Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La visite de Macron au salon de l’agriculture n’a pas été un long fleuve tranquille. Il a été interpelé à de nombreuses reprises, entre autres par une infirmière : « est-ce qu’à l’hôpital, vous voulez une infirmière de 64 ans ? » La collègue continue : « vous ne la mettez pas à 1 200 euros. » Macron : « 1 200 euros pour tout le monde ce n’est pas possible. » Nous condamner à l’épuisement au travail puis à la misère, ça ne le dérange pas, pourvu que les actionnaires pour lesquels il a supprimé l’impôt sur la fortune puissent continuer à gagner des millions sans rien faire.

Alors que les bœufs en charge de sa sécurité éloignaient par les cheveux un militant écolo qui avait eu le malheur de poser une question sur la rénovation thermique des bâtiments, Macron a profité de son passage au salon pour piailler sur la question des retraites. Ce ne serait que « justice » de travailler deux ans de plus par rapport « à un éleveur qui ne sait pas ce que c’est qu’un jour férié, qu’un samedi ou un dimanche ou il peut se reposer ». Ça fait une belle jambe à l’éleveur en question que d’autres se tuent aussi à la tâche. Et pendant ce temps, ceux qui s’enrichissent sur son dos, les mêmes grands capitalistes qui nous exploitent au travail, se la coulent douce.

Darmanin entend renforcer l’oppression qui vise les migrants avec une nouvelle loi pour accélérer l’examen des demandes d’asile et faciliter les expulsions en limitant les recours possibles contre une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une volonté de concurrencer l’extrême droite, doublée d’un cadeau au patronat en accordant un titre de séjour d’à peine un an aux travailleurs des « métiers en tension », les plus pénibles et mal rémunérés, pour lesquels il peine à recruter (BTP, restauration). Ne laissons pas passer cette loi immonde et manifestons tous le samedi 4 mars !

Énième provocation de Macron qui décorait le 16 février de la Légion d’honneur Jeff Bezos, patron d’Amazon, lui qui pousse l’exploitation toujours plus loin avec des logiciels de flicage, en plus d’esquiver les impôts en France. Parmi les plus riches au monde, il incarne aussi la pollution générée par les ultra-riches en s’offrant, pour le plaisir, un voyage dans l’espace à l’empreinte carbone démentielle. Macron récompense ainsi le capitalisme dans toute son indécence, en douce, un jour de mobilisation contre son projet de réforme des retraites. Qui oserait encore enterrer la lutte des classes ?

Plus d’une centaine d’anciens salariés ou sous-traitants du laboratoire Tetra Médical se sont déjà manifestés auprès de l’avocat en charge de l’affaire. En cause, un gaz cancérigène, mutagène et reprotoxique avec lequel les travailleurs du laboratoire ont été en contact de façon prolongée. Certains ont développé des cancers, pour d’autres ce sont les enfants qui ont des malformations congénitales, et pour les restants, c’est l’angoisse de ne pas savoir si on sera le prochain.
Ces patrons qui préfèrent nous empoisonner plutôt que de réduire leurs marges, il est temps que ça cesse.

Le ministre de la Transition écologique prévenait mercredi qu’il fallait « sortir du déni » et préparer le pays à une augmentation des températures de 4 °C. Bref, s’adapter au changement climatique plutôt que de lutter contre. Alors que la France vient de passer 32 jours sans véritable pluie, que de tels épisodes de sécheresse vont certainement se reproduire, nous avons besoin de bien plus que ce fatalisme. Ce qu’il faut de toute urgence, c’est exproprier les grands groupes capitalistes et les banques pour pouvoir réorganiser la production en fonction des besoins de la population et des possibilités de l’écosystème, et non des profits privés.

En Allemagne, les négociations salariales qui ont débuté en janvier déclenchent des grèves. Que ce soit à la Poste, à la Deutsche Bahn ou dans les aéroports, des salariés se mobilisent et le syndicat Ver-di réclame des augmentations de 15 % avec un minimum de 500 euros. Le printemps risque d’être mouvementé des deux côtés du Rhin ! Vive l’arme des travailleurs : la grève !

Les propos abjects du président tunisien Kaïs Saïed, qualifiant les immigrés subsahariens de « hordes de migrants clandestins », ont ému des deux côtés de la Méditerranée. « À bas le racisme », « Nous sommes tous des Africains » ont clamé des centaines de manifestants samedi 25 février à Tunis. Kaïs Saïed mène un tournant autoritaire et veut détourner l’attention de la grave crise économique et sociale du pays en reprenant la théorie complotiste du grand remplacement ânonnée par Zemmour. Il reprend la propagande que mène le Parti nationaliste tunisien : celui-ci martèle sur les plateaux télé sa démagogie raciste contre les sans-papiers subsahariens rendus responsables de l’insécurité et fait tourner une pétition pour demander leur expulsion. Victimes d’arrestations au faciès, d’expulsions des logements, des migrants se terrent la peur au ventre. Les manifestants ont bien raison : À bas la démagogie raciste ! Et à bas les autorités européennes qui font la chasse aux migrants et sous-traitent la répression de l’autre côté de la Méditerranée.

Ils sont tellement beaux qu’on aurait presque envie de les toucher… Une vidéo circule mettant en scène les futurs dirigeants du réseau de transports en commun de Lyon si jamais RATP Dev venait à remporter le prochain appel d’offres. Après avoir vanté la qualité de vie et les performances du réseau dans la capitale des Gaules, ils appellent d’éventuels collaborateurs à les rejoindre… Une offre d’emploi en somme. Au détour d’une phrase, ils nous affirment que les enjeux sociaux sont importants pour garder le personnel motivé : message reçu. La valse des appels d’offres n’y changera rien, c’est la solidarité des travailleurs qu’il faudra opposer aux patrons du transport, quelle que soit leur étiquette.