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Brèves

L’actualité en bref

Un Palestinien de 16 ans, Montaser Mohammad Theeb Shawa, a succombé à ses blessures, près de deux semaines après avoir été touché à la tête par un tir israélien dans le camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse, en Cisjordanie occupée. Dans la même région l’armée israélienne a lancé une attaque qui a fait dix morts et une centaine de blessés. Selon un décompte effectué à partir de sources officielles, palestiniennes et israéliennes, depuis le début de l’année 60 Palestiniens, dont des mineurs, ont été abattus par l’occupant.

Dans un rapport intitulé Je ne peux pas respirer : race, mort et maintien de l’ordre britannique (I Can’t Breathe : Race, Death and British Policing), l’association Enquête (Inquest) révèle, statistiques à l’appui, que les Noirs ont beaucoup plus de risques que les Blancs de mourir lors de « contact » avec la police. Entre 2012-2013 et 2020-2021, 119 personnes sont mortes au moment de leur arrestation ou dans les commissariats après avoir été interpelées. Sur ce total, 86 étaient blanches et 23 noires, soit plus de 19 % du total, alors que les Noirs ne représentent que 7,5 % de la population. Un pays, parmi d’autres, où le racisme de la police est systémique et se compte en nombre de morts.

La Cour de cassation a annulé la relaxe, prononcée en appel en septembre 2021, à l’encontre d’Éric Zemmour pour des insultes à l’égard de musulmans. Les faits remontent à 2019. Lors de la « convention de la droite », organisée par des proches de Marion Maréchal-Le Pen, le polémiste avait tenu un discours fustigeant des immigrés « colonisateurs », une « islamisation de la rue » et décrit le voile et la djellaba comme « les uniformes d’une armée d’occupation ». Condamné une première fois par le tribunal correctionnel de Paris à 10 000 euros d’amende, il avait été relaxé par la cour d’appel qui avait estimé qu’« aucun des propos poursuivis ne vise l’ensemble des Africains, des immigrés ou des musulmans mais uniquement des fractions de ces groupes ». Mais cette nuance n’a pas convaincu la Cour de cassation. Celle-ci a jugé que les propos litigieux désignaient les immigrés de confession musulmane venant d’Afrique, soit un groupe de personnes déterminé tant par l’origine que par la religion et qu’ils entraient donc dans les violations de la loi. « C’est une victoire pour toutes les associations antiracistes », a réagi Samuel Thomas, président des « Maisons des Potes », qui avait porté plainte après les propos d’Éric Zemmour. Mais une victoire relative. Car non seulement Zemmour a des appuis financiers suffisamment conséquents pour s’acquitter d’éventuelles amendes mais, de plus, l’affaire prouve que la justice est très loin d’être unanime dans la poursuite des propos racistes.

EDF a annoncé un déficit d’exploitation record de 17,9 milliards d’euros pour l’année 2022 ce qui alourdit ainsi à 64,5 milliards d’euros son endettement financier. En cause l’état préoccupant de son parc nucléaire mais aussi sa contribution au « bouclier tarifaire », qui l’oblige à vendre à perte son électricité aux particuliers et aux entreprises pour limiter la hausse des prix de l’énergie. Mais ce que l’on souligne moins souvent est qu’EDF, au nom de la liberté du marché, est tenue aussi de céder à ses concurrents privés une partie de sa production nucléaire au prix fixe de 42 euros le mégawattheure, électricité qu’elle achète en partie elle-même sur les marchés étrangers à… 1000 euros le mégawattheure. De quoi permettre aux distributeurs privés d’énergie de faire de coquets bénéfices. Et ce n’est pas fini. L’État, qui possède actuellement 85 % du capital de l’électricien, veut monter en puissance jusqu’à 100 % en rachetant leurs actions aux actionnaires privés. Ensuite il lancera un vaste projet de nouveaux réacteurs nucléaires qui creusera un peu plus la dette. Qu’importe, c’est le contribuable qui paiera. Et à terme il espère démembrer l’entreprise en vendant au privé les parties les plus rentables d’EDF et en ne conservant que les activités déficitaires. Au nom d’une « vision stratégique » qui consiste surtout à nationaliser les pertes tout en privatisant les bénéfices.

