendarmes, souvent sous le coup de la fatigue, commettent des actes qui ne sont pas conformes à ce qu’on leur a appris à l’entraînement et à la déontologie », a-t-il reconnu. Sauf qu’hier le même expliquait que les « violences policières » n’existaient pas et n’étaient qu’une invention de gauchistes, menaçant même de poursuivre ceux qui utilisaient ce terme. Reconnaissance tardive d’une réalité qu’il est facile de corriger : pour ne pas être sous le coup de la fatigue il faut et il suffit que les flics, keufs et autres poulets restent chez eux et nous laissent tranquillement manifester.