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Brèves

L’actualité en bref

« Rêve géorgien », le parti au pouvoir, a annoncé le retrait d’un projet de loi controversé sur « les agents de l’étranger » qui visait à museler les médias et les ONG recevant plus de 20 % de leur financement de l’étranger ; Ce projet rappelait une loi similaire adoptée en Russie en 2012, et que le Kremlin utilise pour réprimer les médias et les organisations d’opposition ou les simples voix critiques, considérés comme des « agents étrangers ». Selon la législation russe récemment modifiée, toute personne ou association « sous influence étrangère » ou recevant un soutien de l’étranger – pas seulement de l’argent – peut être déclarée « agent étranger », le mot étant nettement connecté à la notion d’espionnage. Après deux jours de manifestations massives dans la capitale, lors desquelles la police a utilisé des grenades lacrymogènes et des canons à eau pour disperser des dizaines de milliers de personnes rassemblées près du Parlement, le gouvernement géorgien a finalement remis son projet dans sa poche.

Le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, a déclaré sur RMC/BFMTV qu’il « travaille à augmenter la durée de résidence minimale sur le sol français pour l’ensemble des minima sociaux et des allocations sociales ». En gros, il priverait du minimum vieillesse, d’allocations familles et d’aides personnalisées au logement toute personne résidant depuis moins de neuf mois sur le territoire. Une façon, une fois encore, de faire des économies sur le dos des plus pauvres.

Par 201 voix contre 115, la droite sénatoriale a fait adopter l’article 7 du projet de loi qui porte l’âge de départ à la retraite à 64 ans après l’utilisation de l’article 47.1 de la Constitution qui a pour but d’abréger les débats en restreignant le temps de parole et le droit d’amendement des sénateurs. C’est l’équivalent au Sénat du 49.3 à l’Assemblée nationale. Les élus de gauche ont dénoncé un « coup de force » et « un scandale ». Mais qu’attendre d’autre de cette coterie de notables ? C’est l’existence même du Sénat, une assemblée complètement coupée des préoccupations quotidiennes de la population, qui est un scandale permanent.

À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le président américain, Joe Biden, a promis de « soutenir les droits des femmes et des jeunes filles dans tous les aspects de notre politique intérieure et extérieure », en parlant sur ce dernier point de l’Iran et de l’Afghanistan et des viols commis par l’armée russe. Mais il n’a pas mentionné le droit à l’avortement menacé aux États-Unis mêmes par la Cour suprême et nombre d’États tenus par les Républicains qui rêvent de l’interdire. Une empathie à l’égard des droits des femmes qui se manifeste surtout envers celles qui sont à l’autre bout du monde…

Des dizaines de milliers de personnes sont de nouveau descendues dans les rues afin de réclamer des comptes au gouvernement après la catastrophe ferroviaire qui a fait 57 morts le 28 février. Le pays était par ailleurs quasiment à l’arrêt en raison d’un appel à cesser le travail dans une grande partie des secteurs public et privé. Aucune liaison maritime n’était assurée entre le continent et les îles et les trains sont restés en gare pour le huitième jour d’affilée. Les employés du service public ont également débrayé 24 heures à l’appel de la confédération syndicale du secteur, tout comme les enseignants du primaire, les médecins et les conducteurs de bus et de métro, rejoints dans les cortèges par les étudiants. Les manifestants dénonçaient la vétusté du réseau ferré et le manque d’investissement dans les services publics. Les syndicats de cheminots ont rappelé qu’ils avaient tiré la sonnette d’alarme sur les graves défaillances techniques sur cette ligne bien avant le drame, sans avoir été entendus ni par leur direction, ni par le gouvernement. De nombreux Grecs expriment leur colère face à la détérioration des services publics du fait des plans d’austérité imposés depuis 2010 par les créanciers de la Grèce, notamment la Banque centrale européenne, le Fonds monétaire international et l’Union européenne. Austérité qui conduit à des catastrophes comme celle du 28 février.

Alors que les grandes puissances ont annoncé, ces dernières semaines, une augmentation record de leurs dépenses militaires, le Comité international de la Croix-Rouge vient de tirer la sonnette d’alarme. Il lui manque entre 500 et 700 millions pour boucler cette année son budget estimé à 2,79 milliards d’euros. Les principaux donateurs se font tirer l’oreille. Seule l’aide à l’Ukraine fait exception. Toutes les autres opérations (Afghanistan, Syrie, Soudan du Sud, Somalie, Irak, République démocratique du Congo, Éthiopie, Nigeria…) sont sous-financées. La pire situation est celle du Yémen où à peine un quart des fonds espérés a pu être récolté pour aider les quatre millions de personnes déplacées par la guerre. Pour les grandes puissances il y a les bons réfugiés, que l’on peut éventuellement utiliser dans la propagande belliciste, et les autres qu’elles ignorent.

La Première ministre, Élisabeth Borne, a fait savoir au ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, qu’en faisant deux bras d’honneur à l’intention d’Olivier Marleix, le chef de file des députés Les Républicains, il avait fait preuve « d’un comportement [qui] n’avait pas sa place dans l’hémicycle ». Finalement le garde des Sceaux a « regretté » son geste. Mais c’est beaucoup de bruit pour pas grand-chose. En effet, depuis l’adaptation de la très gaulliste constitution de la Cinquième République en 1958, c’est un bras d’honneur permanent que l’exécutif, qu’il soit de gauche ou de droite, adresse à la pseudo-représentation nationale en se passant allègrement de ses avis à coups de 49.3 et autres joyeusetés. À côté, le geste vulgaire de Dupond-Moretti est insignifiant.

Selon des calculs de Mediapart les sénateurs bénéficient d’un des systèmes de retraite les plus favorables du pays, avec une pension mensuelle moyenne de 4 400 euros. Rappelons que lesdits sénateurs ont adopté il y a quelques jours une mesure visant à supprimer les régimes spéciaux de retraite dont bénéficient notamment les cheminots et les énergéticiens et ce au nom de l’égalité. Mais pas question pour eux de toucher à leur propre régime spécial. Une bande de vieux faux-culs hypocrites mais solidement attachés à leurs privilèges.

Six Palestiniens ont été tués le 7 mars lors d’un raid militaire israélien dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Selon des témoins, de violents affrontements ont opposé pendant plus de deux heures les forces israéliennes à des combattants palestiniens. Nabil Abou Roudeina, un porte-parole de la présidence palestinienne, a dénoncé l’emploi de roquettes contre des maisons en plein centre-ville. Depuis le début de l’année, 71 Palestiniens ont été abattus par les forces armées israéliennes. Un terrorisme d’État qui se poursuit.