En l’espace d’une vingtaine de jours, les journalistes et collaborateurs de l’hebdomadaire Le Poher, situé à Carhaix, dans le Finistère, et qui diffuse dans le centre de la Bretagne, ont été visés à trois reprises par des menaces de mort. Elles émanent sans nul doute de groupuscules d’extrême droite qui s’étaient opposés il y a quelques semaines à l’accueil de réfugiés dans le village de Callac, dans les Côtes d’Armor. La façon dont le journal avait rendu compte de ces évènements a fortement déplu aux fachos de tout poil. D’où les menaces de mort. À noter qu’une journaliste ayant couvert cette actualité pour France 3 Bretagne a également été prise pour cible puis cyberharcelée. Un vaste mouvement, comprenant notamment des journalistes et des médias de tout le pays, ainsi que le NPA, a manifesté sa solidarité avec l’équipe du Poher.

Dimanche 5 février, les remous de la lutte de classe troublaient la tranquillité de la capitale danoise, Copenhague. Plus de 50 000 personnes ont défilé contre la suppression d’un jour férié, le Store Bededag (le grand jour de la prière, fête religieuse et jour férié tri-centenaire du 5 février). Le gouvernement danois espère ainsi récupérer plus de 400 millions d’euros par an, de quoi amener le budget de la défense à 2 % du PIB d’ici 2020, ce qu’il s’est engagé à faire auprès de ses partenaires de l’Otan. Si les trois partis majoritaires au Parlement soutiennent le gouvernement, les neuf partis d’opposition se prononcent contre cette mesure extrêmement impopulaire, sans remettre en cause la hausse du budget militaire. Pour les partisans de ce projet de loi, ce sacrifice serait nécessaire pour défendre la « liberté » contre les menaces représentées par la Russie. S’il n’y a rien à défendre dans la Russie de Poutine, quelle est cette liberté à laquelle les Danois devraient immoler leurs jours de congé ? Car un jour de congé en moins, c’est un jour de plus à devoir subir l’exploitation capitaliste.

Isaías Taboas, le président de la compagnie nationale ferroviaire Renfe, a démissionné après plus de deux semaines de polémique liée à une commande de 31 trains régionaux trop larges pour certains tunnels par lesquels ils étaient censés passer. Cette commande, d’un montant global de 258 millions d’euros, avait été confiée en juin 2020 au constructeur espagnol de matériel ferroviaire CAF. Selon la Renfe, cet incident va se traduire par des retards dans la livraison des rames, qui devraient être mises en circulation « durant l’année 2026 », et non en 2024 comme initialement prévu. Aujourd’hui, la Renfe et la CAF se renvoient la faute. Mais, semble-t-il, personne n’avait eu l’idée d’impliquer les cheminots de terrain et les conducteurs de train dans l’élaboration de ces plans concoctés entre bureaux d’études et bureaucrates. Cela dit, ne jetons pas la pierre à nos voisins d’outre-Pyrénées. En 2014, la SNCF avait commandé des TER en oubliant de mesurer les quais. Conséquence : la mise en service de ces nouveaux trains avait nécessité des travaux de rabotage de 1 300 quais (sur un total de 8 700) pour un coût total de 50 millions d’euros. Et, là encore, ceux qui travaillent sur le terrain n’avaient pas été consultés.

Clarisse Agbégnénou, quintuple championne olympique de judo, s’est vue privée de son entraîneur fédéral par la Fédération française de judo. Motif de cette sanction : en retour de congé de maternité elle s’est présentée sur le tatami avec un kimono de la marque Mizuno, qu’elle utilise depuis cinq ans. Or, pendant son absence, la Fédération avait changé de sponsor pour choisir Adidas. « Mettre le kimono d’un autre équipementier, ça nous met en porte-à-faux, je trouve que ce n’est pas respecter l’équipe de France », a déclaré le président de la Fédération, Stéphane Nomis. Mais handicaper une championne avant une compétition tout en rampant devant un sponsor, est-ce vraiment la respecter ?

Depuis le 15 février et jusqu’au 15 mars, les personnes s’étant inscrites pour le tirage au sort des places pour assister aux épreuves des Jeux olympiques 2024 reçoivent un e-mail leur ouvrant l’accès à la billetterie. Mais là ces « chanceux » déchantent. Non seulement les prix des billets sont souvent prohibitifs mais, de plus, on est tenu de prendre des billets pour au moins trois disciplines différentes. Les journalistes de RMC Sport ont suivi un amateur de basket. Pour un quart de finale masculin de ce sport il devra débourser 280 euros, et jusqu’à 1 200 euros s’il compte s’y rendre à quatre, avec sa famille ou des amis… auxquels il faudra ajouter 360 euros pour l’athlétisme et 480 euros pour le beach-volley. Au total l’addition s’élèvera à 2 840 euros pour quatre, soit 710 euros par personne. À ce tarif il est peu probable que les smicards se précipitent dans les tribunes.