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Brèves

L’actualité en bref

Le tribunal de Paris a débouté les opposants au méga projet pétrolier controversé de TotalEnergies en Ouganda et en Tanzanie, reprochant aux ONG – Les Amis de la Terre, Survie et quatre associations ougandaises – « de ne pas avoir suffisamment exploré la voie du dialogue » avec le géant pétrolier avant de saisir la justice. Cette période de dialogue est prévue par la loi sur « le devoir de vigilance » adoptée en 2017 et qui oblige les grandes entreprises à tenir compte du respect des droits humains et de l’environnement dans leurs plans de développement. Ce qui n’a nullement empêché TotalEnergies de lancer le projet Tilenga, un forage en Ouganda qui empiète sur le parc naturel des Murchison Falls, et celui de l’oléoduc d’Afrique de l’Est (East African Crude Oil Pipeline), qui prévoit un pipeline chauffé de 1 500 kilomètres jusqu’à la côte tanzanienne, en expropriant les populations, en empiétant sur leurs terres cultivables et en saccageant la faune et la flore. Et le tout sans dialogue. Les magistrats se montrent compréhensifs à l’égard de TotalEnergies et risquent de faire de même demain vis-à-vis des autres grands groupes visés par des actions de justice pour défaut de devoir de vigilance comme Casino, Suez, Yves Rocher ou encore BNP Paribas, cette dernière mise en cause pour son soutien financier aux énergies fossiles… notamment chez TotalEnergies. Bref le « devoir de vigilance » ne les empêche ni de dormir, ni de polluer.

La députée insoumise Clémentine Autain a demandé l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire alors que sort en salle le film de Jean-Paul Salomé et Fadette Drouard, La Syndicaliste, adapté d’un livre-enquête de la journaliste de L’Obs, Caroline Michel-Aguirre. Il raconte l’histoire de Maureen Kearney, représentante CFDT chez Areva, retrouvée chez elle, en décembre 2012, ligotée, violée avec le manche d’un couteau et un « A » scarifié sur le ventre. Depuis des mois elle était en conflit avec sa direction, car elle s’opposait à la signature d’un accord entre Areva, EDF et l’opérateur nucléaire chinois CGNPC en vue du développement d’un nouveau réacteur en Chine. Elle porta plainte mais l’enquête fut menée à charge contre elle par la gendarmerie et le juge instructeur. Elle fut, en première instance, reconnue coupable d’avoir mis en scène cette agression avant d’être relaxée en appel en 2018. La sortie de ce film va-t-elle relancer une enquête qui ne fut jamais menée sérieusement ? On peut l’espérer.

Visé depuis plusieurs mois par des accusations de harcèlement moral et sexuel, de propos outranciers aggravés par une forte consommation d’alcool et par un rapport d’audit accablant sur son management et son comportement, Noël Le Graët, 81 ans, a annoncé sa démission de la présidence de la Fédération française de football. Pour aussitôt faire savoir qu’il avait été nommé à la tête du bureau parisien de la Fédération internationale de football (Fifa) par le président en personne, Gianni Infantino. Ce dernier l’a désigné à ce poste « en raison de ses compétences, de son expertise et de son expérience ». Le Graët pourra donc continuer à se conduire comme un porc avec la bénédiction des plus hautes instances de la Fifa. C’est ce qu’on appelle, en résumé, la déontologie du foot professionnel.

Ce sont les autorités sanitaires officielles qui l’ont annoncé : des individus ont empoisonné des centaines d’élèves ces derniers mois dans la ville de Qom dans le but de contraindre les écoles de filles à fermer leurs portes. Depuis fin novembre, des médias locaux ont fait état de cas d’empoisonnement par voies respiratoires de centaines de filles âgées d’environ 10 ans dans les écoles de cette ville. Certaines d’entre elles ont été brièvement hospitalisées. Leurs parents s’étaient rassemblés devant le gouvernorat de la ville pour « demander des explications » de la part des autorités. Le lendemain, le porte-parole du gouvernement, Ali Bahadori Jahromi, avait annoncé que « les ministères des Renseignements et de l’Éducation coopéraient » pour trouver l’origine de l’empoisonnement. À la suite de cette enquête, le vice-ministre de la Santé, Youness Panahi, a implicitement confirmé dimanche que l’empoisonnement des élèves de Qom était intentionnel. Leurs auteurs seraient des fondamentalistes religieux qui veulent aller encore plus loin que le gouvernement en interdisant aux filles non seulement les enseignements secondaire et supérieur, ce qui est déjà le cas, mais aussi celui dispensé dans le primaire. Et pour l’instant personne n’a été ni arrêté, ni inquiété.

