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Brèves

L’actualité en bref

Dmitri Medvedev est l’ex-président de la Fédération de Russie et le vice-président actuel du puissant Conseil de sécurité de Poutine. Il a comparé le mandat d’arrêt pour enlèvement d’enfants de la Cour pénale internationale à l’encontre du président russe à du papier toilette et menacé cette juridiction installée à La Haye (Pays-Bas) « d’une frappe aérienne ». Pas moins. Cela pourrait être considéré comme la sortie d’un hurluberlu et prêterait à sourire si l’individu en question n’occupait pas d’importantes responsabilités au sein de l’administration russe. Symptomatique de l’atmosphère belliciste qui règne actuellement au Kremlin.

Le 20 mars 2003, il y a tout juste vingt ans, une coalition militaire dirigée par les États-Unis, envahissait l’Irak dans le but de renverser le dictateur local Saddam Hussein. Raison avancée : ce dernier aurait possédé des armes de destruction massives qui mettaient en danger l’humanité. Il fut prouvé par la suite que ce prétexte était complètement bidon. Pour mener à bien sa guerre, Washington se passa de l’avis du Conseil de sécurité de l’ONU dont il était membre. Le conflit dura huit ans et neuf mois et fit des centaines de milliers de victimes pour lesquelles l’impérialisme américain ne fut jamais inquiété, la Cour pénale internationale ayant sans doute d’autres chats à fouetter. En son temps Lénine avait qualifié la devancière de l’ONU, la Société des Nations, de « caverne de brigands ». Depuis un siècle, ces grandes organisations internationales n’ont pas changé sur ce point.

À la suite d’un recours déposé en 2021 par trois organisations écologistes (France Nature Environnement, Sea Sheperd France et l’Association de défense des milieux aquatiques), le Conseil d’État a ordonné au gouvernement de fermer certaines zones de pêche dans le golfe de Gascogne d’ici six mois. Le but ? « Limiter les captures accidentelles de petits cétacés » et garantir la conservation des dauphins et des marsouins dans la zone. Car, de la Bretagne au Pays basque, des milliers d’entre eux – en général blessés par des engins de pêche – se sont échoués sur les plages au cours des derniers mois. En février, Emmanuel Macron avait estimé que la France devait « améliorer (ses) pratiques » de pêche pour mieux protéger les dauphins… tout en réaffirmant son soutien aux pêcheurs. C’est le fameux « en même temps » cher au locataire de l’Élysée qui consiste en général à ne rien faire. Et, comme, à la différence des pêcheurs, les cétacés ne votent pas, ils ont peu de chance d’être entendus.

Le ministre des Finances israélien Bezalel Smotrich devait animer une réunion publique dimanche dernier dans la capitale. Il a dû l’annuler devant les protestations qu’avaient soulevé cette initiative. Il s’est finalement rabattu sur une cérémonie privée à la mémoire d’un militant sioniste d’extrême droite franco-israélien, cérémonie largement relayée sur les réseaux sociaux. Et là il s’en est donné à cœur joie dans le genre propos suprémacistes juifs et anti-arabes. Il a brodé sur le thème « le peuple arabe palestinien n’existe pas et n’a donc aucun droit sur la terre de Palestine ». Les seuls véritables Palestiniens ce sont les Juifs d’Israël et les autres n’ont qu’à quitter le pays. En résumé, il veut une Palestine débarrassée de tous les Arabes… tout comme Hitler voulait une Allemagne débarrassée de tous les Juifs. À chacun ses références…

Quatre étudiantes ont déposé plainte pour « violences sexuelles par dépositaire de l’autorité publique » après avoir subi une fouille au corps lors d’une opération de police. Ces faits se sont produits lors d’un rassemblement qui se tenait sur le chemin de halage des bords de l’Erdre. Selon elles, leurs parties intimes ont été palpées lors de ce contrôle alors que des propos dégradants et à caractère sexiste et sexuel étaient prononcés. Anne Bouillon, l’avocate de l’une d’entre elles « évoque des propos humiliants et vexatoires, déconnectés de ce qui pourrait s’apparenter à un contrôle d’identité ». Le procureur a saisi l’Inspection générale de la police nationale mais, comme d’habitude, cela risque d’être parole contre parole. Et c’est généralement celle des flics que la justice croit.

