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Brèves

L’actualité en bref

Alors que les manifestations contre Netanyahou et son gouvernement d’extrême droite se sont déroulées samedi dernier pour la sixième semaine consécutive dans des villes comme Tel Aviv, Haïfa et Jérusalem, regroupant des dizaines de milliers de personnes, on a pu remarquer en leur sein la quasi-absence des Arabes israéliens, c’est-à-dire des Palestiniens qui vivent dans l’État sioniste. Et pour cause. Si ces manifestations sont l’occasion pour toute une partie de la population de manifester sa légitime inquiétude à l’égard des néo-fascistes désormais aux commandes, elles servent aussi de tribunes aux vieux chevaux de retour de la politique comme les anciens chefs d’état-major Moshe Yaalon et Benny Gantz et l’ancien Premier ministre Yaïr Lapid. S’ils se montrent féroces à l’égard de Netanyahou, ils encensent le rôle de l’armée, notamment dans les territoires occupés dont le nouveau gouvernement risquerait, à leurs dires, d’entraver l’efficacité. On comprend dans ces conditions que les Arabes se sentent finalement peu concernés par ces rassemblements, d’autant plus que certains, qui étaient présents au début avec des drapeaux palestiniens, se sont fait prendre à partie par des manifestants juifs.

Le 10 février, l’Assemblée nationale a voté la suppression des régimes spéciaux de retraite, pour la RATP, les industries électriques et gazières, dont EDF et la Banque de France. Bien évidemment, rien sur les régimes spéciaux des parlementaires ! Pour les salariés, la clause dite du « grand-père » sera appliquée : seuls les nouveaux embauchés seront concernés. Toujours les mêmes vieilles ficelles : tenter de nous diviser entre salariés et entre générations. Le succès des manifestations partout en France samedi 11 février annonce la couleur : le mouvement continue, pour s’opposer à l’ensemble des attaques contre nos retraites, qu’elles aient été votées ou non.

Une enquête est en cours après la projection d’un message laser sur la Maison Anne Frank a annoncé la police néerlandaise. Le message, qualifié d’antisémite, mettait en doute l’authenticité du Journal de cette jeune Juive allemande qui resta cloitrée dans un grenier d’Amsterdam pendant deux ans avant d’être déportée avec toute sa famille. Le bâtiment est devenu depuis lors un musée visité par un million de personnes chaque année. Le texte du message faisait référence à une théorie complotiste d’extrême droite selon laquelle la jeune victime de la Shoah n’était pas l’autrice du Journal et qu’elle n’aurait pas trouvé la mort en 1945 à Bergen-Belsen. À gerber.

Le bureau de l’Assemblée nationale a finalement prononcé une exclusion de quinze jours à l’encontre de Thomas Portes, député insoumis de Seine-Saint-Denis. Ce dernier avait refusé de s’excuser pour un tweet le mettant en scène, ceint de son écharpe tricolore, le pied posé sur un ballon de football représentant la tête du ministre du Travail, Olivier Dussopt. « Je retirerai mon tweet le jour où vous retirerez votre réforme qui va sacrifier des milliers de gens », avait-il déclaré dans l’hémicycle. Si le geste de l’insoumis n’était pas forcément du meilleur goût, la droite et l’extrême droite ont sur-joué une indignation de pacotille digne d’une pièce de boulevard. De son côté Portes a lancé théâtralement qu’« il ne se plierait jamais aux injonctions de la bourgeoisie ». Bref, le grand-guignol parlementaire se poursuit…

Emmanuel Macron n’a pas exclu de retirer la Légion d’honneur à Vladimir Poutine, une distinction qui lui avait été attribuée en 2006 par Jacques Chirac. Il a fait cette déclaration dans les salons de l’Élysée alors qu’il remettait la même distinction au président ukrainien Volodymyr Zelensky. Et il a ajouté : « je ne m’interdis rien […] mais ce n’est pas une décision que j’ai prise aujourd’hui. » Le président russe est prévenu : soit il retire ses troupes d’Ukraine, soit on lui retire sa breloque. Un dilemme cornélien qui ne risque pas d’empêcher de dormir le maître du Kremlin.

Emmanuel Macron a invité à dîner dans sa résidence officielle l’écrivain hispano-péruvien Mario Vargas Llosa, qui vient d’entrer à l’Académie française, et l’ancien roi d’Espagne, Juan Carlos. Rappelons que le premier fut dans sa jeunesse admirateur de Fidel Castro et partisan des guérillas sud-américaines et d’une réforme agraire radicale en faveur des petits paysans. Mais il vira rapidement sa cuti et finit candidat de la droite libérale à une élection présidentielle au Pérou, chaud supporter de Margaret Thatcher et Ronald Reagan, avant de se prononcer au Brésil pour Bolsonaro. Quant à Juan Carlos, il a été obligé d’abdiquer en 2014 après une série de scandales financiers et autres avant de s’exiler aux Émirats arabes unis. Des convives de choix qui ne déparent pas l’image du président des riches.

L’agriculteur Paul François, qui avait fait condamner en justice le groupe Bayer-Monsanto après avoir été gravement intoxiqué par l’herbicide Lasso (aujourd’hui interdit), a été agressé chez lui à Bernac, au nord d’Angoulême, par trois personnes cagoulées qui l’ont attaché avant de le passer à tabac. L’un de ses agresseurs a déclaré : « On en a marre de t’entendre et de voir ta gueule à la télé » ce qui oriente les enquêteurs vers une agression liée au procès qu’il a gagné contre le groupe agrochimique après quinze ans de procédure. Il a reçu le soutien de deux syndicats agricoles de gauche, la Confédération paysanne et le Mouvement de défense des exploitants familiaux. Et bien sûr le nôtre.

Le ministre du Travail de la Belle Province, Jean Boulet, a été interpellé sur « l’explosion complètement incontrôlée » du travail des jeunes par un député québécois, Alexandre Leduc. Ce dernier lui a demandé de ne pas céder aux pressions des lobbies de la restauration et du commerce de détail qui veulent pouvoir employer dans leurs enseignes des jeunes de moins… de 14 ans. Ils le font déjà mais voudraient qu’un texte de loi légalise leur pratique. Selon une étude publiée la semaine dernière par le quotidien Le Devoir, 18 000 jeunes Québécois occupent un emploi salarié, dont certains dès l’âge de 12 ans. Dickens, reviens ! Ils sont devenus fous…

Le transport ferroviaire et les écoles étaient parmi les secteurs les plus touchés jeudi par une série de grèves lancées par la principale organisation syndicale du pays, la Confédération générale des travailleurs portugais. Comme ici, les travailleurs réclament des hausses des salaires et des retraites dans un contexte de forte inflation qui a fait baisser le salaire réel de 4 % l’an dernier. Selon la compagnie portugaise des chemins de fer, sur l’ensemble du pays, 552 trains sur 557 ont été supprimés. Le transport par ambulance figurait aussi parmi les secteurs les plus perturbés, avec de nombreux ambulanciers en arrêt de travail, tandis que des infirmiers de la région de Lisbonne s’étaient rassemblés devant le ministère de la Santé. Une grande manifestation, qui devrait réunir plusieurs milliers de personnes, est prévue ce samedi dans la capitale.