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Brèves

L’actualité en bref

Le président tunisien, Kaïs Saïed, a décidé de limoger le ministre des Affaires étrangères, Othman Jerandi. Ce dernier est le quatrième ministre à perdre son poste depuis le début de l’année, après ceux du Commerce, de l’Agriculture et de l’Éducation. Dans un contexte politique et économique tendu, alors que près de 90 % des Tunisiens ont boycotté les dernières élections législatives, le président, qui s’est arrogé tous les pouvoirs en juillet 2021, est de plus en plus isolé et fait le vide autour de lui pour tenter de survivre. Pour combien de temps ?

Une opération escargot qui, selon ses organisateurs, réunissait 500 tracteurs et 2000 agriculteurs, s’est déroulée mercredi dans les rues de la capitale, perturbant le trafic notamment entre le périphérique et les 7e et 15e arrondissements. Elle était organisée à l’appel de la section Grand Bassin parisien de la Fédération nationale des syndicats d’exploitations agricoles (FNSEA), qui regroupe douze départements céréaliers du nord de la France, à laquelle s’était joint le syndicat des planteurs de betteraves. Dans le collimateur des manifestants : la récente décision du gouvernement qui, sur injonction de la Cour de justice de l’Union européenne, a interdit les insecticides néonicotinoïdes dans la culture de la betterave sucrière. Ces insecticides, surnommés tueurs d’abeilles, sont responsables de la disparition d’un grand nombre d’insectes pollinisateurs. Mais de cela la FNSEA s’en moque. Elle veut faire croire aux agriculteurs que leurs principaux problèmes ne proviennent pas des trusts de l’agro-business ou des banques qui les étranglent et font disparaitre un grand nombre d’entre eux chaque année mais… du respect de certaines normes écologiques. Il faut dire que la FNSEA, qui contrôle l’essentiel des chambres d’agriculture, est cul et chemise avec les industriels et les banquiers. Elle joue d’ailleurs un rôle prépondérant au sein du Crédit agricole, la seconde banque française en importance derrière la BNP Paribas, auprès duquel sont endettés nombre de petits agriculteurs.

Espérant sans doute surfer sur la vague russophobe, la maire de Paris, Anne Hidalgo, se dit désormais opposée à la présence de sportifs russes aux Jeux olympiques de Paris 2024 « tant qu’il y a la guerre » en Ukraine. Lors d’une précédente déclaration, fin janvier, la même s’était dite favorable à leur participation « sous une bannière neutre » comme le préconisait le Comité olympique international. Une solution rejetée par l’Ukraine qui menace de boycotter les JO si les athlètes russes et biélorusses sont présents. La Pologne, l’Estonie et la République tchèque lui ont emboité le pas. Amusant de noter que, sur ce plan, Hidalgo est plus belliciste… que les États-Unis qui se sont prononcés pour un compromis. Mais l’édile de la capitale ne sait plus à quelle planche se raccrocher pour tenter de redorer un peu son blason qui en a bien besoin.

Prenant la parole à l’Assemblée nationale lors du débat sur la réforme des retraites, la députée du Val-de-Marne de La France insoumise, Rachel Keke, femme de ménage et ancienne porte-parole de la lutte des salariées de l’hôtel Ibis Batignolles, a déclaré en s’adressant aux députés de droite favorables à cette réforme : « Vous ne comprenez pas la dure vie des gens, vous ne comprenez pas à quel point il y a des métiers difficiles, vous ne comprenez pas ceux qui disent avoir mal au dos au réveil, vous ne comprenez pas ceux qui prennent des médicaments pour pouvoir tenir au travail », avant de conclure : « Vous ne comprenez pas parce que vous ne le vivez pas. » Un bon résumé.

Mahamat Idriss Déby Itno, le chef de la junte et président autoproclamé du Tchad, effectue en France sa première visite hors du continent africain. Il doit discuter avec Macron des questions sécuritaires et notamment de la lutte contre les djihadistes au Sahel. Le Tchad reste une pièce maitresse de l’impérialisme français dans la région. Et le général dictateur de 37 ans n’a pas grand-chose à refuser à Paris à qui il doit notamment d’être au pouvoir. En effet son père avait chassé l’ancien président Hissène Habré avec l’appui de la France en 1990. Ensuite il avait été « réélu » président sans interruption en 1996, 2001, 2006, 2011, 2016 et 2021. Cette année-là, il fut tué dans un accrochage et son fils lui succéda. Outre le titre de chef du Conseil militaire de transition (dont il a nommé tous les membres), et président de la République, il est également chef de l’armée et préside le conseil des ministres et les conseils et comités supérieurs de la défense nationale. Il avait promis que cette situation n’était que provisoire et durerait « seulement » 18 mois avant « des élections libres et démocratiques ». Depuis il a changé d’avis et voudrait bien suivre l’exemple de son géniteur. Paris fait les gros yeux mais laissera faire. Comme d’habitude.

Une opération menée par l’armée israélienne à l’entrée du camp de réfugiés d’Aqabat Jabr, à Jéricho, a fait au moins cinq morts. Le raid, mené au petit matin, survient près d’une semaine après que les autorités locales palestiniennes ont dénoncé un véritable siège imposé à la ville de Jéricho par les forces d’occupation depuis une attaque menée le 28 janvier. Suite à cet assaut, de jeunes Palestiniens ont brûlé des pneus et bloqué une route tandis que les magasins et les écoles restaient fermés, les habitants observant une grève générale pour protester contre le raid meurtrier.

Moins d’une semaine après les grèves les plus importantes depuis une décennie, mobilisant entre autres cheminots et enseignants, le personnel du Service national de santé a rejoint les piquets de grève lundi. « Sous-effectif. Sous-évalué. Sous-payé », indiquait une pancarte brandie par deux infirmières de l’hôpital Saint-Thomas à Londres. « Les patients sont malades, nous sommes fatigués », lit-on sur une autre. Les infirmières sont à nouveau en grève aujourd’hui, les kinésithérapeutes débrayeront jeudi et les ambulanciers seront de retour sur les piquets de grève vendredi. Jusqu’à présent le gouvernement conservateur reste sourd aux revendications salariales des soignants et des autres. Mais ces derniers ne sont pas près de baisser les bras.

C’est Mediapart qui le révèle. Après des agressions sexuelles commises par un élève sur cinq de ses camarades, la direction de l’École nationale de la magistrature de Bordeaux, qui forme les magistrats, l’a sanctionné d’un blâme sans convoquer de conseil de discipline et sans prévenir les élèves impliqués de son retour en cours. Déjà en avril 2021, dans le même établissement, des inscriptions comme « La France aux Français » et « Les Arabes dehors » avaient été apposées sur des documents qui circulaient dans l’établissement. Pas de quoi inciter à avoir confiance dans la justice de son pays.

Le 6 février était la « Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines ». Une journée passée largement inaperçue, mais dont les initiateurs tentent de faire prendre conscience d’un problème qui est loin d’être marginal. Dans une étude sur le sujet, parue en juillet 2019, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire estimait que 200 millions de femmes avaient été victimes de mutilations sexuelles (dont la plus courante est l’excision) dont 125 000 en France, souvent dès l’enfance. Si, depuis 40 ans, la lutte contre ces violences faites aux petites filles a permis de mettre en place une prise en charge psychologique et chirurgicale, la question reste encore largement taboue. Et cette pratique barbare – liée souvent à la tradition ou à la religion mais toujours à l’obscurantisme – est souvent associée à des mariages forcés dont elle est une condition. Une double peine pour les femmes qui les subissent.