Après le passage en force et l’usage du 49.3, le gouvernement a envoyé ses chiens de garde dans tout le pays. Depuis le début du mouvement contre la réforme, et particulièrement depuis jeudi soir, plus de 1400 militants et militantes du mouvement se sont fait interpeller et des milliers ont été victimes de violences policières gratuites. Pour faire passer la pilule d’une réforme inacceptable, Macron et ses amis usent de la matraque et de tout l’attirail judiciaire disponible contre les manifestants.
Si un jour nous utilisions le bâton pour reprendre les 80 milliards de dividendes versés cette année aux actionnaires du CAC 40, nous serions légitimes. Quand le gouvernement utilise cette méthode alors que l’ultra-majorité des travailleuses et travailleurs s’opposent à sa réforme, c’est un aveu de faiblesse. Le mouvement qui grandit fait peur aux patrons, donnons leur raison ! Toutes et tous dans la rue, toutes et tous en grève et dans l’action !

La colère s’est accumulée tout le weekend dans la jeunesse et le mouvement passe à la vitesse supérieure dans les universités. À Paris-Tolbiac et à Nantes, les assemblées générales étudiantes de lundi ont été les plus grosses (respectivement 800 et 400 participants) depuis le début de la mobilisation, et ont voté l’occupation de l’université. Dans toutes les têtes : l’union entre jeunes et travailleurs, et le soutien aux grèves et aux actions de blocage. La mobilisation se renforce en nombre et en détermination, et il n’est pas dit que ça s’arrête de sitôt !

La plateforme industrielle du courrier de Nantes est bloquée depuis maintenant plus de cinq jours, plus aucun courrier ni colis n’entre ou ne sort du site où se relaient des salariés de la PIC mais aussi des bureaux de poste de Nantes et même des villes aux alentours. En effet, lors de la dernière journée de mobilisation, ils ont bloqué une première fois la plateforme multiflux de Carquefou, puis, en réaction à la manœuvre de la direction, qui avait fait sortir tout le produit, ont décidé de se mettre en grève reconductible et de bloquer directement le site de la PIC. Le piquet tient bon et reçoit beaucoup de soutiens de la part des travailleurs et des usagers.
Le piquet des postiers cristallise l’espoir de la convergence des luttes, c’est tous ensemble que nous devons lutter, car c’est tous ensemble que nous allons gagner !

Gallimard (Folio), 288 p., 7,50 €

On apprenait il y a quelques jours la mort de l’écrivaine Claire Etcherelli à l’âge de 89 ans. Née dans les années 1930 à Bordeaux, l’autrice travailla un temps à la chaîne dans les usines Citroën de la région parisienne avant d’écrire ses premiers romans. L’un d’entre eux, Élise ou la vraie vie, publié en 1967, raconte l’histoire d’une jeune ouvrière, travaillant dans l’automobile elle aussi.

On ne peut que recommander la lecture de ce roman, qui offre une vision très juste du monde ouvrier et du contexte politique des années 1950 en France. Il décrit la vie quotidienne de cette jeune femme, qui ne se sent pas tout à fait à sa place dans ce monde d’hommes qu’est l’usine, et l’aliénation que représente le travail à la chaîne. Il montre aussi comment la protagoniste, en pleine guerre d’Algérie, se lie avec des militants indépendantistes algériens. Elle refuse le racisme qui traverse alors toute la société française, du patron jusqu’à une partie des ouvriers, et fait le choix de se ranger du côté des opprimés qui se battent. Mais la pression policière et les multiples rafles qui touchent les ouvriers algériens rendent toute émancipation bien difficile sans le soutien des travailleurs français…

Élise ou la vraie vie est une lecture dans laquelle se plonger sans hésitation. Bien des problèmes soulevés par Claire Etcherelli dans cet ouvrage sont utiles pour comprendre la société capitaliste encore aujourd’hui et ceux qui la subissent. À lire et à faire lire.