Bernard Looney, le directeur général de British Petroleum (BP), un géant britannique des hydrocarbures, va toucher une prime exceptionnelle de 11,4 millions de livres sterling (12,9 millions d’euros) dans la foulée de l’envolée des prix des hydrocarbures. BP a annoncé qu’en 2022 son bénéfice a plus que doublé pour atteindre 27,7 milliards de dollars (26,1 milliards d’euros). Dans le même temps, les classes populaires britanniques font face à la pire crise économique depuis des décennies et à une perte record de leur pouvoir d’achat.

Le One Forest Summit, réunion internationale consacrée aux enjeux forestiers, se tient les 1er et 2 mars dans la capitale, Libreville. Un rendez-vous auquel va participer Emmanuel Macron. Une visite qui ne doit pas grand-chose à la passion du locataire de l’Élysée pour la préservation des arbres mais beaucoup au fait que ce sera pour lui une occasion d’adouber le président gabonais, Ali Bongo Ondimba. Ce dernier, au pouvoir depuis 2009 après deux élections considérées comme frauduleuses, se représente dans six mois. Il marche dans les pas de son père, Omar Bongo, président sans interruption de 1967 à sa mort, 42 ans plus tard. À une époque où la présence de l’impérialisme français est contestée un peu partout en Afrique centrale, c’est l’occasion de soutenir un de ses hommes-liges. La Françafrique a encore quelques restes.

Suite à une visite surprise à la prison de la Santé de la bâtonnière de Paris, Julie Couturier, et du sénateur socialiste Rémi Féraud, on a appris, et ce n’est pas vraiment une surprise, que malgré un important chantier de rénovation, le taux d’occupation de l’établissement dépasse les 163 % avec 1 153 détenus pour 708 places. Nombre d’entre eux dorment par terre sur un matelas et la nuit il est souvent impossible d’aller aux toilettes de crainte de marcher sur un autre détenu. Et ces conditions de détention indignes n’empêchent pas la droite – et le ministre de l’Intérieur Darmanin en tête – de demander toujours plus de condamnations à de la prison ferme. Conséquence : à l’échelle nationale, le nombre de prisonniers a atteint un niveau record, dépassant les 70 000 pour 60 000 places. Et les choses ne risquent pas de s’améliorer.

Après la mort dimanche après-midi de deux d’entre eux tués par des tirs palestiniens, 300 à 400 colons juifs sont entrés dans le village palestinien de Huwara « pour se venger ». Ils ont jeté des pierres sur les habitants, incendié des bâtiments, des poubelles et des voitures, D’après Wajeh Odeh, membre de la municipalité, plus de 100 voitures ont été incendiées et 30 maisons brûlées ou endommagées. Une partie des habitants, menacés par les incendies, a dû être évacuée. Dans la même soirée, un Palestinien a été tué par balles alors que les forces israéliennes et des colons étaient entrés, main dans la main, à Zaatara, un autre village près de Naplouse. Hypocritement, le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a appelé les colons à la télévision « à ne pas (se) faire justice (eux-mêmes), mais à laisser les forces de sécurité accomplir leur mission ». Déclaration parfaitement hypocrite. Car depuis son retour au pouvoir en décembre dernier – à la tête d’une coalition de partis d’extrême droite, racistes, suprémacistes et ultra-religieux qui comprend des ministres comme Ben Gvir et Bezalel Smotrich dont les propos équivalent à des appels au meurtre – Netanyahou ne cesse de jeter de l’huile sur le feu, en flattant les colons, en justifiant les confiscations de terres, la destruction de maisons et de puits, et en justifiant les mesures de brimades à l’égard de ceux qui croupissent en prison. Et, pendant ce temps, la communauté internationale, de Paris à Berlin et de Washington à Londres, « appelle au calme » en renvoyant dos à opprimés et oppresseurs. À vomir.

Plus de 62 migrants sont morts noyés à 100 mètres des côtes italiennes dimanche, après le naufrage de leur embarcation surchargée. En Italie, le gouvernement de la post-fasciste Giorgia Meloni vient de faire adopter une loi qui réduit les capacités de sauvetage des navires humanitaires, tandis qu’en France la loi Darmanin va renforcer le tri des migrants en fonction des besoins du patronat. Pour coordonner les moyens répressifs des États, était créée en 2016 l’agence Frontex, en charge des frontières de l’Union européenne, une véritable armée anti-migrants. Les responsables de ce drame, comme la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ou celle du gouvernement italien, Giorgia Meloni, ont exprimé leur « profonde douleur » devant cette « tragédie », ajoutant ainsi l’hypocrisie et l’indécence à la xénophobie criminelle.