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Brèves

L’actualité en bref

Les licenciements massifs dans les enseignes de distribution de l’habillement continuent. Après Camaïeu, Kookaï et Pimkie, c’est au tour de la marque de chaussures San Marina de mettre la clé sous la porte. D’après la CGT, lors du dernier comité social et économique (CSE), la direction a fait savoir qu’elle plaçait la société en liquidation judiciaire. C’est lundi prochain que le tribunal de commerce de Marseille, ville dans laquelle est né le groupe en 1981, doit rendre sa décision. Mais, sans l’attendre, la direction a décidé de fermer tous ses magasins demain samedi, avec à la clé 680 salariés jetés à la rue. Mais pas sûr que leur sort préoccupe beaucoup ni leur patron, ni le tribunal de commerce.

Maria Ponomarenko, une journaliste de Russia News, a été condamnée par un tribunal de Barnaoul, en Sibérie, à six ans de prison pour « diffusion de fausses informations sur l’action de l’armée » en vertu des lois de censure militaire. Le 16 mars 2022, sur une chaîne Telegram nommée « Sans censure », elle avait dénoncé le bombardement du Théâtre d’art dramatique régional de Donetsk, à Marioupol, qui, lors du siège de la ville ukrainienne abritait des centaines de personnes dont beaucoup d’enfants. Ils avaient trouvé la mort dans ce bombardement. La version officielle avancée par Moscou était que l’armée ukrainienne avait fait sauter elle-même le bâtiment de l’intérieur. Cette femme de 42 ans, mère de deux enfants, a accueilli le verdict avec calme. Après les réquisitions du procureur elle a totalement assumé son article et assuré crânement : « Ce régime s’effondrera avant que vienne l’heure de ma libération conditionnelle. » Une déclaration pleine d’optimisme et de courage.

Ford a annoncé son intention de licencier 3 800 employés en Europe, principalement en Allemagne (2 300 personnes) et au Royaume-Uni (1 300). Cela représente environ 11 % de ses effectifs employés sur le Vieux Continent. L’été dernier, le constructeur américain avait déjà supprimé 3 000 emplois aux États-Unis, au Canada et en Inde. Le but de ces licenciements massifs : améliorer les résultats du groupe pour lui permettre d’investir 50 milliards de dollars dans le secteur de la voiture électrique d’ici 2026. Encore une fois, ce sont les travailleurs qui servent de variable ajustable afin de permettre aux grands groupes de faire toujours plus de bénéfices.

Le consortium Forbidden Stories (Histoires interdites), qui réunit une centaine de journalistes travaillant pour 30 médias internationaux – dont Le Monde et la cellule d’investigation de Radio France – vient de révéler qu’une officine israélienne, liée probablement à l’armée, fournissait à des médias audiovisuels des brèves (un texte d’une quarantaine de secondes sur fond d’images illustratives) clés en main qui, à la demande de clients étrangers, étaient biaisées et orientées. Et il s’est trouvé des journalistes – naïfs ou vénaux – pour les diffuser telles quelles à l’écran. Ces brèves pouvaient concerner, pêle-mêle, les oligarques russes, le Qatar, le Soudan, le Cameroun ou le Sahara prétendument « marocain ». La même officine, surnommée Team Jorge, et qui n’a aucune existence légale, serait intervenue dans les campagnes électorales d’une trentaine de pays, dont la Catalogne. En France, c’est le journaliste Rachid M’Barki, qui présentait le journal de la nuit sur BFM-TV, qui a été épinglé et aussitôt suspendu. Mais combien d’autres sont dans le même cas ? L’enquête le dira peut-être.

