Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Nettement plus déterminés que leurs collègues de l’Assemblée nationale, les sénateurs Les Républicains sont en pointe pour appuyer le projet gouvernemental de réforme des retraites. Ils ont plus particulièrement dans le collimateur les « régimes spéciaux » qu’ils veulent abolir au plus tôt… enfin pas tous les régimes. En effet, serait épargné celui dont jouissent… les sénateurs qui, une fois à la retraite et quel que soit le nombre de mandats effectués, touchent 3 856 euros net par mois, soit plus de deux fois et demi que le retraité moyen qui se voit modestement allouer 1 434 euros brut. Avant de faire de la démagogie, les sénateurs feraient bien de balayer d’abord devant leur porte.

Le Sénat examine un projet de loi pour assurer la sécurité pendant les Jeux olympiques 2024 qui se dérouleront en grande partie à Paris et dans sa banlieue. À l’instigation de Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, un amendement a été ajouté au texte primitif qui envisage de limiter le droit de grève dans les transports publics pendant les Jeux. Comme si les grévistes pourraient mettre en péril la grande fête du sport au même titre que les terroristes de tout poil. Pour Pécresse et ses amis de droite, républicains ou autres, tous les prétextes sont bons pour s’en prendre aux travailleurs grévistes… même par anticipation.

Pour prouver à ses alliés occidentaux qu’il lutte contre la corruption – du moins qu’il essaie – le président Zelensky vient de débarquer d’un seul coup les gouverneurs de cinq régions, quatre vice-ministres ainsi que le procureur général adjoint et le directeur adjoint du bureau du Président. Ils s’étaient tous enrichis en gonflant les coûts de livraisons d’armes et de nourriture destinés à l’armée, en truquant les contrats ou en fermant les yeux. La guerre a fait un peu oublier que le pays est plein d’oligarques et traine derrière lui une solide réputation de malversations de toutes sortes. Quant à la promesse de Zelensky de faire le ménage, formulée lors de sa campagne présidentielle de 2019, elle n’avait jusqu’à présent guère été suivie d’effet. L’an dernier, l’Ukraine apparaissait à la 116e place sur 180 pays concernés dans l’index de la corruption mondiale de l’ONG Transparency International, à égalité avec l’Angola, l’Algérie, le Salvador, les Philippines et la Zambie. Petite consolation, si l’on peut dire, la Russie de Poutine pointait, elle, à la 137e place. Les guerres passent, la corruption reste.

L’agence des Nations unies pour les réfugiés indique que l’an dernier cent millions de personnes ont été forcées de quitter leur foyer. Ce chiffre inclut les personnes fuyant les conflits, la violence, les violations des droits humains et les persécutions. Il est en hausse de plus de 10 % par rapport aux quelque 90 millions de réfugiés comptabilisés en 2021. Le chef de l’agence, Filippo Grandi, parle d’un « record qui n’aurait jamais dû exister ». Les flambées de violence et les conflits prolongés ont été des facteurs migratoires déterminants dans de nombreuses régions du monde, notamment en Ukraine, en Éthiopie, au Burkina Faso, en Syrie et au Myanmar (Birmanie). À cela s’ajoutent les catastrophes climatiques. Et, malheureusement, le pire est sans doute à venir.

Julien Le Guet, porte-parole du collectif « Bassines non merci ! », qui s’oppose au creusement de réserves d’eau géantes pour alimenter les cultures intensives en cas de sécheresse, a trouvé un traceur GPS sous l’essieu de son camion. Photos à l’appui, il a dénoncé « des barbouzeries ». « Pas du tout ! », s’est (mollement) défendue la préfète du département, Emmanuelle Dubé, ancienne collaboratrice du ministre de l’Intérieur. Selon elle, il s’agit simplement « de préparer la sécurisation des manifestations des 25, 26 et 27 mars » prévues contre les bassines. Rappelons que, au moins sur le papier, depuis 1994, les différents services spécialisés (d’abord Renseignements généraux puis Service central de renseignement territorial) sont censés n’effectuer aucune surveillance d’ordre politique pour se concentrer sur le terrorisme et l’islam radical. Mais ils ne se gênent évidemment pas pour outrepasser leurs fonctions, avec la complicité passive, voire sur instruction directe, de leur patron, Gérald Darmanin.

