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Brèves

L’actualité en bref

Le Conseil d’État a confirmé la dissolution du Rassemblement actions jeunesse, une ONG qui avait été aux premiers rangs du mouvement pro-démocratie Hirak. Cette décision est tombée au lendemain du quatrième anniversaire du Hirak, ce vaste mouvement populaire contre le régime, déclenché le 22 février 2019, qui avait contraint l’ex-président Abdelaziz Bouteflika à quitter ses fonctions. Plusieurs membres de l’association, notamment son président Abdelouahab Fersaoui, ont fait l’objet de poursuites judiciaires et jusqu’à neuf d’entre eux ont été incarcérés. Et, selon les médias algériens, le Conseil d’État a également décidé de suspendre le Mouvement démocratique et social, un parti de gauche laïque engagé lui aussi dans les manifestations du Hirak, et de fermer ses locaux. L’ONG Amnesty International a estimé que « la dissolution de cette association porte un coup dur au droit à la liberté d’association, garanti par la Constitution ». De son côté, en octobre dernier, lorsqu’il avait fait appel d’une première décision visant son interdiction, le Rassemblement actions jeunesse avait déclaré qu’une telle mesure ne l’empêcherait pas de poursuivre son combat pour les droits démocratiques.

Selon un rapport des Nations unies, rédigé par l’Organisation mondiale de la santé, le taux mondial de mortalité maternelle a reculé de 34,3 % entre 2000 et 2020. Il n’empêche que, globalement, 287 000 femmes sont mortes pendant la grossesse ou l’accouchement en 2020, ce qui représente environ un décès toutes les deux minutes, contre 446 000 en 2000. Mais cela ne constitue qu’une légère baisse par rapport aux 309 000 décès enregistrés en 2016, lorsque les objectifs de développement durable de l’ONU sont entrés en vigueur. La mortalité maternelle est la plus forte dans les pays les plus pauvres et ceux touchés par des conflits. En 2020, environ 70 % de l’ensemble de ces décès ont été enregistrés en Afrique subsaharienne. Là, le nombre de décès est proportionnellement 136 fois plus élevé qu’en Australie et en Nouvelle-Zélande qui enregistrent les chiffres les plus faibles. Les principales causes de ces morts sont les hémorragies graves, l’hypertension artérielle, les infections liées à la grossesse, aux avortements à risque et aux affections aggravées par la grossesse (comme le sida et le paludisme). Autant de complications qui seraient évitables et pourraient être traitées si les pays en voie de développement disposaient de structures médicales suffisantes. Là encore c’est d’abord la pauvreté qui tue.

Baptisée Forever Pollution Project (Projet pollution pour toujours), en allusion aux PFAS, des composés chimiques de synthèse quasi indestructibles développés depuis les années 1940 pour résister à l’eau et à la chaleur, une enquête menée par 17 médias internationaux, dont Le Monde et le Guardian, montre que 17 000 sites sont contaminés en Europe par ces pollutions chimiques, dont 2 100 à des niveaux dangereux pour la santé. On les retrouve notamment dans des zones immenses entourant la plupart des bassins de l’industrie chimique. Les journalistes ont également localisé vingt usines de production de PFAS, dont cinq en France (Arkema, Daikin, Chemours, Solvay…) et 230 autres identifiées comme utilisatrices. Ces substances toxiques sont présentes dans des objets de la vie courante comme les produits en teflon, les emballages alimentaires, les textiles et les automobiles. Des études ont par ailleurs montré que les PFAS pouvaient être trouvés aussi dans le sol, l’eau potable, ainsi que dans des végétaux et animaux, notamment des poissons. Des chercheurs ont mis en évidence le lien entre leur accumulation dans le corps humain et une diminution de la réponse immunitaire à la vaccination, des cas de cancer, de diabète ou d’obésité, ou encore une perturbation du fonctionnement du foie. Les autorités sanitaires de plusieurs pays ont déposé mi-janvier auprès de l’Agence européenne des produits chimiques un projet visant à bannir ces composants. Mais les lobbies industriels n’ont pas dit leur dernier mot. Il n’y a plus qu’à attendre…

Trois ONG de défense de l’environnement – Oxfam France, les Amis de la Terre France et Notre Affaire à Tous – ont annoncé qu’elles assignaient en justice BNP Paribas, première banque européenne, au titre de sa « contribution significative » au réchauffement climatique. Elles reprochent à la banque de soutenir « activement et massivement des groupes parmi les plus agressifs dans l’expansion pétrolière et gazière ». Fin janvier, BNP Paribas s’était engagée à réduire à moins d’un milliard d’euros l’encours de financement à l’extraction et la production de pétrole d’ici 2030, une baisse de plus de 80 % par rapport à l’encours actuel de cinq milliards d’euros. Mais cela a été jugé insuffisant par les trois ONG qui ont décidé de trainer la banque devant les tribunaux. Cette action en justice est, parait-il, la première au monde à viser une banque commerciale pour ses activités dans le secteur pétrogazier, Mais elle reste hautement symbolique. Car même condamnée, ce qui n’est nullement certain, BNP Paribas pourra toujours poursuivre ses activités polluantes par le biais de ses filiales étrangères. Rappelons à ce propos que depuis 2017 la loi sur le devoir de vigilance impose aux grandes entreprises de prendre des mesures effectives pour prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement sur l’ensemble de leur chaîne d’activité. Une législation aisément contournée par les groupes concernés et largement ignorée par les tribunaux de ce pays.