Selon un rapport d’audit diligenté par le ministère des Sports, Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football, ne peut pas rester en fonction au regard de ses écarts de comportements. Ledit rapport pointe des « prises de position publiques déplacées », « le comportement inapproprié […] vis-à-vis des femmes » notamment à travers des « SMS ambigus pour certains et à caractère clairement sexuel pour d’autres ». Et d’ajouter : « Les auditions conduites par la mission ont mis en évidence que le caractère déplacé et injurieux des propos de Noël Le Graët peut être accentué par la consommation excessive d’alcool. » N’en jetez plus. Bref, Le Graët est plus près de la porte que de la promotion. Il faut noter que les femmes se plaignaient de son comportement depuis des années. Elles ont finalement été entendues. Mieux vaut tard…

Selon un sondage Ipsos commandé par le Conseil représentatif des associations noires (Cran), 91 % des personnes de couleur en métropole se disent victimes de discrimination. Cette enquête a été menée auprès d’un échantillon de 807 personnes représentatives de la population française noire ou métisse d’ascendance noire. Et seulement un quart des victimes porteraient plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. Ces discriminations s’opèrent dans l’espace public (41 %) ou au travail (31 %). Plus de la moitié des personnes interrogées ont ressenti une difficulté à décrocher un entretien d’embauche en raison de leur couleur de peau. Elles sont presque autant à dénoncer des injustices dans leurs études, un refus d’embauche ou des difficultés lors de l’achat ou de la location d’un logement pour ce même motif. Et 49 % disent avoir été contrôlées par la police au moins une fois au cours des douze derniers mois, soit le double de la population non-noire. Le fondateur du Cran, Patrick Lozès, demande « un sursaut collectif » et la création d’un observatoire national sur le racisme. Mais il est douteux que cela suffise à limiter, et encore moins à éradiquer, le racisme – et pas seulement anti-noir – qui est une donnée permanente de l’exploitation capitaliste que la classe ouvrière se doit de combattre sans relâche.

En préparation du sommet de l’ONU consacré à l’eau, qui doit se dérouler à New York du 22 au 24 mars prochains, un bilan accablant a été dressé quant à l’accessibilité à l’eau potable dans le monde. En 2021 deux milliards de personnes n’y avaient pas accès. Et si l’on prend en compte le critère de l’assainissement de l’eau, 3,6 milliards de personnes en sont privées, soit la moitié de la population mondiale. L’Afrique subsaharienne est particulièrement concernée. En France on estime qu’entre 200 000 et 300 000 personnes ne sont pas raccordées à l’eau potable, en particulier dans les départements d’outre-mer, territoires laissés largement à l’abandon par la métropole coloniale.

Une étude commune publiée par le groupe de réflexion allemand NewClimate Institute et l’ONG belge Carbon Market Watch rapporte que 24 grandes entreprises officiellement engagées dans la lutte contre le changement climatique continuent de travestir leur neutralité carbone derrière l’écoblanchiment mais ne changent rien à leurs pratiques. Elles dépensent beaucoup de temps et d’argent pour promouvoir une image de marque plus responsable, éthique et écologique tout en continuant à polluer. Parmi les 24 multinationales passées au crible par les auteurs du document se trouvent des enseignes du CAC 40 comme ArcelorMittal et Stellantis, mais aussi des grands noms du commerce, de l’agroalimentaire, du textile, du transport ou encore de l’industrie comme Apple, Google, Amazon, Volkswagen, Nestlé, Mercedes-Benz, H&M Group, Holcim, Microsoft, etc. Et parmi les plus mauvais élèves se trouve le groupe de la grande distribution Carrefour dont la Fondation a comme fière devise « Agir en faveur de la transition alimentaire solidaire ». Il n’y a plus qu’à y croire.

C’est Mediapart qui le révèle. Chaque nuit en Île-de-France, près de 56 000 personnes sont hébergées à l’hôtel, via le 115, le numéro d’urgence et d’accueil des sans-abri. Mais, pour ces derniers, les choses risquent de s’aggraver dans les mois qui viennent. En effet, avec la reprise de l’activité touristique et la perspective des Jeux olympiques Paris 2024, un nombre croissant de propriétaires de ces établissements hôteliers rompent leur convention avec l’État dans la perspective de gagner plus d’agent. En conséquence, de plus en plus de familles sont expulsées, se retrouvent à la rue ou sont ballottées de gauche à droite. Autant dire que pour elles la « grande fête du sport » aura un goût amer.