Selon l’Insee, en 2022, les prix se sont envolés de 5,2 % en moyenne annuelle. Et l’inflation en 2023 semble emprunter le même chemin, et même s’acheminer vers un pic encore plus haut. La hausse des prix en janvier a été de 7,1 % par rapport à janvier 2022, d’après les relevés de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir qui souligne que les achats du quotidien (alimentation et hygiène) sont particulièrement affectés. Sans parler des prix des carburants qui se rapprochent de la barre fatidique des deux euros du litre dans la plupart des stations, voire la dépassent. De plus depuis 1er février, les tarifs de l’électricité accusent une forte augmentation de 15 % et les prix des péages autoroutiers gonflent bien plus fortement que les années précédentes. Du côté des transports en commun, si les prix des billets de train ont déjà augmenté de 5 % en moyenne depuis le 10 janvier, la SNCF a durci les conditions d’échange et de remboursement trois semaines plus tard. Désormais échanger son billet coûtera désormais 19 euros à partir d’une semaine avant le départ, alors que l’opération était gratuite jusqu’à trois jours avant le voyage depuis 2020. Sans parler des prix des transports du réseau francilien qui, eux aussi, sont en hausse. Bref, le pouvoir d’achat des classes populaires est de plus en plus plombé. Pour le préserver, il est plus que jamais d’actualité de se battre pour une hausse générale des salaires, pensions et autres allocations au moins égale au taux de l’inflation.

Dans son 28e rapport annuel sur le mal-logement, la Fondation Abbé-Pierre estime qu’en 2022, sur une population de 67 millions d’habitants, 4,1 millions étaient mal logés. Mais, plus largement, 12,1 millions de personnes étaient « fragilisées par rapport au logement », c’est-à-dire en situation d’impayés, de surpeuplement, de précarité énergétique, d’effort financier excessif… Les contours de la population sans domicile se modifient. Ils se féminisent. Ainsi si les hommes sans-abri sont plus nombreux que les femmes – dont le nombre est probablement sous-estimé, car elles sont moins visibles – « 78 % des ménages sans domicile avec enfants » sont des femmes seules. Elles sont donc, là encore, en première ligne face à la crise du logement.

Selon le bilan publié par le service statistique du ministère de l’Intérieur, la quasi-totalité des crimes et délits ont augmenté dans le pays en 2022. Mais un pic a été atteint par les violences intra-familiales (+ 17 %) et sexuelles (+ 11 %) dont les principales victimes sont les femmes et les enfants. Quand la société va mal, ce sont les plus faibles qui en bavent en premier…

Le gouvernement du Québec a exigé des autorités fédérales la démission de la nouvelle représentante spéciale du Canada chargée de la lutte contre l’islamophobie, Amira Elghawaby. En cause une « libre opinion » publiée en 2019 dans le quotidien anglophone Ottawa Citizen, dans laquelle elle déclarait : « Malheureusement, la majorité des Québécois semble portée non pas par la primauté du droit, mais par un sentiment anti-musulman. » Elle s’appuyait sur un sondage qui affirmait que 88 % des Québécois qui approuvaient une nouvelle loi sur la laïcité avaient une perception négative de l’islam. Le ministre québécois de la Laïcité, Jean-François Roberge, lui a demandé de désavouer ses propos ou de démissionner. Ce qu’elle a refusé de faire. Sur le fond, ce qui pose problème au réactionnaire gouvernement de la Belle Province (et également au Parti conservateur canadien) est le fait qu’Amira Elghawaby soit une femme, de plus musulmane qui, de surcroit, porte un foulard et dénonce un racisme bien présent à Montréal et ailleurs. Faute de regarder en face la maladie, mieux vaut tenter de casser le thermomètre. Vieille tactique…