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Brèves

L’actualité en bref

Selon l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm, les États-Unis exportent 40 % des armes dans le monde, suivis par la Russie (16 %) et la France (11 %). Mais, d’après le quotidien britannique The Guardian, la hausse continue des exportations françaises ces cinq dernières années « laisse à penser que les industriels français pourraient dépasser leurs rivaux russes d’ici dix ans ». Poutine n’a qu’à bien se tenir. Quant à Dassault, dont l’action explose en Bourse, il est ravi. Mais les populations civiles, explosées par les bombes, les obus et les avions made in France, le sont beaucoup moins.

Adopté au Sénat en première lecture, le projet de loi relatif aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, comprend un large volet sécuritaire qui donne aux forces de l’ordre toute latitude pour utiliser des caméras terrestres ou des drones afin d’exercer une vidéosurveillance biométrique permanente du public qui assistera aux évènements sportifs. Mais, promis juré, cet espionnage électronique prendra fin soit le 31 décembre 2024, comme le demandent les députés, soit le 30 juin 2025 comme le voudraient le Sénat et le gouvernement. Et après ? On « évaluera ». Et il y a alors de forte chance que cette évaluation, menée par les spécialistes du maintien de l’ordre, soit positive et que l’utilisation « d’un traitement algorithmique d’images captées par des caméras et des aéronefs » devienne permanente. À noter qu’en Europe la France est pionnière dans ce domaine. En matière de flicage aussi on n’arrête pas le progrès.

Selon les récentes déclarations télévisées d’Emmanuel Macron, ce qu’il appelle avec mépris « la foule » n’est pas « légitime » face « au peuple qui s’exprime à travers ses élus ». Mais le président de la République doute lui-même tellement de la « légitimité » des élus qu’il recourt systématiquement au 49.3 pour les empêcher de voter les lois. Quant à la « foule », comme il dit, ce sont les masses travailleuses qui forment l’essentiel du « peuple », qui sont dans la rue et qui lui adressent un message on ne peut plus clair : « Toi et ta réforme, dégagez ! »

La métropole de Montpellier a annoncé mettre en place la gratuité des transports sur son réseau urbain à partir de décembre 2023. Cela ne concernera que les habitants et pas les touristes, mais c’est déjà ça. Les avantages de la gratuité sont nombreux et indéniables : baisse du coût de la vie pour les travailleurs qui utilisent le réseau, moins de voitures et plus de transports en commun, à condition que l’offre suive… Même les conducteurs montpelliérains vont en profiter, car la gratuité c’est l’arrêt de la vente à bord et de tous ses tracas et c’est moins d’insécurité dans les bus. Cerise sur le gâteau, la gratuité, en rendant les bornes à tickets inutiles, va permettre de faire des économies à hauteur d’un million et demi d’euros par an. Tous les réseaux devraient faire de même !

Les écoles primaires et secondaires afghanes viennent de rouvrir leurs portes pour la nouvelle année scolaire. Mais des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) qui se trouvent sur place ont constaté qu’à Kaboul les élèves étaient absents dans les sept établissements scolaires qu’ils ont visités. Selon Mohammad Osman Atayi, enseignant dans un lycée de garçons de la capitale, « une lettre du ministre de l’Éducation nous a été remise par notre directeur, mais comme aucune annonce publique n’a été faite, aucun élève n’est venu ». De plus, pour la seconde année consécutive, les établissements secondaires restent interdits aux filles. Selon certains responsables talibans, cités par l’AFP, les religieux ultra-conservateurs qui conseillent le chef suprême du pays, Haibatullah Akhundzada, sont profondément opposés à une éducation moderne pour les filles. Mais il semble qu’ils ne soient guère plus enthousiastes pour dispenser un tel enseignement aux garçons. Donc ils trainent les pieds. Le triomphe de l’obscurantisme en plein 21e siècle.

Le président chinois a profité de sa visite à Moscou pour saluer « le solide leadership » du maître du Kremlin en ajoutant : « Je sais que l’année prochaine, des élections présidentielles se tiendront dans votre pays […] Je suis sûr que le peuple de Russie vous apportera son soutien. » Il est d’autant plus sûr de la réélection de Poutine qu’il est probable que tous ses concurrents sérieux seront en prison ou en exil. Le reste sera une formalité. D’ailleurs Xi Jinping sait de quoi il parle, lui qui vient d’être réélu à l’unanimité pour un troisième mandat par les 2 952 députés de l’Assemblée nationale populaire. Il avait d’ailleurs été chaleureusement félicité par Poutine. Avec de tels scores, connus d’avance, est-ce bien la peine d’organiser encore des élections ?

Poussée par les autorités, la plus grande banque du pays, l’Union de banques suisses (UBS), a accepté d’acheter sa rivale Crédit suisse, en grande difficulté, pour 1,9 milliard d’euros. Le but de l’opération était d’empêcher un mouvement de panique sur les marchés financiers déjà mis à mal par la faillite de plusieurs banques américaines. Pour le président de la Confédération helvétique, Alain Berset, qui avait déjà déboursé 46 milliards d’euros pour soutenir le Crédit suisse, c’était le meilleur moyen de « rétablir la confiance » par une solution « non seulement décisive pour la Suisse […], mais pour la stabilité de l’ensemble du système financier mondial ». Pour l’instant la rustine semble tenir. Mais pour combien de temps ?

Dans le cadre d’un « plan stratégique d’économies », baptisé pompeusement et en anglais « Lead the Future » (Diriger l’avenir), Orange Business, la division du groupe des télécoms dédiée aux entreprises, envisage de procéder à la suppression de près de 700 postes sur un total de 5 700. Sa direction veut proposer aux syndicats un dispositif de rupture conventionnelle collective. Selon certaines sources, la moitié des salariés concernés auraient entre 46 et 55 ans. Et Orange n’en est pas à son coup d’essai. Depuis des années le groupe réduit ses effectifs en incitant ses salariés les plus âgés à anticiper leur départ en retraite via un « temps partiel senior ». À l’évidence, la direction n’est pas au courant que la réforme des retraites est, selon ses partisans, censée favoriser le maintien dans l’emploi des seniors. Ou plutôt elle est au courant, mais elle s’en fout. Comme tous les patrons d’ailleurs.

Alors que, malgré les réquisitions, la grève des éboueurs se poursuit dans la capitale, circulent sur les réseaux sociaux des vidéos censées montrer Paris envahi par les rats. Ce sont ces vidéos que met à mal le site Les Observateurs de la chaine publique de télévision France 24, qui réalise des émissions d’actualité à partir d’images envoyées par des observateurs amateurs mais vérifiées par des journalistes. Ainsi une vidéo vue près de deux millions de fois sur Twitter montrant des campements de fortune installés dans la capitale française ainsi que des déchets date en fait de 2016. Une autre où l’on voit des rats au milieu de montagnes de détritus à Bagnolet, à l’est de Paris, a été tournée en mai 2021. Et une troisième, montrant cette fois des rats traversant un boulevard parisien, remonte elle à mars 2022. Les fake news ne sont pas l’apanage de Trump et ses soutiens, mais aussi des anti-grévistes.