Le cabinet de conseil McKinsey, très en cour auprès de Macron et du gouvernement, a décidé de réduire ses effectifs de 2 000 postes, soit l’un des plans sociaux les plus conséquents de son histoire. L’entreprise américaine emploie actuellement 45 000 personnes à travers le monde et est présente dans 130 pays. Le but affiché par la direction : faire des économies. Et elle en aura besoin. En effet, trainé en justice aux États-Unis par des groupes pharmaceutiques comme OxyContin et Purdue Pharma, qui l’accusent d’avoir contribué par ses mauvais conseils à la crise des analgésiques opiacés utilisés comme anti-douleur, McKinsey a accepté de leur verser 573 millions de dollars (540 millions d’euros) pour mettre fin à ces poursuites. Ce qui peut interroger sur la qualité des conseils qu’il dispense à prix d’or, notamment à nos gouvernants.

Lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité nationale, Kaïs Saïed a tenu un discours très dur au sujet de « hordes des migrants clandestins » en provenance d’Afrique subsaharienne, dont la présence est selon lui source de « violence, de crimes et d’actes inacceptables », insistant sur « la nécessité de mettre rapidement fin » à cette immigration. Avant d’ajouter, dans une envolée que n’auraient désavouée ni Marine Le Pen, ni Éric Zemmour, que cette immigration clandestine relevait d’une « entreprise criminelle ourdie à l’orée de ce siècle pour changer la composition démographique de la Tunisie », afin de la transformer en un pays « africain seulement » et estomper son caractère « arabo-musulman ». Cette charge de Kaïs Saïed contre les migrants subsahariens survient quelques jours après qu’une vingtaine d’ONG tunisiennes ont dénoncé la montée d’un « discours haineux » à leur égard. Face à une crise économique, financière et sociale, Saïed utilise à fond la carte du racisme dans l’espoir de détourner au moins une partie de la colère populaire contre les migrants. Vieille ficelle.

Des perquisitions ont eu lieu au siège de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre de l’enquête ouverte au sujet d’un dîner fastueux donné par son président, Laurent Wauquiez (LR), le 23 juin 2022, bien entendu payé par la collectivité. Le coût de ces agapes, qui avaient réuni 90 personnes, au château de La Chaize (Rhône), a été évalué à la bagatelle de 100 000 euros, soit plus de 1 100 euros par convive. Parmi eux, des sportifs, des dirigeants d’entreprise ou encore des influenceurs régionaux. Wauquiez soigne son image aux frais du contribuable. Via son service de presse, la direction de la région s’est dite « très sereine ». Ce qui n’empêche pas que Wauquiez risque d’être poursuivi pour « détournements de fonds publics » et « prise illégale d’intérêt ». Encore un qui confond servir le peuple et se servir.

L’association Familles rurales vient de publier, pour la seizième année consécutive, son Observatoire des prix de grande consommation. Selon ses chiffres, si une famille de quatre personnes (deux adultes, deux enfants) souhaite s’alimenter correctement en suivant les recommandations du Plan national nutrition santé (manger au moins cinq fruits et légumes par jour), elle doit débourser entre 477 et 1 179 euros tous les mois en moyenne pour un panier « varié ». Le prix plancher de 477 euros concerne un panier où les produits sont les moins variés. La somme à débourser atteint les 734 euros pour un panier de base, monte à 814 euros pour les marques nationales, et à 1 179 euros pour le bio. Mais neuf millions de personnes, parmi les plus précaires, sont déjà dans l’incapacité d’atteindre le prix plancher, faute de moyens financiers suffisants. Il leur faudrait en moyenne 65 euros de revenus supplémentaires par mois pour pouvoir être dans les clous. Ce qui coûterait environ 7,2 milliards d’euros chaque année, une goutte d’eau par rapport aux centaines milliards d’euros consacrés à l’armement.

Selon la Fédération nationale des offices publics de HLM, 88 000 logements ont été mis en chantier en 2021. Il s’agit là du chiffre le plus bas enregistré depuis 2010, où 98 000 logements sociaux avaient été lancés. Les chiffres ne sont pas encore connus pour 2022 mais ils devraient être du même ordre. Or, pour faire face à la demande, qui augmente en moyenne de 8 % par année, il faudrait en construire annuellement 150 000. On est loin du compte. Depuis l’arrivée de Macron à la présidence en 2017, les choses n’ont fait qu’empirer. Ainsi, à partir de 2018, les offices HLM ont dû prendre en charge chaque année 1,3 milliard d’aide personnalisée au logement jusque-là versée aux locataires par l’État, ce qui a fait baisser d’un tiers les investissements dans de nouvelles constructions. À cela s’ajoute la hausse du taux d’intérêt du Livret A (passé en 18 mois de 0,5 % à 3 %) sur lequel est adossée leur dette qui s’élève à 142 milliards d’euros et qui va mécaniquement augmenter de 3 milliards d’euros par an. En juillet 2017, alors candidat, Macron avait promis que, lui élu, personne ne dormirait plus à la rue. Mais depuis les choses n’ont fait que s’aggraver. Une promesse bidon parmi beaucoup d’autres.